PREMIÈRE PARTIE
die toacha outre cela 6',ooo'Iiyres du- prix de la vente des meubles. On ne reconnaît point à tous ces tr^aits un mari fërocè, qui né respire que haine et que mépris pour sa femme.
Quoi qu'il en soit , voilà la conduite que le marquis du Pont- du- Château a tenue, voici maintenant de quelle manière ces procédés ont été reconnus; lès Êdts qui suivent demandent une extrême attention , parce que ce sont ceux qui administrent au marquas du l^ont-uu-^ Château les fins de non-recevoir dans lesquçlle$ ilxrenferme sa défense.
Au mois de mai 17.36 , ht marqiHse dû Pont>du-Château le fit assigner auChâtelet , pour voir dire qu'elle demeurerait séparée de biens d'avec lui, et qu'il serait tenu de lui restituer tout ce qu'il avait reçu de ses Uens. Pour soutenir cette demande, qui fut appointée, la marquise du Pont-du-Château ne s'est pas contentée de représenter son mari comme un dissipateur outré, qui, aprè» avoir mangé son bien, avait encore entamé celui de sa femme pour de folles dépenses; elle a encore explique les causes de la séparation volontaire qui avait été faite entre eux : on verra dans la suite si elles se concilient avec les fables dont on a composé la plainte et, la demande de 1742.
Pour combattre l'idée de dissipation reprochée ati marqms duPont-^u-Château, il est entré de sa part dan» le plus grand détail de sa fortune et de celle de sa femme dans tous les temps. H a fait voir que, malgré les dépenses inévitables qu'entraîne un mariage dans lequel il avait apporté peu de biens , le service militaire , et la nécessité de soutenir son rang et sa naissance, non-seulement tout le biâp de sa femme était très-assuré , mai&^ qu'il avait augm^té le sien propre^ Aussi, après une ample instruction et d'amples mémoires imprimés répandus de part et d'autre, sentence est intervenue sur productions respectives des parties, le 21 août 1737, par laquelle la dame marquise du Pont-du-Château a été déboutée de sa4em^de en séparation , et condamnée aux frais de la sentence.
L^dame marquise du P^nt-du-Châte^u ne s'est pojint
Cet arrêt a ëtë signifié le 4 juillet suivant; mais quéllea été la surprise du marquis du Pont-du-Cbâteau, lorsque dans le temps qu'il se pr^arait à recevoir la dame son épouse, on la fait assigner au Ghâtelet le 17 dudit même mois, pour voir dire que la dame marquise du Pont-du- Cfaâteau serait et demeurerait séparée d'habitation avec lui; qu'en cas de déni des laits par elle articplés^il lui serait permis d'en faire preuve , et que cependant il lui serait adjugé 40,000 liv> de provision. Quand tout était fini, quand tout était co^sommé par les arrêts de la cour qui réglaient le sort du mari et die la femme, on voit revivre un nouveau procès , qui remet en question tout ce qui est jugé. Jamais il nj a eu d'ei^emple d'une entreprise si téméraire.
Cependant , par la sentence du Châtelet du 3 1 août 174^, la dame marquise du Pont-du-Château a été ad^ mise à la preuve des faits portés par sa requête ; c'^st de l'appel de cette sentence que la cour est saisie. On soutient que la dame marquise du Pont-durChâteau doit être déclarée non-recevable dans sa demande ; tout I'oIh jet de 1^ coutestaUon se réduit là. '
Fins de non-recevoiîi. -r- D n'y a point de femme qui , formant une demande en séparation , ne tasse un
Sortrait affreux du caractère et des procédés de son mari; n'y en a point qui n'articule des laits graves , et sou-^ vent circonstanciés, et qui ne demande permission d'en faire preuve. Quand le mari s'oppose à la preuve , on ne manque jamais de s'écrier que c est un éclaircissement innocent, que les faits sont vrais ou qu'ils sont faux ; que s'ils sont faux, les enquêtes doivent faire le triomphe du mari, etcouvrir la femme de confusion; que s'ils sont vrais, il serait souverainement injuste de refuser à la femme la liberté d'en faire preuve , et d'en tirer les avantages qui doivent affermir son repos , et la mettre à l'abri des perse-? cuûons auxquelles elle est exposée. Mais ces vains pre% textes n'en imposen t point à la justice. Elle sent l'incon vé* nient d'admettre trop légèrement de pareilles preuves, soit par le danger de cette preuve en elle-même , soit parce qu'elle perpétue une divisiou funeste et scandaleuse par les longueurs qu'elle entraîne , soit enfin parce qu'il se