‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 6 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l

nient pteiiyle religion qu'on doit assurément respecter) ; les complaisances qu'elle avait toujours eues pour lui y lui avaient conservé les témoignages extérieurs d'une politesse etd'une urbanité qu'il a naturellement, C'est-à-s-dire que maigre l'affection étrangère qu'on attribue au marquis du Pont^iï-Château , il se signalait toujours par des témoignages de politesse et d'urbanité à l'égard de sa femme ' le Ibnd du cœur était changé , selon elle; elle l'avait perdu en i'^2,^J mais les. dehors étaient les mêmes, parce que cette pohtesseet cette urbanité est naturelle au marquis du Pont^u-Château. On le répète, c'est la dame marquise du Pont-^du-Châ-^ teau qui parle. Mais comment ne sera-*t-on pas révolté après cela de lui entendre soutenir au contraire, que depuis son mariage elle a été traitée comme une misérable et comme la dernière des servantes ; qu'elle a langui dans la plus cruelle servitude; que les sévices et les mauvais traitemens se renouvelaient chaque jour, et que son mari avait la noirceur de l'accuser d'avoir de mauvais commerces avec ses laquais? Voilà sans doute une étrange urbanité.

Enfin la dame du Pont-du-Châieau termine le récit des faits qui ont conduit à, la séparation volontaire, 6n disant qu! elle ne put pas souffrir sous sesjreuœ une préjërence marquée en tout par son mûri pour sa nouvelle inclination; que le droit qu'elle avait de s'en plaindre, rendit sa présence importune et sa personne odieuse; que le marquis du Pont-du-Chdteau ne le fit que trop ressentir à sa femme en une infinité d'oc^ casions dont' elle éprouva toute l'amertume ; que comme sa religion ne lui permettait pas de "voir avec indifférence un dérangement si marqué , sur la seule proposition qu'elle fit de ne pouvoir en demeurer plus hng-ten^s spectatrice, le marquis du Pont-^-Ùhateau saisit avec avidité cette occasion de consentir qu'elle se retirât avec une pension.

\ Nous ne dissimulons pas. ce que la dame du Pontdu-Château a dit dans ce mémoire contre son mari; mais il est évident qu'il ne s'agit plus de. ces fureurs , de ces emportemens, de ces traitemens indignes qui ont coa~

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tinuë , suivant la plainte , depuis le mariage jiisqu'à la séparation volontaire. Tous ces faits si odieux disparais^ sent ; au contraire l'afféctioadu mari n'a souffert aucune atteinte jusqu'en 1 729. Depuis, ayant perdu ce sentiment si profondément gravé dans son cœur , il s'en est tenu aux témoignages extérieurs d'une politesse et d'une urbanité qu'u a naturellement ; mais malgré cela il y avait une pasàîon dominante : la présence de sa femme est devenue inconunode. Elle a cru que sa religion exigeait qu'elle ne tut pas témoin d'un pareil dérangement; elle a demandé a se retirer, lé mari y a consenti : voilà l'histoire en abrégé , telle qu'il a plu à la marquise du Pontdu-Château de nous la donner elle-même.

Mais faut-il autre cbose pour combattre les tables grossières répandues dans la plainte de la dame marquise du Pont-du-Château , et peut-on après cela l'admettre à la fureuve de ses faits ? Elle veut taire entendre des témoins , mais nous n'en voulons point d'autre qu'ellemême. Elle a parlé dans un temps non suspect , c'est-àdire, lorsqu'elle plaidait contre son mari sur la sépara-t tion de biens. On ne dira pas qu'elle ait cherché alors à le ménager; cependant elle y convient qu'elle a eu toute son afifection jusqu'en 1729 ; que depuis , l'extérieur a toujours été poU et marqué au coin de l'urbanité même. Il estvrai qu'elle s'est piquée d'une inclination étrangère; elle a voulu se séparer , son mari s'est prêté à ce cni'elle exigeait : voilà tout ce qu'elle nous dit elle»méme. Pourquoi chercherions-nous d'autres témoins ? Son propre témoignage suffît , et la condamne.

Ge n'est pas que le marquis du Pont-du-ChÉteau con«^ vienne de l'attachement qu'(»i lui reproche ; mais il ne s'agit pas aujourd'hui de taire un^ information de vie et mours ; il s'agit de savoir si , pendant tout le cours de la cohalntation, le marquis du Pont-du-Château a tait éclater un mépris, une haine implacable contre safemme; s'il l'a traitée comme une misérable, s'il l'a battue , ou-^ tragée , insultée , jusqu'à dire hautement qu'elle avait de mauvais commerces avec ses laquais : voilà les faits qu'on veut prouver. Mais si on est eu-état d'opposer à la dame du Pont-du-Château son propre témoignage à elle*méme,

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