‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 22 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. 6l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 6l

qu'il soit imposisible de donner atteinte à l'état de Barthélémy Bourgeiàti

Le neuvième fait est, qu'ayant rappelé son fils de Càrcassonne, il le fit enfernleç six mois aux Cordeliers de Sainte-Colombe.

Ce fait est pareillement établi par les dépositions des I, 3, 4? ^9 ^9 1^9 1^9 i«^9 i6 et dernier témoins de l'enquête faite à Paris , et par les dépositions deâ 4» ^ ^9 ^^ et 17* témoins de l'enquête faite à Lyon.

Le dixième fait est , que le testament de Hi^onime Caprioli a été exécuté par Pierre Bourgelat son niari. Comme il y avait peu de dispositions dans ce testament ^ il ne peut pas rester beaucoup de vestiges de son exécution } cependant toutes les preuves que l'on pouvait avoir se rencontrent ici : 1 ° Hiéronime Caprioli avait demandé par son testament d'être enterrée aux Augustins de la Croix-Rousse, et elle y a été enterrée en efiët , comme le porte son extrait mortuaire. Pourquoi ne l'aurait-on pas portée à sa paroisse suivant la règle y si le mari n'avait cru être obligé de faire exécuter la dernière volonté de sa femme ? 2** Comme héritier universel, il s'est emparé de tous les effets et a fait enlever tous les meubles qui étaient dans l'appartement occupé ar Hiéronime Caprioli , comme il est prouvé par les ëpositions des 3, 4 ^^ ^^ témoins de l'enquête faite à Paris , et par celles des 9> il et i4^ témoins de l'enquête faite à Lyon. Le onzième témoin dépose entre autres choses, qu'il aida lui-même à charger les meubles pour les transporter dans la maison du sieur Sabot, au troisième étage , dans lesquels meubles étaient deux lits , Tun vert et l'autre rouge , avec quelques papiers dans un petit sac; et le quatorzième témoin ajoute qu'elle se souvient encore que ladite demoiselle Caprioli étant malade de la maladie dont elle est décédée, elle déposante étant dans la chambre de ladite demoiselle Caprioli , ledit sieur Bourgelat et sadite femme parlèrent du testament que ladite demoiselle Caprioli voulait faire; à quoi ledit sieur Bourgelat répandit qu'elle pouvait faire ce qu'elle jugerait à propos , et qu'il tiendrait le tout.

Le onzième fait, que quoique Pierre Bourgelat fût

Français , il avait été ëlevé en Italie auprès du sieur Semer son oncle.

C'est un fait constatit, dont presque toutes les dépositions de Tenquête faite à Paris font mention. Le huitième témoin de ladite enquête dépose encore ^ii'il sait que ledit sieùr Senier île voulait pas que son îieveti se ihai'iât, et c(u'il se cachait de son oncle. Le sieur ProUipsal, septième téttioitt de Fertqtlête faite à Lyon, dépose entre autres choses , que ledit sieur Pierre Boutgelat a été élevé chei le sieur Senier soi! oncle en Italie dès Và^e de huit ans; queh 1677 il fut envoyé par ledit sieur soii oticle à Rome, pour y faite la recette de ce dui lui était dû, et que ce fut dans ce même temps qu'il nt connaissance avec là demoiselle Caprioli , et qu'en l'âhïiée I G82 il fit venir ladite demoiselle Caprioli au faubourg de la Croix-Rousse.

Il y a utx douzièitie fait, que la demoiselle Caprioli en venant d'Italie en France , fit une fausse-couche dans le vaisseau qui l'amena.

n est vtai qu'il n'y a point de preuves de ce dernier fait; mais outre qu'il est peu important , c'est qu'il n'y avait que ceux qui étaieïit datis le vaisseau qui auraient pu en déposer, et la dame Bourgelat n'a pas pu découvrir leurs noms et leurs demeures pour les faire assigner.

Comme y a d'autres faits très-importans dont quelques témoins déposent , qui sont des circonstances dé ceux qui ont été articulés, on se trouve obligé d'en dire un mot.

Le second témoin de l'enquête faite à Paris , ajoute Qu'il a connaissance que Pierre Bourgelat avait épousé b demoiselle Caprioli.

Le troisième ajouté

Qu'ail a oul^dife que Pierre Bourgelat avait contracté mariage légitime a?ec la demoiselle Caprioli , Romaine 5 et que Tacte de célébration fut déchiré.

Lé quatrième ajoute âUssi

Que feu son |yère, qui était ami de Pierre Bourgelat, fui a dit que son mariage avec la demoiselle Caprioli était bien légitiniey et qu'il sait que depuis l'accouchement de ladite Caprioli de Barthélémy Bourgelat , le mariage n'a plus été secret, qu'il était notoirement connu dans la ville de Lyon.

