‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 99 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

picion contre le divorce, est précisément celui qui administre la preuve la plus forte de la since'rité et de l'exactitude de sa date.

Le complot imaginaire que les enfans de la baronne de FEspérance placent en 1719 , et qui est tout le fondement de leur système , choque donc ouvertement la ve'rîte' et la vraisemblance. On n a pas pu fabriquer en 1 720 un acte de célébration entièrement écrit et signé de la main d'un ministre mort quati'e ans auparavant; on n'a

{>as pu concevoir l'idée d'appliquer au duc de Montbeliarci un acte de célébration qui lui aurait été étrangei*, et le hasard n'aurait pas pu favoriser une idée si extl'avagante; enfin on n'a pas pu fabriquer un acte de divorce signé dès 1714 par onze personnes, et dont le traité de Wilbade de 1716 n'est que l'exécution. Mais si en 171 9 on n'a rien fabriqué, rien imaginé de nouveau, si l'on s'est contenté de déférer à des titres anciens et respectables , le mariage et le divorce sont donc également constans, l'état du prince de Montbelliard est inébranlable; et tous les actes par lesquels on l'a reconnu si solennellement , sont donc au-dessus de toute critique , et achèvent de confondre les enfans de la baronne de l'Espérance.

Possession publique. — Enfin la possession publique de la duchesse de Montbelliard et dti prince liéréditaire son ôls formerait seule une preuve suffisante du mariage. D'abord la duchesse de Wirtemberg- Oéls, sœur du feu duc de Montbelliard , a déclaré par plusieurs actes , qu'elle était parfaitement instruite du mariage de son frère avec Anne -Sabine de Hed- MÎger, qui était auparavant sa demoiselle d'honneur. Elle a fait baptiser le prince son neveu en 1697 P^'' ^^ sieur Opfergelt son ministre ; elle a écrit une foule de lettres , tant à la duchesse de Montbelliard sa belle-sœur, qu'à Georges-Léopold prince héréditaire, son neveu, en leur donnant les titres de prince et de princesse qui leur convenaient; elle a fait au prince son neveu une donation considérable en cette qualité; elle a été marraine de plusieurs enfans du prince héréditaire.

Le duc Christian-Ulric de Wirlemberg-..Oëls a suivi (Cet exemple ; il a signé l'assignat de douaire fait à la du-

chesse de MontbeDiard le 3o novembre 1720, et a re-» connu le divorce de 1714? q^i y est rappelé; il a été parrain de plusieurs enl'ans nés dû mariage du prince et de la princesse héréditaires , il leur a écrit à Tun et à Tautre sous le tilre d'altesses sérénissimes.

Le feu duc Georges , aïeul du prince de Montbelliard , a reçu la princesse de Montbelliard dans son château comme sa bru , il lui a donné un appartement , elle mangeait à sa table ; et retenu par un lien si sacré , il n'a point pensé à marier son fils, ce qui aurait fait l'unique objet de ses vœux , si son fils avait été libre : au contraire , la princesse de Bade-Doiu'lach lui ayant été prop(»sée , il a été obligé de refuser une alliance qui lui aurait été si précieuse j pour ne pas faire tomber son fils dans le crime de polygamie. C'est ainsi qu'il s'en est expliqué à une personne qui l'a déposé sur la foi du serment.

Pour le duc LéopoldrElberard , il a toujours reconnu Anne-Sabine de Hedwiger pour sa temme légitime , il vivait publiquement avec elle en cette qualité; leurs enfans ont été élevés publiquement sous leurs yeux, à la face de la cour et des peuples de Montbelliard. Si depuis la passion l'a entraîné vers d'autres objets, loin de désavouer l'engagement sacré qui l'unissait à la duchesse sa femme , il l'a reconnu et confirmé dans tous les temps. Les efforts qu'il a faits pour le dissoudre par le divorce de 1 7 1 4 ? font connaître en même temps et la vérité du mariage , et la sincérité qui a présidé à un aveu si public j puisque c'est dans le feu d'une passion étrangère qu il a donné un témoignage si honorable à ses premiers nœuds. On n'a pas pu obtenir de lui dans le traité de Wilbade, qu'il trahit une vérité dont il était si pénétré; les droits de ses enfans ont été sacrifiés; mais leur état est demeuré hors d'atteinte : enfin il leur a rendu tout l'éclat dont il les avait si injustement dépouillés.

Mais que peut-on ajouter, aux caractères de possession que nous fournissent les historiens d'Allemagne dans un temps non suspect? Dès 1712 on voit paraître un ouvrage imprimé a Hambourg, qui publie que Léopold- Eberard, duc régnant de Montix^lliard, a épousé mademoiselle de Hedwiger, et qui parle des quatre enians

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