‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 23 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de Pierre Bourgelat, qui avait déjà commence dVlouffer dans Pierre Bourgelat les sentimens de tendresse qu'il avait encore pour le fils de son premier lit , a continué jusqu'à l'extrémité de sa vie de travailler à lui ôter ce reste d'affection pour ce fils., et qu'elle a fait tous ses efforts pour taire priver Barthélémy Bourgelat de sa

Ï^art dans la succession de Pierre Bourgelat son père. 1 ne faut pas avoir une grande pénétration, pour concevoir le sens des réponses de Pierre Bourgelat aux sollicitations redoublées que cette seconde femme faisait faire auprès de lui pour l'engager à faire un tes^ t ornent inqfficieux pour son fils du premier lit; en sorte qu'il dit ouvertement à ce témoin : L'on ine sollicite y Von méfait solliciter y et vous-même le faites aussi y pour m,' engager à faire un testament pour déshériter le fils de mon premier lit : je ne le peux faire sans reproche y et sans blesser ma conscience ; et si vous étiez à ma place, vous feriez comme moi. Il est vrai que dans sa jeunesse il m'a donné du mécontentement; mais étant près de passer de ce monde dans l'autre vie y et de rendre compte à Dieu de mes actions y je veux lui pardonner ; c'est pourquoi je veux qu'il partage as^ec les autres erifans de mon second Ut : ainsi y je ne veux faire ni signer aucun testament

Le premier ^témoin de l'enquête- de Lyon ,. qui est un chirurgien , après avoir parlé d'une grande maladie survenue à Barthélémy Bourgelat , étant au collège de Saint'Rambert , ajoute •

Que Pierre Bourgelat son père le fit transporter sur un brancard à Lyon , dans l'appartement qu'il occupait en la maison du sieur Sabot , pour y être traité plus commodément; qu'il fit venir le sieur de la Monnier, médecin, et deux autres chirurgiens 5 qui s'étant mis en état de faire l'opération , cela fit crier Barthélémy Bourgelat ; ce que Pierre Bourgelat son père ayant entendu, il fit appeler lui déposant pour en savoir la cause, laquelle il lui expliqua, et la cruauté qu'ils avaient faite à son fils ; que le soir du même jour le sieur de la Monnier et les deux chirurgiens, étant retournés voir le sieur Bourgelat fils, le sieur Bourgelat père dit au sieur de la Monnier : Voifs avez tué ma femme , et vous voulez encore tuer mon fils , le pria de 8c retirer, et qu'il le satisferait.

CoGHIIf. TOME n. 5

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Les autres tëmokis déposent aussi de cette maladie^ et des attentions de Pierre Bourgelat , pour procurer la guérison de son fils.

Cette déposition donne lieu à trois observations : la première, que Pierre Bourgelat y reconnaît la demoiselle Caprioli, plusieurs années après sa mort , pour sa fenune.

La seconde , qu'il y reconnaît aussi Barthélémy Bourgelat pour son fils; et la troisième, qu'on y voit un fonds de tendresse. pour ce même fils.

Le troisième témoin dépose qu'il a été au service de Pierre Bourgelat pendant trois ans et demi ;

Qu*eUe portait tous les samedte le linge de Barthélémy Bourgelat, qui était en pensiofi aux missionnaires de Saint-Rambert ; que tous les mercredis , jours de congé , le sieur Bourgelat fils Tenait chez le sieur Bourgelat père ; que lorsqu'il arriyait que quelques-uns de ces jours de congé il ne venait pas chez son père 9 il envoyait elle déposante le chercher, et savoir pourquoi il n^était pas venu , et si les missionnaires ne le voulaient pas ; qu^elle a toujours reconnu beaucoup d*am\tié et de tendresse de la part du sieur Bourgelat père envers le sieur Bourgelat fils 9 qui a demeuré chez le sieur Bourgelat son pèra pendant qu'elle a demeuré chez lui ; le fils y étant , il appe* lait le sieur Bourgelat son fils, et demandait souvent en rentrant si son fils, et quelquefois Bourgelat, avait soupe et était allé coucher, et allait voir lui-même.

Voilà le caractère d'un véritable père, d'un père légitime, qm se trouve aussi dans cette déposition.

, Le cinquième témoin dépose,

Qu'il a connaissance que Barthélémy Bourgelat a toujours été connu dans Lyon pour fils du sieur Pierre Bourgelat 9 et lui sieur déposant Ta toujours regardé comme tel ; qu'au temps du décès de la demoiselle Gaprioli« il vit le sieur Bourgelat ea deuil de ladite demoiselle Gaprioli sa femme.

Le septième témoin, nommé Prompsalle, dépose

entre autres choses ,

Qu'il a vu le sieur Bourgelat en deuil; qu'en l'année 1707 Pierre Bourgelat se maria à Geneviève Terrasson , qui était alors en pension à la Propagation; que depuis son mariage elle est restée dans ledit couvent environ six mois , et que lors de sa sortie elle était enceinte.

Si Pierre Bourgelat en a usé ainsi avec sa seconde femme , e$ s'il a tenu secret pendant plus de six mois

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