COCHIN. TOME II
légers soupçons ; son attachement au duc de Montbelliard avait été inviolable malgré ses infidélités : il n'y avait donc de la part de la duchesse de Montbelliard aucun prétexte au divorce. Il n'en était pas de même , à la vérité, de la part du duc de Montbeluard; mais la duchesse son épouse souffirait avec douceur et avec patience des égaremens dont elle se flattait toujours que le doc de Montbelliard pourrait revenir ; ainsi la sagesse de l'épouse et sa modér^iUon ne permettaient pas de rompre les nœuds indissolubles qui les avaient unis»
Cependant la baronne de l'Esparance, qui ne connaissait d'autres lois que ses désirs, voulut absolument que le duc de Montbelliard fît un divorce solennel avec sa femme, et qu'on y stipulât une liberté mutuelle de contracter d'autres engagemçns. Au défaut des motils que la confession d'Augsbourg autorise , eUe en imagina un nouveau dont jamais on n avait entendu parler dans les sectes les plus lavorables à la liberté : ce lut celui de l'incompatibilité de l'humeur des deux époux.
Le fameux acte de diviurce fut donc dressëet signé le 5 octobre 17 1 4- Le duc de Montbelliard et Anne-Sabine, comtesse de Sponeck, y déclarent qoUls ont eu pendant leur mariage plusieurs enfitnsy dont deux sont encore en vie , savoir Léopoldine^Eberardine et Georges ; qu'à raison de leur disparité d'humem^s y ils se sont volontairement séparés ; en sorte que dès-à-^présent Vun a libéré V autre ^ et se donnent réciproquement la liberté de se remarier à qui, quand et comment il le trous^ra bon. Le duc de Montbelliard ajoute qu'il promet de faire payer à la comtesse de Sponeck 4?ooo liv., monnaie de France par an, à commencer du i**" 'juin 17 1 5, et de lui donner sa résidence dans les châteaux de Montbelliard ou de K^roont , outre les fiefs qu'il lui a donnés , et les allodiaux qu'elle a reçus de lui ; nuds qu'au cas qu'elle vienne à se re/?wa5r/er, elle sera privée de la résidence dans ces châteaux , et de la moitié des 4)000 liv. de pension. Le lendemain, les conseillers ecclésias.tiqaes du duc d^e Montbelliard^ au nombre de n^uf , déclarèrent par un acic oartînilipr^ srp.lléde leurs ''^«>^»*8'*> <{ue J'acte de divorce leur avait été coxl^nuniqué , et
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ou'ils le reconnaissaient juste et conforme à l'intention des deux parties. Cette approbation fut inscrite dans le registre public du consistoire ; on en rapporte une expédition.
La baronne de l'Espërance , qui triomphait alors du
succès de sa politique, ne prévoyait pas que cet acte qui
lui ouvrait la porte aux grandeurs dont elle était éprise ,
' feumirait un ]our à la femme et aux enfans légitimes du
duc de M ontbelUard .des armes si puissantes, oi l'on en
I mouvait croire ajourd'hui les enfans de là baronne de 'Espérance y le duc de Montbelliard n'avait jamais été marié avec Anne-Sabine de Hedwiger, comtesse de Sponeck. Cependant voici un monument authentique dans lequel le duQ>de Montbelliard reconnaît la vérité, la certitude de ce mariage que l'on traite aujourd'hui de iable mal assortie. Les deux parties se séparent comme mariées solennellement , elles se donnent la liberté de se remarier; le duc de Motitbelliard s'oblige de donner \XDA pension et de loger dans son propre château sa femme répudiée; il stipule une réduction de ces avantages, si elle se marie. Est-ce donc ainsi que parlerait un prince qui n'aurait eu qu'un commerce de galanterie avec une fille dont il serait dégoûté ? la vérité de l'engagement ne pouvait jamais éclater par une preuve moins suspecte : c'est dans le temps que le duc de Montbelliard renoncé à la comtesse de Sponeck; c'est dans le temps que tous lés sentimens de tendresse qu'il avait eus pour elle , sont éteints dans son cœur ; c'est dans le temps qu'il est entraîné par le torrent d'une passion aveugle qui le livre à la baronne de l'Espérance ; c'çst dans ce temps, dit-on , que la force de la vérité le subjugue, et quil rend hommage aux engagemens sacrés •qu'il a contractés avec la duchesse sa femme. La vérité pouvait-elle jamais être portée à un plus haut degré d'évidence ?
