PREMIÈRE PARTIE
que celle qui avait été à Melun y avait été connue publiquement pour fille de M. le pre'sident et de madame la présidente Ferrand; enfin il est prouve que cette petite fille mise à Melun sortait de Puiseaux . où elle avait été chez Anne Prévost, et connue pour fille de M. et de madame Ferrand ; que quand elle fut tirée de Puiseaux, on savait que ce'tait la fille de madame la présidente Ferrand que Ton allait mettre pensionnaire à Melun. L'incrédulité' elle-même doit donc se rendre à des preuves si sensibles.
Madame Ferrand a eu une fille en 1686, cette fille n'est point morte , il faut donc qu'elle existe dans la société; mais en qui la reconnaîtra-t-on , si ce n'est dans une fille qui a été connue publiquement pour être née de M. et de madame Ferrand? Dès l'âge de trois ans on ne s'est point trompé sur son sort; il est devenu dans la suite si public, que personne n'en a douté. Il est vrai que depuis on l'a transportée aux extrémités du royaume et que l'on est parvenu à lui cacher à elle-même sa destinée ; mais les monumens publics , mais des registres domestiques , mais la preuve testimoniale , tout a dissipé ces ténèbres. Si madame Ferrand, si les collatéraux ne veulent pas se rendre, s'ils font encore quelque contenance , c'est dans l'une un faux point d'honneur, c'est dans les autres une passion injuste qui les retient. Quoi qu'il en soit , la justice qui cède toujours à la vérité , ne peut lui retuser un tribut devenu nécessaire après tant de preuves qui se réunissent pour son triomphe. *
' Arrêt da 37 août 1756, qui admet la preuve , et sur la preuTe faite, •rrét du *j3 mars 1738 eo faveur des mémoires.
234 OEUVRES DE GOCHIN.
CAUSE A LA GRAND'CHAMBRE
POUR Geobges-Léopold duc Wirtembebg-Mo^tbelliârd.
CONTRE Charles-Léopold el Georges- Frédéric ^ enfnns de baronne de l^ Espérance.
QoKSTioif. — De l'état des enians du priaee souverain de MontbeUIard.
Le prince de Monlbelliard, ne pour jouir de lous les avantages que la souveraine puissance communique à ceux qui en sont revêtus, n'a cependant coulé ses jours depuis long-temps que dans l'amertume et dans les disgrâces. La jalousie du duc de Wirtemberg, l'ambition de la baronne de VEspérance ont excité contre lui les plus rudes tempêtes : victime malheuretise de tant de passions, son rang, son élévation, sa naissance, tout a été compromis.
En vain à la mort de son père la justice de ses droits a-t-elle été publiquement reconnue, en vain les vœux de ses sujets se sont-ils réunis pour son triomphe et pour sa gloire : la violence a consommé l'ouvrage que tant d'intrigues avaient préparé. Ses états sans défense , envahis à liiain armée , prêts à tomber entre les mains d'ennemis dont il avait tout à craindre , à quel sort était'il réservé, si la France ne lui avait ouvert cet asile favorable, qui dans tous les temps a été le refuge des princes malheureux !
Plus iï avait été opprimé ^ plus il a trouvé d'accès auprès d'un monarque protecteur de l'innocence et de la vérité. Ce prince auguste a écouté ses justes plaintes , il a voulu connaître ses droits ; et pour les fixer par une décision qui fût respectée dans toutes les nations, il a
* Cette cause est U GXXXVc de Tancicnae éditloa.