‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 4)Chapitre 31 sur 35 · EXTRAIT «UR LEQUEL A ÉTÉ PRONONCÉ LE PLAIDOYER · texte numérisé non relu

EXTRAIT «UR LEQUEL A ÉTÉ PRONONCÉ LE PLAIDOYER

Uif rapt de séduction , consomme' par un rapt de violence, esrie premier et le principal pbjet des plaintes que Iç sipur Baudy défère a la justice.

11 est datant plus obligé a en poursuivre la vengeance, qu'à la nécessité dfe maintenir son autorité méprisée, se joint un autre objet encore plus intéressant,

* Arrêt du 19 décembre i^SS en faveur du mémoire.

• Cette cause est la XXXIV» de Tancienae édition.

prbmièré partie. 4^7

l'intérêt de sa fiBe qu'il 9 le mallieur de voir courir en aveugle à sa perte , par la plus funeste de toutes ies alliance^

^ Les autres incidens qui entrent dans cette affçdre, sont aussi dignes de votre attention; f

I^âtons-notrs de vous en exposer les véritables circonstances 5 et vous verrez qu'u n'y eh a poî|it de plus intéressantes pour la société. ^ ,

Famille honorable du sieur Baudy.

Depuis près de quarante ans avocat du roi de Châtellerault. Commissions particulières. •

On parle de plaintes , mais abandonnées , parce que sans preuves, c est faire son éloge au lieu de le décrier,

1607, mariage avec Louise Contahcin. ^

Dot , 5,000 livres.

Depuis, 12, 5oo livres par partage. .

" 3 1 décembre 1 687, donation dés meubles , acquêts ,' et tiers des propres , suivant la coutume de Poitou.

Faculté aux héritiers du pr^écédé de conserver. la propriété , en laissant jotiir de tout.

(Jinq enfans :•

René Baudy, procureur du roi eii Fékction.

Louise , mariée à M*' Tranchand J avocat à Poitiers.

Renée , religieuse à Châtellerault. * ^

Jean-René Baudy, non encore établi.

\Mari&-Aniie Baudy, qui estmalhet£reusementla*eause de la douleur de*son père, et de tout le troublé de sa famille.

René et Lbuise, lors de leurs mariages*, i5,ooo liv. chacun."

Dot à' la religieuse.

R en restait deux à pourvoir. '

Tendresse du père pouf sa fille. Retour de respect et d'attachement.

Ce concert heureux subsisterait encore sans les tentatives de Papillault.

1726, accompagne ehez I9 daine Raudy une demoiselle de ses amies qu'il recherchait en mariage.

Ces recherches devinrentinutiles , parce que Ton connut son caractère et Tétat de sa fortune.

4^8 OEUVRES BÇ CO€yBII«r.

21 octobre 1724, JeUre du pfere, Moh scélérat àe fils y etc. ^

Lettres de change en grand nombre en 1727, 1728 et 1729. Sentences daft o^nsuls de Poitiers,. de Touk et de Paris pour 25,ooo liv.

22 juillet 1729 , ëcrou à Paris , à la r^uéte du sieur Ro^gep, directeur gëne'ral desydomames de Poitou.

29 septembre 1718 , de'cret d'ajournement personnel à la 'requête de Jean Roux , laboaretu*.

l4: février 1730 , de'cret de prise de corps par le lieut^ant général de Loudun , en vertu d'un renvoi de la cour.

Tel est le personni^ge qui, éoartë de la maison dans laquelle il voulait .§e marier , chercha à se procurer un asile dans ta maison du sieuii Baudy.

Il était né le 25 octobre 1701 , ainsi il approchait de la fin de sa vi^gt-cinquième année.

La demoiselle Baudy, née le 2/4. décembre 1702 , n'avait |)as encore vingt-quatre ans.

Défenses du père. Le coeur de la fille était déjà séduit. Entrevues secrètes.

17 juin 1726 , mise dans le couvent de ChâteUerault.

Dans cet asile sacré , la passion et la séduction trouvèrent des protecteurs ; une religieuse n'eut pas honte de «e prêter à fomenter l'une et lautre. Vouis en verrez dansJa suite des preuves bien senâbles. ^

Lettres rendues. *

Entrevues ménagées.

oe fait donner la ipi de mariage , et ils commencent

a se traiter comme unis pan le sacrement , au mépris de

1 autorité d'un père. Vous allez biemôt voir, messieurs,

la preuve de ce Fait dédsitdans des pièces non suspectes.

Le père fut averti trop tard de ï'inutiUté de ses mesures. >

s t; ^^^ ^^^^^ ^^ fille.du couvent, et l'envoyer chez sa sceur à Poitiers.

Alarme des séducteurs.

1 5 et 27 juin 1727, neuf lettres écrites par Papillault, majeur, à la demoiselle Baudy, mineure.