Cet acte , qui paraissait rendre la liberté au duc de. Montbelliard, ne satisfaisait pourtant pas encore la baronne de l'Espérance. Elle pouvait l'épouFcr , et par-là •légliifiicr lo&ettitma qu'cHe^acvait eus de lui; mais ils ne pojavaient être que les cadets , et la souveraineté devait
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jiëcessairemeût appartenir au prince hërëditalre que Iç duc de MontbelUard avait eu dans le cours de son ma->^ riage avec Anne-Sabine de Hedwiger. Quelle route
S rendre pour les exclure? Il était réservé à la baronne e rEspérance de trouver des expëdiens pour sortir d'un pas si délicau
Pour y parvenir, elle négocia avec le duc de Wirtemberg; elle lui fit entendre que pour se m^ager la succession à la souveraineté de Montbelliard il devait faire reconnaître au duc de Montbelliard que ses enfans étaient incapables de succéder. Mais comme le duc de Wirtemberg, parfaitement instruit de la situation de la cour de Montbelliard, aurait pu appréhender qu'en excluant les enfans du premier mariage, il ne J^i. place aux entans d'un autre que le duc de Montbettiard pourrait contracter avec la baronne de l'Espérance, elle s'engagea de f^ire mettre dans le traité une clause qui interdirait ce second mariage. Le duc de Wirtemberg, flatté par ces propositions, ne sentit pas le piège caché qu'on lui tendait, il s'empressa de conclure le traité. Le duc de Montbelliard fut donc conduit daus les états de Wirtemberg, sous prétexte 4e, prendre les eaux de Wilbade; il y signa le traité qu0 la baronne de l'Espérance avait préparé, et dont il faut tendre compte. Ce traité contient un préambule et neuf articles.
On fait dire au duc de Montbelliard dans le préambule , ms^ jusque-là il n^ avait contrax^té aucun ma-ria^ licite et convenable à son rang et à la dignité de son illustre maison. Ces termes ne doivent point échapper; ils^ renferment encore uae conn^ssance précise que le duc de Montbelliard avait é\^ marié , et jamais.on n'a prétendu qu'il eut contracté d'autre mariage Sue celui qui avait été célébré à Rejouits entre Anneabine de Hedwiger et lui. On ne prétendait donc pas révoquer ce mariage en doute ; mais on voulait , sous prétexte de l'inégalité de la condition de la mère, faire
encore.»en les confondant avec les autres enians qu'il
avait eus des deux baronnes de l'Espërance. Oii fait donc ajouter au duc de Montbelliard, qu'iY a^fait trois sortes d'enfans, lesquels ne pourraient pas non plus aspirer à la succession de la comté de Montbelliard et des seigneuries en dépendantes , qu'à prétendre à quelque apanage ; ce qui l'a engage à faire les plus vives instances au duc de Wirtemberg , comme successeur légitime de Montbelliard , pour pourvoir à leur subsistance , sur quoi les deux princes sont convenus de ce qui suit :
Par le premier article j le duc de Montbelliard promet de ne rien entreprendre directement ni indirectement , qui puisse faire préjudice au duc de Wirtemberg pour la succession au comté de Montbelliard.
Par le second, on fait répéter au duc de Montbelliard, que n'étant pas nuirié conformément à son rang, et n'ayant point, par conséquent , d'héritiers légitimes ou descendan& capables de lui succéder, il donnera les ordres nécessaires à ses conseillers, pour qu'aussitôt après sa mort le duc de Wirtemberg soit reconnu dans, toutes les formes seul héritier de la princî^uté de Montbelliard, et des neuf seigneuries qui en dépendent.
