‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 58 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. l6l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l6l

si cet état de fille de Guillaume de la Sale peut être ébranlé, comme on le suppose.

Il est établi sur un acte de baptême en bonne forme , sur une sentence de tutelle , sur un contrat de mariage , sur un acte de célébration , sur l'acte de donation du 3o juin 1723, sur les actes de baptême de tous les erifans de la dame de Bruix : ces titres fixent l'état des deux générations.

Tout cela n'est que chimère , dit la dame de Bruix ,

g* I n'ai jamais connu Guillaume de la Sale , ni Antoinette arîère , mes prétendus père et mère , ils n'ont jamais pris soin de moi ; mes amis assemblés devant le magistrat, en 1723, ont dit ne les avoir jamais connus, ce sont des ^res de l'aison , ainsi je demande que l'on réforme tous ces titres, qiie l'on substitue partout le nom de Marie de la Ferté à celui de Marie de la Sale^ et les noms des sieur et dame de la Ferté aux noms de Guillaume de la Sale et d'Antoinette Barrière. Vous m'opposez la sentence de tutelle de 1 723, j'en suis appelante ; vous m'op- Rosez une foule d'actes dans lesquels j'ai pris le nom de larie de la Sale, mais j'ai obtenu des lettres de rescision contre mon contrat de mariage, contre mon acte de célébration , et contre tous les actes qui ont suivi ; ainsi il faut réformer tous les registres publics, tous les actes authentiques , et faire sentir partout la révolution que je veux éprouver dans mon état.

On est persuadé qu'il suffit d'exposer ce système et ces demandes si outrées et si indécentes pour les proscrire; car si on peut ainsi anéantir ou réformer tous les titres qui fixent l'état des citoyens , quel sera donc l'état que 1 on pourra regarder comme inébranlable ? Mais sur quoi ibnde-t-on cette réforme si universelle, je n'ai pas connu mes père et mère, mes amis assemblés en i723,ont dit ne les avoir pas connus , donc ils n'ont jamais existé. Quelle conséquence ! mais plus les père et mère étaient obscurs, et plus il^^nt pu être inconnus, et à l'en&nt, et à ses amis; ces père et mère ont pu mourir peu de temps après la naissance de leur fille , dans une province éloignée, et peut-être en pays étranger, leur trace s'est perdue; la charité, la compassion aura engagé la Mon-

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jdemSQu autres à prendre soin de l'enfant; peut*-etre d'autres motifs ont pu les y déterminer ; ce sont de3 .événemens trop étrangers à la dame de.Boudeville, pour 'qu'elle ait pensé seulement à y pénétrer. Quoi quil en soit) lien n^st plus indiflférent; jamais on n'a conclu av^c quelque apparence de raison , que des personnes nom-* mées dans, nés titres j)ublicsn ont point existé, de ce que certaines personnes ne les ont point connues.

Aussi le sieur lieutenant civil , qui a vu cet avis d'alÀis en 1723 , n'en a-twl pas conclu que les père et jnère n'eussent point existé, et que la mmeure ne fut poipt leui: fille ; et luia-t-il donné un tuteur Gomme.à Marie de la SàLe , justement persuadé que l'ignorance de quelques amis ne pouvait porter aucune atteinte à son état. La dame de Bruix est appelante.de sa sentence; mais son j)rétexte est trop frivole pour que l'on puisse infirmer unesentence si juridique, et qui aété pleinement exécutée. A^ais , dit-on , Brunier et les autres amis assemblés devant le magistrat, sont convaincus d'imposture, parce qu'ils n'ont pas dit que la mineure eût éié élevée chez la marquise de.la Ferté, et.qu'ils ont dit xm'elle avait été mise aux An^elys avant que d'aller à Belle-Chasse. Ces reproches n'ont aucun fondement; ils ont eu raison de dire qu'elle avait été élevée; par la Janisson eit ensuite par la Brunier , parce que ce^ont elles qui en ont pris soin. Que la Brunier l'ait élevée auprès d^lle pendant qu'elle était au service de la dame de la Ferté , ce n'était pas une circonstance qui méritât d'être rappelée au magistrat , il suffit que ce soit la Brunier qm en ait pris soin , et qui l'ait élevée à ses dépens. Quanta ce qu'ils ont ajouté u'elle avait été aux Andelys, cela peut être, la dame e BoudevîUen'en sait rien; mai^ la seule dénégation de la dame de Bruix ne détruira pas ce qui a été déclaré dans un acte juridique..

Au surplus, la déclamation de la dame de Bruix contre le suffrage de ses amis , appuyé sur la foi du serment, ne sert qu'à faire connaître a quels dangers la preuve testimoniale est es;posée ; elle vQut faire une enquête pour en détruire une autre; mais à laquelle des deux donnerait-on la préférence si elles étaient rapportées ?

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