PREMIÈRE PARTIE. l
quoique ceux qui lui sont indiqués par les titres de filiation n'aient point présidé à la suite de sa vie; le magistrat l'a reconnu de même ; car quoique l'exposé de la dame de Bruix et la déclaration des amis assemblés soient d'accord en ce point, il n'en a pas moins élu un tuteur à Marie de la Sale , et n'en a pas moins f églé parlà son sort pour l'avenir ; ce qui a été suivi depuis dans les actes les plus importans.
Qu'il demeure donc pour constant que la dame de Bruix a un état certain par les seules preuves que la loi reconnaisse, et par conséquent qu'elle ne peut jamais le changer avec le secours de la preuve testimoniale.
Ce moyen est absolument surabondant; car quand la dame de Bruix n'aurait aucun état certain, quand son sort serait une énigme pour elle et pour tout l'univers, Pentrée dans la maison ae la Ferté ne lui serait pas moins interdite, dès qu'elle n'a ni titre ni possession qui la favorise; elle serait une personne obscure, inconnue, sans i)arens, sans alliés, sans état, si Ton veut, mais cela ne ui donnerait Jamais droit de choisir arbitrairement dans les plus grandes maisons du royaume, ni de s'y destiner une place , ni d'y parvenir en associant à sa fable un nombre de témoins prêts à la soutenir, ce moyen seul l'accablera toujours : mais quand elle nous établit ellemême par des titres authentiques un état différent, on ne conçoit pas comment elle a pu se livrer à une entreprise si téméraire; l'impuissance de parvenir à l'état auquel elle aspire, l'impossibilité d'abdiquer celui qui lui est imprimé par tant de monumens, fornieront à jamais deux obstacles insurmontables contre lesquels doivent échouer tous les jeux d'imagination auxquels sa défense est réduite.