PREMIÈRE PARTIE
ment, il resterait tant d'autres témoins contre lesquels on n'a pu rien proposer, que leurs dépositions suffiraient à la preuve dont la dame Bourgelat a été chargée.
Ainsi, le sieur reisson, par exemple, qui a vu, lu et tenu le contrat dé mariage , qui avait caractère pour se le Ëdre représenter, qui sur la toi de cette pièce n'a plus pensé a veiller sûr la grossesse d'Hiéronime Capnoli, ni sur le fruit qui en devait naître , a-t-on eu le moindre reproche à alléguer contre lui? Cependant sa déposition est la hase de toutes les autres ; car c'est du fait important dont il dépose, que la notoriété publique a commencé.
lien est de même d'un grand nombres d'autres témoins si bien d'acccnrd entre eux , et dont les^ dépositions sont soutenues par les titres publics ; presque aucun n'a pu être reprocné; leurs dépositions assurent donc incontestablement la légitimité de Barthélémy Bourgelat.
A quoi se réduisent au surplus les prétendus reproches auxquels ouest obligé ae recourir? Philiberte et Marie Bevot , dit-on, parlent de faits qui se sont passés pendant leur plus tendre jeunesse ; 1 une n'avait alors que neuf ans , et l'autre n en avait que sept : neul-on compter sur la foi de pareils témoignages ?
Il suffit de proposer ce reproche pour en faire connaître l'illusion; car enfin , l'on ne dit rien contre l'honneur et la probité de ces deux «sœurs; elles n'ont rien qui les lie d'intérêts avec la dame Bourgelat; leur témoin gnage n'a donc rien de suspect. Pourquoi refuserait-on d'y ajouter foi? Elles se souviennent, dit-on, de faits qui se sont passés pendant qu'elles étaient fort jeunes ; mais est-il donc fort extraordinaire de déposer de ce que l'on a vu à l'âge de neuf ans , ou même de sept ans ? Combien y a-t-il d'événemens qui se sont conservés présens à notre mémoire depuis ce temps, surtout lorsque c'est un fait qui s'est passé à l'égard de certaines personnes avec qui l'on a continué de vivre pendant plus de douze ans , et dont on a depuis entendu parler plusieurs fois ? '
D'ailleurs , les défendeurs se trompent dans leur calcul; le fait dont elles déposent est arrivé lorsque la grossesse d'Hiéronime Caprioli est devenue publique, ce qui n'a pu arriver qu'au^ commencement de 1684? puis-
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ou'elle est accouchëe au mois d'avril de cette année. Or<, 1 aînée a été baptisée le 27 février 1674? et par conséquent avait dix ans lorsque le fait est arrivé. La seconde^ le 21 septembre 1676, avait près de huit ans. U n'y a donc rien d'extraordinaire dans l'idée qu'elles en ont conservée; et le fait d'ailleurs est constant, puisque c^est celui dont le sieur Peisson a déposé. *
Il faut ajouter que comme depuis l'accouchement d'Hiéronime Caprioli jusqu'à sa mort, il s'est passé dix ans ^ et que pendant tout ce temps elles n'ont point cessé d'habiter la maison de Pierre fiourgelat et d'Hiéronime Caprioli sa femme , dont elles étaient voisines , déclarent même qu'elles ont assisté à l'enterrement , et que , pendant ces dix années, elles ont toujours vu Pierre Ëourgelat la traiter comme sa femme : il est certain que leurs dépositions ne peuvent être suspectes; parce que, outre ce que l'on vient de dire ci-dessus, c'est que 1 une ^ant vingt ans, et lautre dix-huit quand Hiéronime Caprioli est décédée, erne l'ayant pas quittée pendant les dix dernières années de sa vie, et jusqu'à son décès, elles ont été en état de connaître la vérité qu'elles ont déposée.
Les reproches que l'on propose contre les maris de ces deux femmes ne sont pas plus solides ; on suppose qu'ils ont déposé des marnes Ëiits, en disant qu'ils étaient arrivés pendant qu'ils recherchaient leur femme en mariage; mais il ny a qu'à lire leurs dépositions, pour voir qu'on en impose à la vérité, quand on leur attribue une pareille déclaration; ils n'ont point réuni dans un même temps les faits dont ils parlent, et celui de leur recherche.
On ajoute que parmi les autres témoins , il y a deux pauvres qui ont été tirés de l'hôpital pour déposer , et qu'ils y sont entrés ensuite; on pousse même la vexation jusqu'à supposer que l'on les a subornés ; on demande permission d'enfairepreuve; mais cette demande adéjàété méprisée par la cour , qui s'est contentée de la renvoyer au fond de la contestation , ce qui peut bien passer pour un débouté tçtcite. En effet, l'on voit bien qu'elle n'a pour objet que de vexer la dame Bourgelat, en éloignant le