PREMIÈRE PARTIE
pension de 4)000 liv. à 2,000 liv. en considération des sommes qu'Anne Sabine de Hedwiger avait reçues. Le douaire a donc ëlé accorde dans l'instant même du divorce ; et comme il n'y avait point eu de contrat de mariage , on n'avait pas pu prendre plus tôt des précautions pour assurer les droits de la femme. Un peu de réflexion aurait fait sentir cette vérité ; mais quand on en est incapable , on donne dans des égaremens qui font pitié , s'ils n'excitent pas la risée publique.
Enfin on s'écbauffe beaucoup contre l'enquête de Skoki; on convient cependant que ces sortes d'enquêtes d'examen à futur sont autorisées hors le royaume. Mais , dit-on , il faut s'adresser au juge qui doit con-r naître de la contestation , et faire l'enquête contradictoirement avec la partie à laquelle on veut l'opposer. Mais ces deux critiques de forme sont ici déplacées ; il n'y avait point de contestation , il n'y avait point de parties , il n'y avait donc point de juge qui en dût connaître.
De quoi s'agissait-il en effet dans cette enquête ? De confirmer la preuve du mariage contracté en 1695 entre le duc de Montbelliard et là demoiselle de Hedwiger. Mais la vérité de ce mariage était alors reconnue de tout le monde , et il n'était pas même possible de présumer qu'elle pût être un jour contestée : le duc de Wirtemberg l'avait reconnue dans le traité de Wilbade, comme on l'a établi , et se réduisait uniquement à exclure les enfans de la succession de leur père, sous prétexte que le mariage n'était pas licite et si^ffisaniment qualifié. La branche de Wirtemberg-Oëls, par un grand nombre d'actes et de lettres , avait reconnu la demoiselle de Hedwiger pour duchesse de Montbelliard , et son fils pour prince héréditaire ; enfin la baronne de l'Espérance elle-même, dans l'acte du 6 avril 1720 , avait traité avec eux dans les mêmes qualités : on ne voyait donc point de contradicteur sur le fait du mariage , tout se réunissait pour en assurer la foi ; il n'y avait donc ni contestation , ni parties , ni tribunal qui dût connaître de ce fait.
Si le duc de Montbelliard a voulu cependant lever
tous les doutes que des ennemis inconnus pourraient former un jour , s'il a cru que c'était une précaution sage de faire entendre les témoinfi qui avaient ëte prësens au mariage , il n'a pu s'adresser qu'aux magistrats de Skoki , puisque le mariage avait été célébré dans l'étendue de leur jurisdiction , et que les témoins y étaient domiciliés. L'enqûéte est donc aussi régulière dans sa forme , qu'elle est concluante et décisive au fond.
On croit avoir détruit tous les moyens imaginés par lès barons de l'Espérance pour ébranler la foi du mariage contracté en i GgS entre le duc de Montbelliard et la demoiselle de Hedwiger. La situation où se trouvaient les deux parties ne pouvait apporter aucun obstacle au mariage. î)u côté de la demoiselle de Hedwiger , si elle avait été recherchée autrefois par le sieur Zeidlitz , le refus d'accomplir ses promesses avait rompu depuis longtemps un si faible engagement; ce refus avait été déclaré dès 1 692 et avait été souteniii depuis par une suite d'actes dans lesquels il avait fait éclater son asfersion. La demoiselle de Hedwiger avait donc une pleine liberté de se rendre aux empressemens du duc de Montbelliard en 1 695 et auparavant ; et si la femille de la demoiselle de Hedwiger a continué alors ses poursuites contre le sieur Zeidlitz , ce n'était que pour obtenir la réparation qui lui était due, et que la, demoiselle de Hedwiger
Eersonnellement a refusée. Du côté du prince de Montelliard , on n'avait imaginé d'obstacle que celui de son service en Hongrie; mais il ne s'y était pas encore rendu , et rien ne demandait encore sa présence au mois de juin : aussi quelques lettres qui aient été adressées sous son nom ^ de la part des ministres et des conseils de l'empereur , à son régiment , ne trouve-t-on pas une seule lettre en réponse de sa part , ce qui ne permet pas de douter qu'il ne fût alors en Silésie.
Aucun caractère de fausseté dans l'acte de célébration: s il n'a pas été écrit sur le registre le jour même du mariage , la seule inspection de la pièce justifie qu'il a été écrit dans l'ordre où il se trouve , et que ce n'est point un blanc rempli après coup ; pour les énonciations , la critique jie peut se fixer que sur ce qu'on a