PREMIERE PARTIE
Le sieur Cal dépose de ces mêmes faits, et ajoute
Que M. de Virasd dît au sieur Henrique qu'il le remerciait des soins qu'il s'était donnés.
Suzanne Rousseau , ou la Chapelegroie ,
Dépose du même fait de TenlëYement de cet enfant par les sieurs Cal et Henrique; que cet enfant lui avait été reibis par la Peluchon, et qipie depuis ayant rencontré la Peluchon, celleci la pria de ne pas dire qu'Henrique avait dit que cette fille était à lui, et de dire que la nommée Soulade Tavait voulu suborner 9 à quoi la déposante répondit qu'elle n'en ferait rien.
Deux faits très-importaus résultent des dépositions des sieurs Cal et Henrique, et de celle de la Chapelegrote.
Le premier, que la fille remise par la Peluchon à M. de Virasel , était la même qui avait été enlevée la veille des mains de la Chapelegrote par les sieurs Cal et Henrique.
Le second , que cette fille enlevée des mains de la Chapelegrote était la même qui lui avait été remise par la Peluchon , et dont elle s'était chargée par un acte passé par-devant Despiet, notaire. '
Or, on rapporte aujourd'hui cet acte passé par-devant Despiet , contenant la remise faite par la Peluchon a la Rousseau d'une petite fille. Et que porte cet acte? que celte fille est née de Marie Servant. Le conseil est supplié de faire une attention, singulière à cet acte.
Ici la vérité se manifeste , ici Y on reconnaît sans déguisement quelle est véritaUement la partie adverse. Alors cet ouvrage d'iniquité n'avait point encore été tramé; alors on ne pensait point encore à cette supposition détestable que l'on a machinée; on parlait ingénument, parce que l'on n'avait point encore envie de surprendre; et dans ce temps où la bonne foi et la sincérité n'était point encore séduite par l'appât du gain, Ouelle origine attribue-t-on à la partie adverse? Elle est ulle de Marie Servant. Voilà donc le fantôme démasqué. Il est constant que la fille que M. de Virasel a prise' chez la Peluchon, est la même cpi avait été enlevée la veille à la JSuzon ; celle qui a été enlevée à la Suzon est celle qui lui avait été remise par la Peluchon, par l'acte
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passé par -devant le notaire Despiet. La Suzon le dit eLLeHonéme. Elle demande une décbange; on va chez le notaire pour la lui donner; cette fille qui lui a été remise par-devant le notaire Despiet , est fille de Marie Servant : c^e^t la.Peluchon eUe-même qui la de'claré dans un temps non suspect. Donc , la fille prise par M. de Virasel, chez la Peluchon, est fille de Marie Servant : donc ce n'est point la fille de madame de ViraseJ. Cette preuve ne va- 1- elle pas jusqu^à la dé- * monstration ?
Mais quelque claire qu'elle soit déjà , elle se fortifie encore par une observation décisive; c'est dès le 24 octobre 1702, que la Peluchon a remis à la Suzon cette petite fille qu elle a depuis retirée pour rendre à M. de Virasel. Or, cette petite fille ne pouvait pas être la fille de M. de Virasel, non-seulement parce qu'il est dit au contraire qu'elle était fille de Marie Servant , mais encore parce que*, selon l'enquête de la partie adverse, la Jeannette, entre les mains de. laquelle était la fille de madame de Virasel, ne l'a remise à la Peluchon que le 28 octojbre 1702. Or, la Peluchon ne pouvait pas c(mfier le 24 à la Suzon , une fille qui ne lui a été remise à elle que le 28; cela est clair et incontestable.
Ajoutons cette circonstance dont dépose Suzanne Rousseau , qu'après tout ce grand événement , la Peluchon l'a voulu suborncF pour l'empêcher de dire qulienrique s'était dit le père de celte petite fille , pour l'engager à imputer, au contraire, un dessein de subornation à la Soulade ; tout cela découvre de plus en plus lecaractère de cette Peluchon ; tout cela fait voir qu'il y a eu dans cette affaire un mystère d'iniquité , que Ton a fait jouer des Ressorts cachés. Est-ce clone la vérité qui a recours à des artifices pour se manifester ? Et ne reconnaît-on pas, au contraire, dans tout ce manège l'imposture qui cherche à se voiler sous des apparences trompeuses, mais qui ne peut cependant échapper aux lumières de la justice ?
Après ces réflexions^ la supposition n'est-elle pas ici dans une entière évidence? Tout manque, on la déjà dit ,' à Jia prétendue Catherine de Belrieu , pour soutenir