‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 24 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

le second mariage , et jusqu'au temps que sa femme a paru enceinte, est-il étonnant qu'il en ait use de même a l'égard du premier , où il avait de plus fortes raisom pour le cacher jusqu'au temps de la grossesse d'Hiéronime CaprioU?

Le neuvième témoin, nommée Philiberte Bevot, dépose de faits très-importans :

Se souvient parfaitement elle répondante, d'avoir tu grand nombre de fois le feu sieur Pierre Bourgelat venir au faubourg de la Croix-Rousse 9 et y prendre ses enfans par la main, les menant avec lui ; qu'elle a vu la demoiselle Caprioli recevoir des lettres dudit feu sieur Bourgelat, dont le dessus était adressé à madame Bourgelat, femme du sieur Pierre Bourgelat; qu'on ne la connaissait à la Croix-Rousse que sous le nom de femme du sieur Bourgelat, et qu'après le décès de ladite demoiselle Caprioli, le sieur Bourgelat fit enlever les meubles qui étaient dans l'appartement.

Le quatorzième témoin, nommée Marie Bevot, ajoute encore,

Qu^elle se souvient que le sieur Bourgelat ayant fait un voyage à Livourae,' la demoiselle Caprioli le recommandait aus prières de ses voisins ; qu'elle a vu une lettre écrite par le sieur bourgelat à la demoiselle Caprioli pendant ce voyage., où il la trai* tait de ma obère épouse ; qu'à l'arrivée du sieur Bourgelat à la Croix-Rousse, ses enfans allaient au-devant de lui, qu'il led embrassait, et les traitait de ses enfans; que la demoiselle Caprioli étant malade de la maladie dont elle est décédée , elle déposante étant dans la chambre de ladite demoiselle Caprioli , le sieur Bourgelat et sa femme parlèrent du testament que ladite demoiselle Caprioli voulait faire ; à quoi le sieur Bourgelat répondit, qu'elle pouvait faire ce qu'elle jugerait à propos, qu'il exécuterait le tout, et que la demoiselle Caprioli lui ayant recommandé ses enfans , il lui dit qu'ils lui étaient aussi Quers qu'à elle.

Le vingtième témoin , nonuné Oziot , dépose entre aatres choses ,

Être entré chez les sieurs Sabot et Bourgelat, marchands asïsociés en 169a ou 1695 , tan( en qualité de teneur de livrèy que d'associé, d'où il n*est sorti qu'en 1712, pendant lequel temps il a toujours vu le sieur Pierre Bourgelat reconnaître le sieur Barthélémy Bourgelat pour son fils légitime ; qu'il le mit en pension chex les 'missionnaires de Saint- Rambert, où étant tombé malade , le sieur Pierre Bourgelat le fi( apporter chez lui, où il donna tous ses soins pour le faire guérir; et après sa gùérisbn,continua'nt ses bontés, il envoya ledit Barthélémy

Bourgelat à Garcassoooe chez les sieurs Fraisse, marchands manufacturiers 9 pour y apprendre le commerce, et auxquels ledit Barthélémy Bourgelat Fut recommandé par le sieur Bourgelat et autres de ses amis, dont il ne sait pas les noms.

Ce témoin ne peut pas être suspect au sieur Dugast et consorts , puisqu'ils Font fait aussi de'poser dans leur enquête.

Le onzième tëmoin , nommé Michel Voliel , dépo.se

entre autres choses ,

Se souvenir que le feu sieur Pierre Bourgelat a été teneur de liyres chez le sieur Sabot; qu'ilVa chargé plusieurs fois de lettres et d'argent pendant chaque semaine de plusieurs années, pour porter à* la demoiselle Hiéronime Gaprioli , en disant à lui qui dépose : Tenez , portez gela à ma feisme a la Choix- Rousse , où le sieur Bourgelat allait souvent coucher, etc.

La dame Bourgelat a donc parfaitement prouvé les faits importans qu'elle avait articulés ; l'existence du contrat de mariage de Pierre Bourgelat et d'Hiéronime Caprioli, la publicité même de ce titre, la notoriété de leur mariage dans toute la ville de Lyon, les honneurs rendus à Hiéronime Caprioli au moment de son décès, tant par son mari que par ses enfans , les soins et les attentions du père pour Barthélémy Bourgelat son fils unique, en un mot, tout ce qui peut former une possession publique y on est persuadé qu'il n'y en a jamais eu de plus éclatante.

Ainsi , l'autorité des titres, soutenus par la force de la possession , forme un corps de preuves aussi puissant que le serait celui qtd pourrait être tiré du contrat de mariage et de l'acte de célébration , dont on a trouvé le secret de priver Barthélémy Bourgelat. Cette perte est tellement réparée, qu'on ne peut plus craindre que son ét^t en souffre la moindre atteinte.

Il est vrai que les défendeurs ont prétendu affaiblir les dépositions de tant de témoins , soit par des reproches personnels, soit par les dépositions de quelques autres témoins qu'ils ont fait entendre de leur part; mais ces secours sont trop faibles contre des preuves si décisives.

A l'égard des reproches, ils ne s'appliquent qu'à un petit nombre de témoins; s'ils avaient quelque fonde-

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