Par le troisième ^ le duc de Wirtemberg s'oblige, aussitôt qu'il sera possesseur paisible de la succession de Monthelliard, départager 12,000 florins du Rhin, en titre de fief tëminin , entre les trois sortes d'enfens engendrés de différentes façons parle duc de Montbelliard; savoir ,4,000 florins à madame de Sponeck et à ses deux eniâns, 4^000 florins aux cinq enfans de défimte Henriette Hedwige baronne de l'Espérance, Ct4)000 florins à Elisabeth-Charlotte baronne de l'Espérance, aux deux eu&LViS qu'elle a eus avec le duc de MontbeUiard , et à ceux qu'elle pourra en avoir encore. Il n'y a personne qui ne soit indigné de, voir confondre dans la même disposition les enfàns légitimes que le duc de Montbelliard avait eus de la duchesse de Montbelliard pendant son mariage, avec les enfans adultérins qu'il avait eus des deux baronnes de l'Espérance. Mais la baronne de l'Espérance qui voulait exclure les premiers de la succession de Montbelliard, croyait qu'elle ne pouvait mettre
Zlfi OEUVRES DE OOCHIN.
trop d'ëgalhé entre eut et les sieiis. Sqii plan était de les dégrader du moins quant à la capacitëde succéder; et elle ne pouvait mieus; y parvenir.
Par le quatrième , on réserve au duc de Wirtemberg la seigneurie directe de ces fiefs, avec retour de la sei-^ gneurie utile, en cas que les uns bu les autres des vassaux vinssent à mourir.
Par le cinquièpie , le duc de Wirtemberg promet de protéger et de maintenir lesdits enfans, tant qu'il y aura un vassal de chaque part.
Par le sixième , il est dit que si le duc dé Montbelliard survivait à la baronne de l^spérance avant la mort de laquelle il promet de ne se point marier, et qu'il vînt ensuite à se marier conformément à son rang , et à avoir des enfans mâles légitimes , en sorte que , de quelque manière que ce fût, le duc de Wirtemberg ne succâât pas à la principauté de Montbelliard,. il ne sera tenu à aucun des engagemens qu'il vient de contracter.
Par le septième, le duc de Wirtemberg consent que le duc de Montbelliard fasse élever ses enians à la dignité de comtes de l'empire.
Les deu)L autres articles ne contiennent que des réserves générales des droits du duc de Wirtemberg , et la promesse d'exécuter fidèlement le traité.
A là lecture de ce traité , il n'y a personne qui ne soit saisi de la plus vive indignation contre ceux qui en ont été les auteurs. On y profane ce qu'ily a de plus augusiCi la religion, les mœurs, l'honnêteté publique. D'un côté, on avuit la dignité du mariage, sous prétexte que la femme n'est pas d'un rang aussi élevé que son mari. On affecte de la confondre avec des concubines; on dépouille le fils, l'héritier d'un souverain, pour lui donner, à titre de grâce de modiques alimens. D'un autre ^ on érige des trophées à l'adultère; on le récompense, et dans les fruits malheureux qu'il a produits , et dans ceux qu'on en espère pour l'avenir. On resserre les nœuds criminels qui unissaient le duc de Montbelliard à la baronne de l'Espérance. Réduit à la dure nécessité de p« pouvoir se marier pendant qu'elle vivra , il se fait une espèce de loi du crime et de la débauche. Est-ce donc
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dans un traite , honore par la signature de deux souveraine 9 que Ton devrait trouver des conventions qui révolteraient entre les personnes les plus obscures? Renrdons à leur caractère le respect qui leur est du , et recennaissons que tant d'indignités ne sont l'ouvrage que d'une femme qui avait intérêt que le crime fût couronné dans sa personne.
Toutefois dans ce tisaité si scandaleuiL , le prince de Montbelliard trouve une preuve d'autant plus décisive de son état , qu'elle lui est fournie ^ar ses plus cruels ennemis ^ et dans un temps où ils déployaient tous les res- ' sorts de leur politique pour l'accsîbler. On n'a point osé y soutenir qbe le duc de M ontbelHard n'eiit point été marié ; on aurait révolté les états de Montbelliard et de Wirteraberg, témoins d'une vérité que vingt années de possession avaiem afiermie ; on aurait révolté l'Allemagne entière > que les mohumeiis de l'histoire fen avaient instruite. On aurait démenti ce que le traité de divorce de 1714 venait de confirmer solennellement. On se contente donc.de dégrader eè mariage, en disant c^vl il n'est' pas convenable au vangetà la dignité de la maison de Wivtemberg. Mais soutenir qu'un mariage est iné^ gai, c'est le reconnaitte; et cela suffit au prince de Montbelliard : car^ outre qu'il ne s'agit dans la cause présente que de sa légitime seule , et non delà capaciâ de succéder , c'est que , dans ce dernier objet même , il sera toujours facile aétablir que les auteurs du traita de Wilbade ont violé les règles les plus constantes.
