‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 78 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

JSellinzani destinait ladite demoiselle en lui faisant épouser son fils y justifie siiffisamment deux points essentiels à V affaire dont il s'agit : Le premier ^ qu'il n'a jamais regardé ladite demoiselle comme saille ; et le second y qu'il Va regardée et tenue pour être fille d'elle répondante.

A dit qu'il n'aidait garde de la regarder comine sa fille y nielle, ni aucune autre , puisque ladite dame de Bellinzani, mère de la répondante^ l'aidait trompé y et qu'il ne savait pas en avoir une. A l'égard d'avoir par lui cru ladite demoiselle fille d'elle répondante y elle a déjà dit qu'elle ignorait qui pouvait avoir porté ledit sieur de Bellinzani à penser ainsi , et que son* opinion r^'est d'aucun poids pour la décision de l'afifaire dont il s'agit.

D. A elle demandé si en son âme et conscience elle n'a pas au moins quelque doute que la demoiselle dont il s'agit, puisse avoir Fhonneur a être sa fille.

A repondu qu'elle s'en tient à ce que lui a dit la dame de Bellinzani sa mère^ au sujet de ladite demoiselle.

D. A elle représenté que Tobscurité que madame de Beltinzani a affecté de répandre sur le sort de l'enfant tille née d'elle répondante en 1686, suivant (fa'elle nous l'a déclaré elle-même, annonce suffisamment l'intérêt mystérieux et caché que ladite dame de Bellinzani a eu pour tenir une pareille conduite, et que son intention a été de tranquilliser l'esprit de M. le président Ferrand sur le sort d'un enfant qui avait eu le malheur de lui déplaii^e dès le moment de sa naissance.

A dit qu'elle n'imputera jamais à la dame de Belhnzani sa mère une conduite opposée à ce qu'elle devait à sa propre fille , mais bien qu'elle a eu des égards pour M. le président Ferrand, en se chargeant de sa fille, ce qu'elle avait déjà fait en payant la pension de sa fille ainée dans les couvens.

D. A elle représenté qu'il n'est que trop certain que madame de Bellinzani a eu une conduite des plus respectables , mais qu'elle a poussé ses vues prudentes trop loin, en ce qu'elle a déclaré à M. le président Ferrancl,

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que renfanl né d'elle répondante en 1686 , était môft ^ sans appuyer sa déclaration des preuves ordinaires ^

3ui «ont un extrait mortuaire , et que l'intention de laite dame de Bellinzani a été de rendre cet enfant la victime des idées peu judicieuses en cette partie de M. le président Ferrand.

. A dit qu'elle connaissait trop de piété et de lumières à la dame de Bellinzani sa mère pour qu'elle pût prendre de mauvais partis dans une telle affaire. La dame répondante a déjà dit qu'on ne lui avait point fait voir l'extrait mortuaire de sa fille , et qu'il était plus important à M^ le président qu'à elle; et que si à l'heure de son décès il n'a

()as été trouvé dans ses papiers d'extrait mortuaire de 'enfant, il ne serait pas bien difficile d'en rendre raison après l'acte passé chez Carnot ^ notaire , .par ledit sieur président Ferrand.

' D. A elle représenté que ce même enfant né en 1686, que madame de Bellinzani a voulu donner à entendre être mort , par des raisons que le respect dû à la mémoire de M. le président Ferrand autant qu'à elle répondante, oblige de taire, est la même qui aujourd'hui aspire à l'honneur d'être reconnue fille de la dame répondante, ne faisant en cela que revendiquer un état que son honneur l'oblige de réclamer.

A répondu avoir suffisamment prouvé sa bonne foi, le surplus ne la regard^ant point, ainsi qu'elle l'a dit cidessus.

44» Enquise s'il n'est pas vrai qu'en 1 728 il a été constitué au profit de ladite demoiselle, sous le nom de Marie- Anne de Vigny, deux rentes viagères chacune de trois cents livres.

A efeï avoir répondu, en rendant compte des dix mille liv. laissées par ladite dame sa mère à ladite demoiselle de Vigny.

45. Enquise s'il n'est pas vrai qu'elle répondante a reçu, en différens temps, plusieurs lettres de ladite demoiselle de Vigny.

A dit se ressouvenir avoir reçu deux lettres pleines de galimatias, qui n'étaient ni datées de lieu ni signées , et une troisième depuis l'action intentée où elle prenait

Hne qualité^ et dounait des raisons si choquantes de son présent procédé, que dans le premier moment elle Fa jetée au tèu.

46. Enquise s'il n'est pas vrai qu'elle répondante a eu conÀaissance qu'en 1732 le sieur de Beuinzani son neveu fit faire des propositions à ladite demoiselle par des amis communs , pour se désister de ses prétentions moyennant certains accommodemens qui lui furent proposés.

A dit que ni son neveu , ni personne au monde ne peuvent lui soutenir qu'elle ait jamais fait faire aucunes propositions à ladite demoiselle de Vigny , directement ni indirectement ^ et qu'elle n'a jamais entendu parler des propositions qui peuvent lui avoir été faites.

47. Ënquise si elle n'a pas connaissance des diifëi*ens noms qui ont été donnés à ladite demoiselle dans toutes les communautés où elle a passé sa vie.

A dit que tous ceux qu'elle a eus depuis que ladite dame de Bellinzani l'a confiée à ladite demoiselle Prévost^ sont de sa connaissance.

D. A elle demandé si eUe veut s'en rapporter aux ter moins qui ont connaissance de la vérité de l'état de ladite demoiselle Ferrand.

A dit qu'elle s'en rapporte sur le tout aux juges.

Lecture faite du présent interrogatoire à ladite dame

f>résidente Ferrand , ensemble lecture à elle réitérée de 'interrogatoire et de ses réponses laites en la vacation du jour d'hier, ladite dame a dit toutes ses réponses contenir vérité , n'avoir rien à y ajouter ni innover , le tout après avoir été vaqué jusqu'à près de deux heures après midi; et à signé avec nous en notre minute.

Signé, Guillemot d'Alby , as>ec paraphe.

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