PREMIÈRE PARTIE
dépositions des 9, 10 et 14^ témoins de l'enquête faite à Lyon. Tous» ces témoins déposent que la d.emoiselle Caprioli viyait irès^sagemenl, qu'elle fre'queijtaii souvent les sacremens, et que lorsque Pierre Bourgelat allait a Livourne pour s,or^ commerce , elle le recommandait au3^ prières de ses yoisips.
Le cinquième fait est , que Hie'ronime Caprioli étant mor]te,le sieur Bouf gelât soji e'poux assista à son enterrement accompagné de ses deux enfanç, tous en grand deuil, e% fit prendre le deuil à toute sa maison.
Ce^t un fait d'une extrême importance, que l'on trouve dans presque toutes les dépositions. Les i , 2,4? 5 et II® témoins de l'enquête faite à Paris, et les 9, 10, II, 12 et 14^ témoins de *1 enquête faite à Lyon, déposent que la djemoiselle Caprioh fut enterrée en pompe aux Augustins de la Croix-Rousse. Marie Bevot, quatorzième témoin , dit qu elle assista audit enterrement ; el les autres témoins, ainsi que ladite Bevot, disent que Pierre Bpurgelat et ses deux fils y assistèrent en grand deuil, accompagnés de M® Romieu, notaire à Lyon, et d'un grand nombre de personnes. Le deuxième témoin de lenquête faite à Paris , dépose en particulier qu'il a connaissance que Pierre Bourgelat était marié avec la demoiselle Caprioli , et qu'il a vu ledit sieur Bourgelat en deuil de sadite défunte femme. Le treizième témoin de la même enquête dépose aussi en particulier qu'il a connaissance que ledit Pierre Bourgelat a pris le deuil et toute sa maison, après le décès de son épouse. Le douzième témoin de l'enquête faite à Lyon, dépose encore Su'il se souvient parfaitement d'avoir vu lîarlhélemy »ourgelat dans le collège de Saint-Rambert, où il était alors, porter le deuil de sa mère, avec habit noir et crêpe* Le cinquième témoin de l'enquête laite à Lyon dit qu'au temps du décès de la dame Caprioli , il vit le sieur Bourgelat pof ter le deuil de ladite Caprioli sa femme. En un mot , tous ces témoins se réunissent sur ce fait qui est incontestable, et qiii forme certainement une des^ plus grandes preuves de la possession publique de l'état de Barthélémy Bourgelat.
Le sixième fait est, que Barlhélemy Bourgelat ayant
6o OEUVRES DE COCHIN.
•envie de se faire religieux, son père en fit paraître tant
d'inquiétude , qu'il l'en de'tourna.
Ce fait est prouvé par les de'posiiions des l^^b et 1 3®
témoins de l'enquête faite à Lyon.
Le septième tait , que Barthélémy Bourgelat étant à
Garcassonne fit des dépense^ excessives , qui donnèrent
de grands mécontentemens à son père.
C'est un fait établi par toutes les enquêtes; il n'y a
presque pas de témoins qui n'en parlent; les i, 2, 4? 5?
7, II, 12, 1 3, 1 4 et 1 5® témoins de l'enquête feite à Paris, et les 4î ïl? ï2, l8 et 19^ témoins de l'enquête
faite à Lyon en déposent : ainsi c'est encore un tait in-
contestaolement établi. •
Le huitième fait , que Ton a entendu dire au père dans
les commencemens de sa colère, que son fils prenait un
mauvais parti de le chagriner, parce qu'il était le maître
d^en faire un bâtard ou un fils légitime.
C'est un fait dont les 4^ 5? ï2? i3 et i4® témoins de
l'enquête faite à Paris, déposent, et ces témoins ajoutent, u'ils ont toujours connu Barthélémy Bourgelat pour
ils légitime du sieur Pierre Bourgelat. Le cinquième témoin dépose affirmativement, qu'il a ouï dire au père luimême qu'il était le maître de faire de son fils Barthélémy Bourgelat un bâtard ou un fils légitime; et ce qui mérite une attention singulière , ' c'est que le nommé Cara y sixième témoin de l'enquête des défendeurs , dépose aussi que Bourgelat père lui avait dit qu'il ferait sentir à Bartnélemy Bourgelat les derniers efiets de sa colère , étant le maître d'en faire ce qu'il voudrait; discours qui ne peut être équivoque, quand on le rapproche des autres dépositions.
Mais comment le père aurait-il pu Ëdre de son fils un bâtard ou un légitime , si ce n'est en conservant ou en supprimant les titres qui prouvaient son mariage ? Et comment pouvait-il les conserver ouïes détruire s'ils n'existaient pas? Ce discours renferme donc une nouvelle preuve de l'existence du conirat de mariage et de l'acte de célébration, qui n'ont disparu que parce qu'on a irouvéle secret de les supprimer ; mais il suffit que leur existence soit prouvée dans les temps précédens , pour