‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 8 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. I

acte volontaire ne forme jamais une vëritable séparation,, la dame du Pont-da-Chateau avait un inte'rêt essentiel de ne se pas contenter de cet acte, et <jle faire valoir les prétendus sévices , non-seulement pour affermir la séparation de corps, mais encore pour obtenir celle de biens. Ainsi, non -seulement, en se réduisant à la séparation de biens , elle a renonce à demander celle de corps, mais elle a reconnu qu'elle n'avait aucun moyen pour y parvenir, ce qui la rend absolument nonrrecevable à Tintenter.

En un mot, il n'y a point d'exemple dans l'ordre judiciaire qu'une femme, après avoir demandé la séparation de biens, et y avoir succombé, puisse revenir à la séparation de corps sur des faits tous antérieurs à l'action en séparation de l>iens ; c'est multiplier les procès sans prétexte , c'est fatiguer et les parties et la justice contre toutes les règles. Aujourd'hui une fentme demanderait <jue son mari lui payât une pension; quand elle aurait * été déboutée de cette demande , elle en formerait une autre pour la-séparation de biens ; après cela elle demanderait à se retirer dans un couvent; enfin elle demanderait à être séparée de corps. La règle ne s'accorde pdint avec ces prétendus tempéramens. On eDStTjbligé d abord de former toutes ses demandes; et quand, on s'est réduit à un objet, on ne peut pas, après avoir perdu sa cause, étendre ses prétentions pour faire de nouveaux procès : ainsi une femme qui n'a pas pu réussir dans ime demande en séparation de biens, ne peut plus demander la séparation de corps ; elle y a renoncé par sa première action , et ne peut plus être écoulée.

Ti*oisièmement, la demande que forme la dame du Pont-du-Cbateau est jugée par un arrêt contradictoire entre son mari et elle : c'est de toutes les fins de nonrecevoir la plus forte et la plus décisive. On a observé dans le fait ,. qu'au mois de mars 1742 la dame du Pontdu-Château avait formé une demande contre son mari, à ce qu'il fût tenu d'augmenter sa pension de 1 0,000 liv. par an. Le marquis du Pont-du- Château, fatigué de ' tant de procès que lui faisait sa femme, demanda acte de sa part de ce qu'il révoquait le consentement qu'il avait

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