PREMIÈRE PARTIE
branche de Stulgard , des reconnaissances du duc de Wirtemberg-Stutgard, dé la baronne de l'Espërance elle-même, enfin de tous les peuples de Montbelliard.
Mais voici quelque chose de plus fort , et c'est une dernière réflexion qui rend , pour ainsi dire , toutes les autres superflues ; les barons de l'Espërance euxmêmes , oui 5 les barons de TEsperance dans leur propre mémoire , deviennent les garans de la vérité que nous soutenons. L'acte de célébration de mariage leur a paru avoir une application si nécessaire au duc de Montbelliard et à la demoiselle de Hedwiger , qu'ils ont été réduits à supposer que c'était elle qui l'avait fait fabriquer après coup. Il demeure donc pour certain entre nous , que cet acte est l'acte de célébration du mariage du duc de Montbelliard avec la demoiselle de Hedwiger , qu'il n'a pas été fait pour d'autres , mais pour eux ; que c est d'eux dont on parle dans cette acte. Voilà un point sur lequel nous n avons plus à combattre , et il ne reste
f>lus qu'à savoir si cet acte a été écrit en 1696 , ou si 'on a profité depuis d'un blanc que le hasard a présenté, pour l'insérer dans ce registre. Mais la fable réduite à cette dernière extrémité , languit et sèche d'elle-m^e ; il faudrait avoir des preuves de cette supposition faite après coup. Mais loin den avoir , tout révolte contre cette idée chimérique ; le contraire est démontré par la seule inspection du registre , par la déposition unanime des témoins qui étaient présens , et plus encore par l'impossibilité et par l'absurdité d'une pareille tentative. Aussi quana le conseil aulique dévoué au duc de Wirtemberg , a voulu proscrire les enfans légitimes du feu duc de Montbelliard , n'a-t-il pas jugé qu'il n'y avajt point de mariage; il a supposé qu'il était nul. Mais ce
i)rétexte qui ne pouvait se soutenir , est abandonné par es barons de l'Espérance ; ils n'insistent sur aucun des moyens qu'on avait hasardés contre la validité du mariage ; retranchés dans la seule question de fait , ne seront-ils pas accablés par le suffrage de tout lunivers , et par leur propre système? '
' Cette affaire n'a pas été jugée au parlement , mais au consey. priv^
448 OEUVRES DE COCHTN.
CAUSE A LA GRAND' CHAMBRE
POUR Henrt-Sulpicb de .Trotes, écuyer, seîgoeùr de Gautray, major de la ville d'Orléans.
CONTRE dame Anwe de Tboyes, veuve de M* Alphonse Mabtih, conseiller au présidial d'Orléans.
QoBSTioii. — Quel dérangement conduit à l'interdiction.
Premier incident. — La passion ridicule d'une femme de soixante-quinze ans , qui veut se marier avec un aventurier, homme sans nom, sans famille, sans fortune, et, ce qui est encore plus important , homme flétri par plusieurs arrêts de la cour, pour faussete's et pour débauches , est un trait qui suffirait pour autoriser Tinterdiction prononcée par le prévôt d'Orléans.
Cependant ce n'est pas lé seul motif de cette interdiction: ladissipation des biens deladameMartin,ledésordre de ses affaires , l'état misérable auquel elle s'est réduite par le dérangement où elle est tombée, tout anilonce la nécessité de venir à son secours ; soit foiblesse d'esprit de sa part, soit incapacité de se conduire, l'interdiction est le seul asyle où elle puisse trouver son salut.
Si la cour se croyait en état de juger le fond de l'affaire , elle ne balancerait donc pas à confirmer la sentence dont est appel; mais comme il ne s'agit que de savoir devant quels ju^s on doit procéder , il faut rendre compte de quelques circonstances qui regardent le domicile de la veuve Martin, et la compétence du prévôt d'Orléans.
Fait. — Dame Anne deTroyes, veuve du sieur Martin^
* Celte cause est la XXXVII» de l'ancienne édition.