‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 19 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

est que le sieur Peisson, ex-consul d^ 1^ viUe 4e X^J^^y a vu le contrat de mariage de Pij^rrje ]fto]argjBl^t avec Hiëronime Caprioli, et que le sieur Ejourgelat IV iâit voir à plusieurs personnes dignes de fpi.

Ce fait est pleinement justifie par les ({^positions des sieurs Bruyard, rerier et Molin, i, 5 et 9 témoins de l'enquête de Paris, et par les dëposidojis du ^ieur Chalut, élu, de PhiUberte Bèvot, femme du ?ieur jGonin, de Marie Bevot, femme du sieur JaiTin , desjdits sieurs Çonin et Jarrin, et enfin dudit sieiu* Pei$son, ex-consul, 4?

9, 10, 14, 16 et 21® témoins de rei;^quêt,e de Lyon. Si les 1 , 5 et 9® témoins de l'enquête de Paris n'en déposaient que pour l'avoir eijtendu dire , outre que c'est 1^ voix publique qui parle par leur houc^^ , c'est que leur^ dépositions se tro^vent confirmées par celles des 4? 9 5

10, 14, 16 et 21® témoins de l'enquête faite à Lyon, car ils déposent pour avoir vu et étç présens à la représentation et lecture dudit contrat de mariage ; et encore par la déposition du sieur Peisspn, le sieur Peisson âgé de 87 ^ns , homme qui a toujours été dans les premières places de la ville de Lyon, lequel dépose qu'en 1682 ou i683, étant rectejirde VHotel-J)ieu du pont du Rhône y chargé du cas fortuit ^ ayant (ippris qu'il

j avait une demoiselle à la Croioc-Rousse ^ qut était enceinte y il s'j transporta ^ et j étant , iljfut dans une maison qui était à gauche en^ifon le milieu du faubourg de la Croix-Rousse ^ où il trouva une dame ui po^ivait avoir 22 ou 26 ans y à laquelle ildit^de ^ui déclarer du fait de qui elle était enceinte ; cç qu'elle ne voulutfaire alors; et le dépesant voulant la faire conduire à V Hôtel-Dieu suivant l'usage^ ^t étant prêt d'entrer dans Ljon, elle lui déclara qu'elU était mariée avec le sieur Pierre Pourgelat. Pour lors le déposant lui demanda si çlle avait son contrat de mariage y elle lui répondit que qui y et sur-le-champ elle le lui remit; et le déposant e.n q^ant lu quelque chose y cela le persuada que cette femm^ était véri-^ tablement femme du sieur Bourgelat, et la renvoja chez ell^. JEstin^ le déposant que ledit contrat était écrit en italien.

56 (SËUVKES DE GOCHIN.

En vain pour critiquer ces dépositions, on a prëienctu que le sieur Peisson n'avait pas lu le contrat de mariage en entier, et que ce contrat étant en kalien, personne n'y entendait rien; car par rapport à la première objection, il est évident que le sieur Peisson ayant demandé à voir lé contrat de mariage, qiii lui fut remis par Hieronime Caprioli , n'ëtait pas oblige' de lire cette pièce en entier; toutes les clauses qui concernaient la dot et les conventions matrimoniales , étaient étrangères à son objet ; il suffisait qu'il trouvât les qualités des^ parties , la

I)romesse de célébrer le mariage en face de l'Eglise ; cela ui suffisait pour 'le persuader du mariage ; aussi déposet-il qu'il demeura convaincu que Hiéronime Caprioli était véritablement la femme dusieurBourgelat. Le sieur Peisson , homme âgé alors de plus de 4o ans, chargé des fonctions importantes de recteur deFHotel-Dieu du pont du Rhône , obligé de veiller pour l'intérêt public à l'événement d'une grossesse qui avait fait éclat, cet homme se serait-il contenté d'un papier qu'on lui aurait présenté, sans le lire et sans l'entendre? Cela est absurde à proposer.

D'aiUeurs cette femme, que le recteur de l'Hôtel-Uieu voulait feiire emmener , aurait - elle osé présenter pour contrat de mariage un acte qui aurait été tout différent? Elle se serait exposée par-là à ajouter une nouvelle confusion à celle de sa grossesse, si elle nes'était point trouvée mariée.

La seconde objection, sur ce que le contrat 'de mariage éuit en italien , roule déjàsur un fait fort incertain : le sieur Peisson dit seulement qu'il estime que le contrat était en italien , c'est une opinion qu'il ne donne lui-même que pour fort incertaine, mais quand le fait serait constant, combien de personnes à Lyon entendent l'italien, et surtout les gen& de commerce , qui sont en relation journalière de lettreslavec les marchands italiens? En un mot, le sieur Peiison, homnàe public et vénérable par les emplois par lesquels il a passé, l'a vu, l'a lu. Ta entendu , puisquil dit qu'il demeura persuadé de la vérité du mariage; comment résister à un fait si positif, et qui tranche toute difficulté ?

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