Aussi les ministres du duc de Wirtettiberg, persuadés eux-mêmes que ce traité était un titré bien fragile pour assurer à leur maître la succession de Motntoelliard , crurent-ils devoir preiidre les plus grandes précautions pour affermir ses espérances. Le 29 juillet I7i5^ ils exigèrent de la duchesse de MontbeUiard et de sefe deux enfans , une ratification du traitiS de Wilbadé , et en particulier du prince héréditaire une cession de ses droits au duc de Wirtemberg. Les termes de cette cession sont trdp importans pour iie les pas rapporter exactement : Nous donc , si nous pouvions ou devions avoir quel^ que droit audit comte et seigneurie de Montbelliard^
OU in puncto successionis, ou par accàmmodeifiênt ^ apanage ou alimentation ^ nous le cédons , après une mûre délibération ^ le transférons et remettons par cette à S. ^It Sér. Eberard-LouisD. de TVirtemberg.
La duchesse de Montbelliard, sous le titre de comtesse de Sponeck, est seule en qualité dans cet acte avec ses deux enlâns, ils y parlent seuls et font seuls cette cession, dont on sent assez la conséquence. Cependant la baronne de FEspe'rance, toujours attentive à confondre ses enfans avec ceux du duc et de la duchesse de Montbelliard, a trouvé le secret de signer dans la suite un acte qui lui était absolument étranger, pour s'appliquer cette. cession, qu'on ne lui avait jamais demandée, et qu'on n'avait jamais eu intérêt de lui demander, puisque , de son propre aveu , ses enfans , n'étant pas légitimes , n'avaient aucun droit à prétendre ni à céder.
Enfin pour tranquilliser, s'il était possible, le duc de Wirtemberg et ses ministres, on ajouta encore une nouvelle précaution à celles qu'on avait prises. On fit venir le prince héréditaire de Montbelliard à Louisbourg, maison de Plaisance du duc de Wirtemberg, où on lui fit faire un serment solennel d'exécuter le serment de Wilbade , et la ratification qu'il en avait faite le 29 juillet précédent. Lui seul faisait ombrage au duc de Wirtemberg ; c'est a lui seul aussi que l'on en veut par tant d'actes différens : traité de Wilbade au mois de mai , ratification au mois de juillet, serment au mois d'octobre. Que de précautions superflues , s'il n'était qu'un .enfant naturel, né dans le sein de l'obscurité et de l'infamie ! Mais aussi que de précautions impuissantes contre un enfant légitime , dont les droits inviolables ne peuvent jamais devenir la proie de l'ambition et de l'avidité!
La baronne de l'Espérance étant parvenue à consommer ainsi le projet odieux qu'elle avait formé contre la duchesse de Montbelliard et contre ses enfans , ne pensa plus qu'à s'élever au rang dont elle se flattait de les avoir toit descendre ; l'empire qu'elle avait sur le cœur et sur l'esprit du duc de Montbelliard lui rendait tout facile : elle parvint donc à l'épouser au mois d'août 1718- La cour de Wirtemberg fut fort offensée d'un mariage qu'elle
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regardait comme une infraction du traite de Wilbade. Ses plaintes- firent faire de sérieuses réflexions au duc de Montbelliard. Il comprit enfin quHl avait été }oué, et crut ne devoir rien négliger pour réparer les fautes qu'on lui avait fait conunettre. C'est ce qui va fournir au prince de Montbelliard, dans une troisième époque^ les titres les plus solennels et les plus respectables contre l'injure que lui font aujourd'hui les enfans de la baronne de l'Espérance.
