‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 165 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

plus décriées; qu'elle n'agit que par leur impression, ne voyant aucune personne d'une condition convenable à la sienne; que sa conduite a etë un sujet de scandale

Sublic ; qu'elle a consume près.de 3o,ooo livres en moins e vingt mois, sans compter toutes les lettres de change qu'elle a tirées, et qui montent encore à une somme plus considérable ; que l'empire de ses séducteurs a été si violent, qu'ils l'ont portée à rendre des plaintes contre ses enfans , qui sont de véritables libelles diffamatoires , dont elle ne peut justifier aucun article ; que les anciens séducteurs en ont siâ)stitué de nouveaux , qui ne sont pas moins décriés qu'eux, qui achèvent sa ruine, et lui inspirent les conseils les plus funestes. Si tous ces faits sont constans, la justice pourrait-elle refuser de venir au secours d^uné mère trop à plaindre et d'enfans malheureux, pour les tirer les uns et les autres de l'horreur de leur situation ; car on ne peut douter que la ruine et le déshonneur de la mère ne soit pour ses enfans le comble des disgrâces ?

Tous ces faits, ou sont déjà éiaUis par l'information, ou le seront par celle qui est demandée. l° On ne saurait voir sans étonnement que la dame Vandebergue née, élevée à Orléans, mariée dans la même ville où elle a eu un domicile fixe jusqu'à l'âge de soixante-quatre ans, où deux de ses enfans possèdent les charges les plus considérables de la ville , pendant que le troisième y soutient uncommerce florissant commencé par son aïeul, quitte un séjour qui devrait lui être cher par tant de motifs, et vienne se réfugier à Paris dans des hôtels garnis* D'abord elle avait un prétexte dans le procès pendant aux requêtes du palais; mais ce procès ayant été jugé, quelle raison pouvait la retenir hors du lieu de son domicile? Conçoit-on qu'une femme de son âge puisse ainsi oublier sa famille, ses affaires, son établissement, pour errer à Paris d'auberges en auberges , seule avec une espèce de femme de chambre? Il faut convenir que la bienséance est >bles9ée dans un pareil procédé, et que s^il ne suffisait pas seul pour exciter la démarche que les sieurs Vandebergue ont faite , il prépare au moins, bien naturellement à tous les désordres qui ont suivf.

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2° En effet , de qui voit-on là dame Viaûdebergue «n* tourée pendant son sqpur en cette ville? On en frémit de Texposer en public. L'information n'annonce que les abbës Merlier et Desrues, Chantrëau,Boisgourd, m Leroux^ la Noceti et autres sujets, dont Wseule compagnie âufBt pour couvrir d'opprobre ceux qui paraissent en quelque relation avec eux., comme les témoins euxmêmes le de'clarent. Il n'y a personne à Paris, et encore moins au palais , qui ignoi-e l'bistoire des abbés Merlier et Desrues, ces indignes ecclésiai^tiques, dont les crimes trop avérés ont fait le scandale de toute la ville , et peut'* être de tout le royaume; déclarés incapables d'être promus à l'ordre de prêtrise, et de posséder aucun bénéfice à charge d'âmes; interdits des fonctions des ordres qu'ils avaient déjà reçus, par sentence de l'officialité de Paris du 5 juillet 1724 , ils eurent la témérité d'en interjeter appel comme d'abus; mais cette tentative ne servit qu'à rendre leur infemie plus publique , et à Ihire confirmer le jugement de l'oificial par arrêt du 7 septembre 1726 , qui déclara qu'il n'y avait abus.

Ils ne furent pas mieux traités par le juge royal , puisque , sur l'appel de la sentence du Ghâtelet , qui les avait condamnés en 20 liv. d'aumône, et à être admonestés, ce qu'ils avaient regardé comme la plus grande grâce qu'on pût leur faire , la cour, qui avait reçu M. le procureur général appelant a minimal les condamna à être mandés et blâmés , nu'^téte et à genoux , et en i o li v. d'amende chacim^ par arrêt du So déceml»re 1727. A peine étaient-ils sortis des prisons , couverts d'un opprobre qui aurait dû les écarter à jamais de la société «ivile , qu'ils sont devenus les conndens , les fevoris de la idatne Vandebergue , et qu'à la honte de sa famille , eii lés a vu liés avec elle par des relations frécpienies.

La dame Le Clerc, premier témoin de l'enquête dépose, que

Uabbé Merlier a porté pour la dame YaDâebergpue des leUres à M. le lieuteoanr-^énéral de poHce'pour rester à Paris ; qu'elle disait que Tabbé Merlier était un homme de grand crédit eo cour, et que quoiqu'elle sût que ce fût un homme de mauvaise vie 9 elle ne s'en embarrassait pas^ pourru qu'il la servit.

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