PREMIÈRE PARTIE
Car enfin le contrat de mariage a existe, on ne peut plus le révoquer en doute : qu'est-il devenu ? Pourquoi ne s'est-il pas trouvé après la mort du sieur Bourgeîat ? Il &ut nécessairement qu'il ait été supprimé; par qui, si ce n'est par la seconde femme de Pierre Bourgeîat et les défendeurs ses enfans? Or, si on a supprimé le contrat de mariage, n'aura- 1- on pas eu la] même facilité de supprimer l'acte de célébration ? Après cela Fétat de Bartnélemy Bourgeîat pourrait-il encore être équivoque?
Mais il faut encore ob^rver que les 4/9? lo, i4 et 16* témoms de. la même enquête, déposent aussi que quelque temps après que ledit sieur Peisson se fut transporté au faubourg de la Croix-Rousse, le sieur Bourfelat vint audit faubourg en la maison qu'habitait le père es demoiselles Philiberte et Marie Bevot, qui n'était séparée que par le mur mitoyen de l'appartement dudit sieur Bourgeîat et delà demoiselle Caprioli, où il fitassemblçr plusieurs personnes , et entre autres lé sieur Dalmet, notaire, le sieur Sauvant, chirurgien ou perruquier, et quelques consuls , auxquels il marqua la peine qu'il avait des discours qui avaient été tenus sur son mariage, leur montra son contrat de mariage avec ladite demoiselle Caprioli, dont il leiu: fit lecture, déclara qu'elle Aait sa femme légitime, et qu'il l'avait épousée; et ils ajoutent qu'il venait très -souvent audit faubourg, et même couchait avec ladite demoiselle Caprioli, laquelle il traitait de sa femme; et ledit sieur Chalut dépose encore en particulier, que ladite demoiselle Caprioli avait eu d'autres enfans dont elle n'a point été inquiétée.
Le deuxième fait, qu'Hiéronime Caprioli étant accouchée de Barthélémy Bourgeîat , prit le soin de l'allaiter elle-même tout le temps nécessaire.
Ce Élit n'est pas moins important que les autres, en ce qu'une fille n'aurait pas l'impudence d'aller nourrir
Eubliquement un enfant , qui serait le fruit de sa déauche; et l'on ne pense pas qu'il s'en soit jamais trouvé qui ait poussé l'effronterie jusque-là. Ce fait, dis-je , est prouvé par la déposition du sieur Berger, treizième témoin de l'enquête faite à Paris, et par les dépositions
58 OEUVRES DE COGHIW.
desditiss Philiberte et Marie Bevot, et dudit sieur Gonin, 9 , io® et i4^ le'moins'de Tenquête faite à Lyon. Le sieur Berger dit qu'il a ouï dire par feu son père, qui était le teinturier des sieurs Sabot et Bourgelat, et qui a continué d'être teinturier dudit sieur Bourgelat jusqu'à sa mort, que la femme dudit Pierre Bourgelat avait pris soin d'allaiter ledit Barthiélemy Bourgelat son fils et dudit Bourgelat son mapi, et que ledit Pierre Bourgelat l'a toujours éleye' comme son fils; et les 9, 10 et ï4^ témoins de l'enquête faite à Lyon , déposent que ladite demoiselle Gaprioli a eu deux eufans, dpnt Barthélémy Bourgelat était l'aîné, et qu'ils l'ont vue allaiter sesdits 4eux enfans pendant le temps nécessaire.
Le troisième fait , que depuis l'accouchement de ladite demoiselle Caprioli dudit Barthélémy Bourgelat, le mariage n'a plus été secret.
C'est un tait dont presque tous les témoins parlent. Ce fait est même une suite du premier ; car le contrat de iDariage ayant été montré à plusieurs personnes, il était impossible que le mariage ne fût pas public, tous las actes mêmes dont on a parlé l'annoncent assez.
Ce fait est prouvé par les dépositions des i , 3, 4> 5, 6, 7, 8, 12, 1 3 et 14*^ ténioins de l'enquête de Paris , et par les dépositions des 1,2, 3, 5, 9, 10, ii, i3, 14? i?? 18 et 20* témoins de l'enquête faite à Lyon; les uns déposent qu'ils ont toujours connu ladite demoiselle Caprioli pour la légitime épouse dudit Pierre Bourgelat ; que le mariage n'a plus été secret depuis cet accouchement, que son mariage était publiquement reconnu dans la ville de Lyon ; et les autres, que le sieur Pierre Bourgelat était un homme très-rangé, incapable de concubinage, aussi-bien que ladite demoiselle Caprioli, et qu'ils ont toujours connu ledit Barthélémy Bourgelat pour fils légitime dudit sieur Pierre Bourgelat et de ladite demoiselle Caprioli.
Le quatrième fait , que ladite d^mPÎ^^Ue Caprioli , lèmme de Pierre Bourgelat , a vécu en très-parfaite chrétienne, fréquentant souvent les sacremens.
Ce fait est encore prouvé par les dépositions des 5, 6, 12 et 1 3® téfcioins de l'enquête faite à Paris, et par les