Le auc de Montbelliard, revenu de l'aveuglement dans lequel il avait été plongé pendant quelques années |^ n'imputait qu'aux ministres de Wirtemberg les fausses démarches qu'on lui avait fait faire. U ne comprenait pas que la baronne de FEspérance avait été le véritable auteur de tant d'intrigues et de tant d'artifices. D'ailleurs, il était trop engagé avec elle par le mariage qu'il avait contracté, pour pouvoir reprendre la duchesse de Montbelliard. U crut donc devoir rendre justice au prince héréditaire son fils, sans attaquer cependant l'état des enfans auHl avait eus de la baronne de l'Espérance ; mais, quoiqu il les ait tous annoncés dans la suite comme enfans légitimes, nés de deux mariages, qui ne se faisaient point d'obstacle l'un à l'autre , il est toujours certain qu'il a reconnu la vérité du premier de la manière la plus solennelle ; let ce point important est ce qui doit fixer ici toute l'attention de la justice.
Au mois de mai 1 7 1 g , le duc de Montbelliard obtint du roi des lettres de naturalité pour les deux enfans qu'il av|jt eus de son mariage avec Anne-Sabine de Hedwiger, duchesse de MontbeUiard. qui furent qualifiés dans ces lettres y prince et princesse y cousin et cousine de sa majesté. Elles furent enregistrées suivant les formes qui s'observent en France. Le duc de Wirtemberg, instruit de cette démarche, demanda au roi le rapport de ces lettres en ce qui regardait les qualités données aux enfans du duc de Montbelliard.
Plus le duc de Wirtemberg voulait abuser du traité de Wilbade, plus le duc de Montbelliard se déterminait à rassembler-toutes les preuves qui pouvaient concourir pour mettre la vérité de son premier mariage dans tout
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son jour. Le i6 janvier 1720 il donna une commissioli signëe de sa main à deux de ses conseillers, pour faire déposer le sieur NanMn sur la connaissance qu'il avait de cemariâge, dont il avait ëtë ténoin oculaire- Le 17, Nardin déposa devant les deux coitimissaires , et rendit cmnpte de toutes les cii'constatices du mariage cëlébi^à R^éjouits le premier juin lôgS, auquel il avait assiste en personne.
Le duc de Montbelliard , muni de l'acte de célébration que le ministre Fuchs lui aVait délivré le premier juin ^6g5, n'avait pas besoin d'un autre monument pour établir la certitude de son engagement avec la duchesse de Mbiltbelliatd 5 cependant comme il ne doutait point que ce ministre n'eût fait mention du mariage dans ses registres , et que la preuve tirée ,des registres pouvait encore donner uft nouveau degré de certitude à cet engageaient solennel , il donna le 17 juin 1720 une proûi^ràtiou àu prince héréditaire soii fils pour aller en Pologne ^ et se faire délivrer par le miriisirè de Réjouit» toutes les preuves qu'il pourrait lui adipinisU'er. Le prince héréditaire ne put pas s'y rendre^ en personne, il chargea de celte comiiiissiôn le comte de Coiigny son beaû-frère. Le comte de Goligny se rendit donc en Pologne, et s'étant adressé au sièur Ck)kh, ministre de Re- )ouits , et successeur du sieii^ Fuchs , on trèuva que le sieur Fuchs avait effectivenlent écrit sur les registres de cette église le mariage qu'il aVait célébré le premier juin 1 6g5 j mais qu'il Ile l'avait écrit que dans le mois de novefiibre de la méiiie année. •
La circonstance était fort indifférente , non-seulement parce que le tnariage est daté dans le registre du premiér juiîi 1696 j mais encore parde que, quand on le supposerait du mois de novenAre de la même année, U n'assurerait pas moins l'état de la mère et des enfans. Le comte de Coiigny demanda donc au ministre Cokh un extrait de l'acte de célébration inscrit sur le registre , qui lui ftit déhvré en ces termes, le 3 juillet 1720 : Ânno 1695, JbL 3o^ n° 9^ n. B. /*. Junii copulati sunt etiatn in templo Rejovicensi, binœ hue ^ententes personcBy amèo evangeîicœy équités ambo hue njene--