‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 154 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dit que Tëpoux servait dans les troupes de Saxe , au lieu qu'il servait dans celles de l'empereur. Mais une erreur si légère dans un acte rédigé six mois après la célébration , et en l'absence du duc de Montbelliard , peut -elle former le moindre ombrage?

Enfin l'acte de céléheration n'a rien d'équivoque ni d'énigmatique : les noms de Léopold-Eberard avec les

Eremières lettres des mots de duc de Wirtemberg-Montelliard , ceux d'Anne-Sabine avec les premières lettres des mots de Hedwiger, ne peuvent jamais être appliqués à d'autres personnes , et ne laissent aucun doute dans les esprits qui ne veulent pas s'aveugler eux-mêmes. Ce n'est pas la faute des deux époux , si par leur signature ils n'ont pas mis le dernier sceau à l'évidence ; l'usage en Pologne et presque partout hors le royaume , est de ne faire signer ni les parties , ni les témoins , ni le ministre ou curé ; et c'est ce qui oblige souvent de recourir à d'autres preuves pour soutenir la foi du mariage que la . seule mention du registre n'établit jamais parfaitement. Mais du côté des preuves qui se joignent >à l'acte de célébration , que peut-on demander de plus fort et de plus lumineux que ce que nous rapportons ? Des dépx)sitions juridiques de plusieurs personnes qui ont été témoins oculaires du mariage , la notoriété publique attestée par l'histoire , le traité de divorce de 1 7 14 ? signé de neuf conseillers du duc de Montbelliard, la convention même de Wilbade , des lettres de naturalité du iriois de mai 17 19, l'acte du 6 avril 1720, la commission donnée par le duc de Montbelliard le 16 juin , l'interro-' gatoire de Nardindu 17, les procurations du même jour, le traité du 6 octobre 1720; enfin l'hommage des peuples du comté de Montbelliard.

^u'on nous dise que l'état ne se prouve point par de simples reconnaissances j c'est un principe dont on abuse , soit parce que nous ne sommes pas réduits à de simples, reconnaissances et qu'elles ne servent qu'à appuyer là! preuve qui résulte de l'acte même de célébratioa , soit parce que ce ne sont pas ici des reconnaissances suspectes que l'intérêt et la passion aient suggérées, et qu'elles sont données dans un temps où le

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prince de Monibelliard , Lrûlant de nouveaux feux , n'a pu être enlraîné que par la force de la vente même. Ces reconnaissances ne sont pas données dans le cours d'une contestation ni qui fût formée, ni qu'on pût prévoir qui serait formée dans la suite; elles ne sont point équivoques ; tout y est mis dans le plus grand jour.

Aussi toute la ressource des barons de l'Espérance s'est-eîle réduite d'un côté à débiter des fictions, à inventer des circonstances, à substituer des idées romanesques à l'exactitude des faits ; de l'autre à répandre le poison de leur colère sur tout ce qui confond leur système. Leur présente-t-on des actes , ils sont faux , fabriqués après coup ou antidatés. Invoque-t-on le suffrage des témoins, des historiens , ils sont tous gagnés , corrompus , livrés à l'eireur et au mensonge. Leur oppose-t-on des procédures juridiques , elles sont suspectes, ir régulières. En un mot, leurs labiés dénuées de tout commencement de preuves doivent prévaloir sur des preuves de tout genre. Avec de teW prestiges croiton pouvoir long-temps en imposer à l'univers ? Il n'y a qu'à rappeler la vérité , la bonne foi , l'évidence , pour les dissiper.

Réduisons à un mot une affaire si importante, elle ne dépend que d'un seul fait. Le duc de Montbelliard a-t-il été marié en 1 696 avec la demoiselle de Hedwiger? Les barons de l'Espérance nous contestent cette vérité; mais que faut-il pour l'établir? L'acte de célébration de mariage existe, un registre public en est le dépositaire;

3ue cet acte s'applique au dvic de Montbelliard et à la emoiselle de Hedwiger , c'est une vérité dont on se sent pénétré à la vue de quatre noms propres , et de six lettres initiales qui ne peuvent convenir qu'à eux. Mais cette preuve a-t-elle besoin d'être fortifiée ? La lumière sort de tous côtés , et vient dissiper jusqu'aux plus faibles nuages , les dépositions des témoins oculaires , la notoriété publique, les actes dictés par la haine contre la demoiselle de Hedwiger et contre ses enfans , des reconnaissances multipliées du duc de Montbelliard , des princes et princesses de Wirtemberg-Oèls qui devaient succéder au duc de Montbelliard par préférence à la

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