00 juin 1727, sortie dû couvent, conduite chez k

PREMIÈRE PA.RTIÉ. 4^9

dame Tranchand. La séduction plus forte que toutes les précautions.

4 juin 1728, misé aux*Ursulines de Poitiei^s.

10 juin 1728^ sort du couvent, et vient à Châtellerault descendre chez la dame Desroches , sa cousine ; le père va trouver sa mèce, et se* plaint de ce que sa fiUe ne vient pas chez lui.

Pron>esses cepéndanttju'elle fie verra pas Papillaultr

Le père instruit, déclare qu'il ira prendre sa fille le 21 au matin. ^

21 juin i'7a8, Papillault*, averti par les servantes die ma partie , se dispose à \me résistance oftvene dès le grand matin chez la dame Desroches.^

S'enferme dans un cabinet; le nommé Rolland dans im autre.

Le père qui né s'attendait à rien, seul, sans armes, sans bâton > nomme âgé.

Remontrances ; veut emmener. -

Papitlault et Rolland sortent bâton levé, épéenue, etc. . Elle est emmenée.

22 juin , plainte de ma partie.

23 au 24 9 fait descendre la demcnselle Baudy psur une ienêtre, et l'enlève. ^

24, -seconde plainte de ma partie.

Décret de prise de corps contre tes deux servante^.

4 guillet , troisième plainte de ma partie ; rapt de séduction.

7 juillet , décret de prise de corps contre PapiDault «t Rolland.

Procédure. Appel en la cour ; charges et intbmations apportées.

6 septembre 1728, arrêt qui reçoit appelant, joint les défenses à l'appel.

Procédure monstrueuse du sieur Fumée pput dâruire Tarrét.

16 septembre, Rolland se met en prison.

Interrogatoire.

Requête à fia de liberté.

Oroonnanee qui l'élargit, sans avoir ordonné la communication de la requête. ^

43o OEUVRES DE GOGHIN.

4 novembre 1728 , pareille manœuvre de PapiUault.

Se met en prison.

Interrogatoire : requête a fin de liberté.

Ordonnance, qu'elle $^a coiûmuniquée à partie pour y répondre, et cependant que PapiUault sera ëlargi.

Appel paF ma psy^tie de ces deux ordonnances.

Procédure sous le nom de la demoiselle Baudy.

29 juin 172.89 cÎBq jpurs après son eqlèvement, lettre assez tendre pour dâa père , mais entêtée pour Pa-

pillaulv

^1^^ .juillet, plainte en la cour : arrêt qui permet d'informer. .* > . . .

^9 juillet 1 728 , requête deoïna partie , contenant opposition.

19 mai 1729, requête d'intervention de la demoiselle Baudy.

Trois objets.

I®'' L'appel de "PapiUault et des servantes. 2® Mon appel des sentences (f élargissement. 3® Intervention et demandes de la demoiselle Baûdy.

1° Appel de PapiUault insoutenable.

Préjugé par le refus des défenses sur 1^ charges et in£»rmation$.

Au fond , troi& crimes compliqué». ,

Premier crime, rapt de séduction par les lettres et par les inforpaations. •

Séduire une Ynineure , c'est la révolter contre son père ; Im £ûre prendre un engagement -dans le temps qu'elle n'a encore aucune liberté de choix ; la faire livrer de cœur et de volonté à son séducteur , en sorte qu'elle n'écoute plus ni conseils ni remontrances.

GoquUk, sur l'article 1^2 de l'ordonnance de Bltis-

Second crime , assassinat prémédité.

Informations. «

Troisième crime , rapt de violence. .

2^ Appel de ma partie , fo^dé,sur deuac mogfi^s.

Fumée , personnage nouveau dans cet^ affaire 9 ^'" nemi de ma partie , en procès.

PKKàîIÈRB PARTlt. l^'5l

Je n'ai pas du le récuser. À élargi avanl que j'aie su qu'on s'était adressa à lui- é

Second moyen. Contravention à l'artic^ 22 du titne 10 ^ Tordonnance de 1670. * ,.

Aucun prisonnier pour crime ne pourra être élargi, encore qu'il^ se fut rendu oiolo^tairentent pri*^ sonnier, sans avoir (uw les infbrmatiofis , Vinterrot gatotre , les conclusions duprocurour du roi y et les réponses des parties civilçs^ s'il/ ena^ qu somma" tions de répondre. ,. .

Arrêt du i*^*" février dernier, pour Cantillon.*'

3^ Intervention et demande de la demoiselle Baudy.

i^'' juillet 1728 , arrêt qui permet d'informer.

Procédure récriminatoire.

J'avais rendu plainte dès les 22 et 24 juin.

Le ravisseur se. sert de son nom. Lettre du 29 juin.

Point de corps de délit. -.*

La question de rapt préalable à la liberté de se marier.

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