‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 92 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de l'ëtat d'un prince éiran^er, marié en Pologne où cette forme subsiste; ainsi Ion ne peut s'empêcher de reconnaître l'autoritë de cette enquête, tant dans la forme, que dans la force des preuves qu'elle renferme.

Toutes ces recherches qui confirmaient de plus en plus l'état de la mère et des enfans , ne partaient pas , comme on le suppose, du crédit de la duchesse Anne-- Sabine, que le duc de Montbelliard ne regardait plus que comme une femme répudiée. Il aurait été nien singulier que son époux qui l'avait abandonnée pour se marier à la baronne de l'Lspérance, eût été susceptible des impressions que la duchesse Anne -Sabine aurait voulu lui donner; aussi , loin de la traiter avec plus de ménagement qu'il n'avait fait depuis 17 14? il lui ^^ passer un acte le 3o novembre 1720, qui fournit de nouvelles preuves dej'éloignement qu'il avait pour elle.

Cet acte contient d'abord une reconnaissance et une confirmation du divorce de 1714- On ajoute que la duchesse Ânne-Sabine avait joui depuis ce temps-là de la pension qui lui avait été réglée alors , et avait même touché une partie du capital , en sorte qu'elle n'avait plus que 2,000 liv. de revenu à prétendre ; pourquoi le duc de Montbelliard lui abandonne le château Seigneurial d'Hédeourt pour son logement , et le revenu de cette terre pour sa subsistance , et pour lui tenir lieu de douaire; ainsi î^ éloignait sa femme de Montbelliard , et la confinait dans un château éloigné, comme un témoin dont la seule présence lui reprochait sans cesse son infidélité. Mais par un retoift heureux que la providence a ménagé, tout ce qu'il faisait contre elle ne servait qu'à affermir son état, et celui du prince héréditaire son fils.

Il n'est pas indifférent d'observer que cet assignat de douaire .est signé par le duc Christian^ Ulric de PTiV" temberg^Oêls y c'est-à-dire, chef d'ime des branches de la maison de Wirtemberg , qui a reconnu la duchesse Anne-Sabine pour femme légitime du duc de Montbelliard, qui a recpnnû le divorce de 17149 Q^i 1'^ lui-même confirmé, et qui par-là a désavoué les idées que lés en- &ns de la baronne de l'Espérance veulent aujourd'hui donner de ses sentimens.

254 OEUVRES DE COCHm.

Cq n'est pas dans cette seule occasion que la branclie <le Wirteniberg-Oëls a rendu à la duchesse Sabine et à ses enfans toute la justice qui leur était due. Dès 17199 l'épouse du prince héréditaire était accouchée d'une fille; elle fut baptisée dans Féglise de Montbelliard le 28 dé- .cembre , comme fille de leurs altesses sérérUssimes Georges - Léopold et Eléonore- Charlotte née comtesse de Coligny , et eut entre autres pour marraine son altesse sérénissime Eléonore - Charlotte douairière y duchesse de fVirtemberg'-Oëls. En 172 1 , cette princesse fut encore marraine de Léopold^Christian ^ fils du prince et de la princesse héréditaires , et en 1722 ihc prince Gedtges , dont la princesse héri^itaire ac- >coucha le 1 5 janvier , et qui fiit baptisé le 2 1 du même mois.

Quoique le nom de la duchesse de Wirtemberg-Oëls soit employé dans ces difiG^rens actes de baptême , il ne faut pas croire qu'eUefût présente en personne à Montbelliard. L'usage dans les grandes maisons de l'empire est de donner aux enfans un grand nombre de parrains et de marraines ^ quoique absens , et de leur en faire part , comme d'un honneur que l'on attend de leur amitié. Ce fut ainsi que l'on se conduisit pour les en&ns nés en 1721 et 1722; mais cette circonstance , loin d'affaiblir les monumens dont on vient de rendre compte , ne servira qu'à confirmer l'attachement que la ducbésse de Wirtemberg-Oëls faisait éclata: pour le prince héréditaire de Montbelliard.

La princesse héréditaire ftant accouchée le 4 février 1721^ le prince son époux en fit part à la duchesse d'Oëls qui était à Vienne , et la pria de trouver bon qu'elle iiït marraine de l'enfant. Elle lui répondit de Vienne le 1 5 mars de la même année , en ces termes :

Sérénissimb Prince, très-*cher cousin, fils, compère et seigneur, nous asH^ns appris par votre agréable lettre, a/^^ec une joie et une satisfaction , que la séré^ nèssime princesse et dame, dame Eléonore'Charlotte duchess^ de FFirtemberg et Thek, comtesse de Mont'belliardy née comtesse de Colignjr, notre très^aimée

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