XXXIV DISCOURS PRÉLIMINAIRE
institution par laquelle les homm^ de tous les rangs fionj; désormais appelés à une destinée publique; la tribune réclame tous les genres d'éloquence, et surtout cette haute éloquence qui, s'appliquant à la science du gouvernement, élève Téritablement l'orateur jusqu'à par^ tager les plus hautes prérogatives sociales. Mais qud que soit l'élan donné par ce mémorable changement, il restera . toujours au Palais un grand nombre d'aSaires dont le cercle étroit ne permettra pas l'essor de la haute éloquence , et un nombre d'hommes sages qui tëront de la défense des droits privés leur tuiique étude , et leur unique ambition. Pour ces derniers , Cochin sera toujours un modèle; quant aux autres, ils trouveront encore de dignes sujets de méditation dans les Œuvres nombreuses de cet avocat" justement célèbre^ - Les plaidoyers et consultations de Coehin , nous paraissant devoir être étudiés plus particulièrement par les personnes qui se dfBstinent exclusivement au harreau , nous avions eu d^abord le projet, en parlant de ses ouvrages, d'analyser plusieurs plaidoyers , et de iaire connaître la position des principales causes contenues dans la collection; mais nous nous sommes aperçu que ce genre de critique sortait des limites d'un discours préliminaire , et tendait à faire connaître les élémens les plus intimes de notre jugement personnel sur des éc^ls jugés depuis long-temps par le suffrage unanime de la postérité ; ncms nous sommes borné d'après cette réflexion, à parler de tout ce qui est extérieur aux Œuvres que nous publions , en renvoyant à la lecture de ces Œuvres , pour l'appréciation de la méthode et du style par des applications spéciales à tel ou tel sujet; -nofus
DlSCiWJÎtS PRÉtlMfNAlRE. XXXV
croyons avoir jen^U cette tÂdie en ce qui touche les causes qui ont pour ol^et tes madère civiles, féodales ^ ou bénëficiales y il nous sieste à parler des causes criminelles et des transactions.
H sera Êicile de remarquer en lisant les OEuvres de Cochin j qu'il s'est rarement occupe de la de'fense des procès criminels ; à l'eJE^eption de deux ou trois causes dans lesquelles il rédigea d^ mémoires , on voit qu'il resta tout-à-fait étranger à ce genre ^e débat. La cause de ce silence doit être attribuée à la forme des instances judiciaires en matière criminelle : au commencement an siècle dernier, les écrits des Servan, des Beccaria^ n'a* vaient pas encore amené les améliorations qui se sont Eûtes depuis cette époque ; l'institution du jury n'avait pas encore inspiré ledéfenseur endonnant toute latitude à sa détense. En sorte qa'auoun succès public dan* cette partie de la carrière du barreau ne fut possiJ^le à notre auteur^ nia ses successeurs immédiats; long-temps encore après eux, il fallait parler d'un événement important, et s'écarter des routes ordinaires de la défense pour oser soutenir la cause d'un accuse; aujourd'hui tout homme peut défendre un autre homme sur le banc des accusés; mais alors non-seulement tout homme n'était pas admis à l'exercice de pe droit , mais les avocats eux-mêmes étaient obligés de comprime^ leur défense devant un petit nombre de magistrats, hors la pré* sence du public : aussi avons - noua peu de plaidoyers au criminel qui méritent le suffrage de la postérité ^ les plus beaux monumens de l'éloquence appliqués à ce besoin de la société, appartiennent à des hommes étrangers au barreau, ou animés d'un sentiment puis-
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XXXYIH DISCOURS PRÉLIMISfAlflE.
procurent 1«6 bonnes actions lorsqa^Hes supposent en même temps la vertu et le génie ; éloquent et sage il' vécut entouré d'admirateurs et d'amis. '
ŒUVRES
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