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Le cinquième, v

Après avoir dit que la demoiselle Gaprioli, femme Bourgelat, viyaîten très-parfaite chrétienne 9 ajoute qu'il l'a toujours connue pour la léfî^itime épouse de Pierre Bourgelat^ ainsi que les plus notables de la yille de Lyon le pourraient certifier , ce fait étant trës-yrai; et que liii déposant peut d'autant mieux le certifier, au^il a demeuré dans la maison du sieur Sabot, qui était nouvellement séparé de Pierre Bourgelat père, et que lui déposant était chez le sieur Sabot en qualité de fenetir dé lirres, là où il a pris connaissance dudit sieur Bourgelat 9 et qu'étant chez le sieur Sabot, il à ouï dire , tant de la bouche dudit sieur Sabot, de même que dé tous ses associés, que Barthélémy Bourgelat était bien malheureux , en ce que son père passait en secondes noces ; qu'il a toujours ouï dire du sieur Sabot et de ses associés, que ledit Barthélenry Bourgelat était fih légitime de Pierre Bourgelat, lequel Pierre B'ourgefat, lui déposant l'a toujours connu pour un homme très-raùgé , incapable de codcabînage , de même qne la demoiselle Caprîoli , sa femme , qui a toujours passé pour une femme très-rertneuse.

Le huitiètne tëmoin dëpose entre autres choses ,

Qu'il a ou! dire à son père, qui était associé de Bernard Senier, oncle de Pierre Bourgelat, que ledit Pierre Bourgelat ayait été marié à une Romaine; qu'il a ouï dire que le mariage a et» secret, et qu'il sait que ledit Senier ne foulait pas que son neveu se mariât, pou^'quoi il se cachait de son oncle ; qu'A l'égard de la légitimité , ledit Barthélémy Bourgelat était très-lé^time; qu'il a demeuré mêmeayec lui et son père en Tannée 1701, mangeant tous trois à Li même table , et qu'il n'a entendu parler du père à son fils que comme d'un enfant légitime , et qu'il était traité de même dans la maison par tous ceux qui y demeuraient, même par le sieur Sabot, qui était associé de Pierre Bourgelat.

Le neuvième témoin ajoute

Qu'il a toujours connu ledit Barthélémy Bourgelat, tant à Paris qu'à Lyon , pour être fils légitime de Pierre Bourgelat.

Le ônzièiïie dit de mêtne ,

Qu'il a toujours connu Barthélémy Bourgelat pour être fils légitime de Pierre Bourgelat.

Le douzième dépose* aussi la même chose , et ajoute Qu'il a été à Nîmes en Languedoc, où le sieur Barthélémy Bourgelat était dans un magasin du sieur Auyilliers, marchand de ladite ville, lequel marchand ne Ta jamais connu que comme fils légitime du sieur Pierre Bourgelat; qu'en A«yignon, le sieur Gaze , marchand de ladite ville, a dit à lui déposant, qu'il était ami du sieur Pierre Bourgelat, et qu'il lui avait dit que Bar-

thélcmy Bourgelat était bien son û!s; que le steur Sabot , marchand à Lyon, associé dudit Pierre Bourgelat , lui arait dit que Barthélémy Bourgelat était fils légitime dudit Pierre Bourgelat» et fjue ia dame Bourgeiat , seconde fhnine , gui s'ajfpeiait • TerrcLsson , i^a connu pour fils légitime dudit Pierre Bour- , geiat son époux; et qu'enfin tous les négocians et marchands de la ville de Lyon ont reconnu toujours Barthélémy Bourgelat pour fils légitime dudit Pierre Bourgelat.

Le treizième dépose

Que Pierre Bourgelat avait élevé Barthélémy Bourgelat comme son fils légitime, et que lui déposant Ta toujours connu pour fils légitime dudit Pierre Bourgelat son père.

Le quaiorzîème témoin ajoute

Que ledit Bourgelat fils a toujours été regardé à Garcassonne comme fils légitime de Pierre Bourgelat sans aucun soupçon, et que ce n'est que depuis les mécontentemens que le dit Bourgelat fils avait donnés à son père, que lui déposant a entendu dire qu'on lui contestait son état.

Le seizième et dernier témoin ajoute enfin ,

Que Barthélémy Bourgelat avait soin d'écrire au sieur Bourgelat son père tous les premiers jours de Tan » et se servait des ynêmes armes et même cachet de son père; qu*il a connaissance que demoiselle Geneviève Terrasson, femme de Pierre Bourge-* lat, avait prié et faitprier par le sieur PelrrichoD, secrétaire de l'hôtel de ville de Lyon , Pierre Bourgelat pour faire son testai ment, afin d'éviter que le sieur Barthélémy Bourgelat ne puisse rien prétendre ni avoir aucun droit à la succession dudit feu Pierre Bourgelat son père ; pourquoi le sieur Du four aurait fait faire plusieurs consultations surrette matière, dont la décision n'a point été à la connaissance de lui déposant ; qu^en outre lui déposant, par la facilité qu^il avait de parler fréquemment au sieur Pierre Bourgelat, non-seulement comme chargé de la correspondance de son commercé , mais encore par l'accès et la connaissance qu'il lui avait donnée de ses affaires particu-. Hères , lui aurait représenté plusieurs fois la nécessité qu'il y avait de mettre ordre à ses affaires ; sur quoi le sieur Pierre. Bourgelat aurait répondu à lui déposant , qu'un homme dans sa situation ne pouvait pas le faire sans reproche, à quoi il n'aurait rien ajouté; sur quoi lui déposant lui aurait encore remontré quatre* jours auparavant sa mort, qu'il mettait ses affaires en désordre par sa répugnance , et qu'il était d'un homme aussi prudent que lui à ne pas si fort résister à mettre ses affaires en règle ; sur quoi ledit sieur Bourgelat lui aurait répondu , que s'il était à sa place il en ferait autant que lui.

L'on voit par celte déposition , que là seconde femme

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