PREMIÈRE PARTIE. Hl^l
$mes prlvilegiees.de s'en garantir. Le duc de Montbelliard ir avait pas reçu un don si précieux; son cœur trop tendre , succomba à une passion naissante que lui avait inspirée Henriette Hedwige, baronne de l'Espérance, épouse du sieur de Senderleben. Cette passioh, qui a subsisté jusqu'à la mort de la dame de Senderleben, arrivée en 1707, n'a attiré à la duchesse de Montbelliard que de faibles disgrâces ; il n'en a pas été de même de celle que le duc de Montbelliard a conçue depuis pour Elisabeth-Charlotte Hedwige, aussi baronne de l'Espérance , sœur de la dame de Senderleben.
Cette nouvelle maîtresse , habile dans l'art de la séduction , plus encore dans le talent de former une intrigue, et de faire jouer des ressorts secrets pour remplir toutes les vues de sa politique , forma le plan de s'élever sur les ruines de l'épouse légitime , et d'occuper un rang qui était acquis par des titres si sacrés à la duchesse de Montbelliard : nouvel ordre de faits dans lesquels on reconnaîtra de quoi est capable une maîtresse ambitieuse , prête à sacrifier à sa grandeur jusqu'aux bienséances les plus sévères.
Si le duc de MontbelUard n'avait point été marié , la baronne de l'Espérance n'aurait trouvé aucun obstacle à ses desseins ; son amant qui lui était livré sans réserve n'aurait rien refusé à ses empressemens ; mais un lien indissoluble de sa nature l'attachait à la duchesse de Montbelliard. Cet obstacle, insurmontable à tout autre, ne rebuta point la baronne de l'Espérance ; le d,uc de Montbelliard' était engagé dans les erreurs de Luther qui admet le divorce : il est vrai qu'il n'est autorisé parmi les luthériens que dans deux cas, celui de l'adultère, et celui de la désertion malicieuse; encore l'action du divorce n'est-elle ouverte qu'à la partie outragée , sans que le coupable puisse s'en prévaloir, ni même acquérir la liberté par la dissolution du mariage que l'autre a provoquée.
Suivant ces règles le duc de Montbelliard ne pouvait pas provoquer le divorce, lui qui ne pouvait rien reprocher et la diirJipssp dp. Month^lliard. Sa conduite pure, innocente , régulière , n'avait jamais été exposée aux plus