‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 4)Chapitre 33 sur 35 · SIRE · texte numérisé non relu

SIRE

François d'Aldebert, comte de Seveyrac, résidant en son château de Seveyrac en Auvergne, remontre très-humblement à Votre Majesté , que dame Marie de la Vernède d'Auriac son épouse , ayant recueilli postérieurement à leur mariage la succession du sieur comte d'Auriac son frère , qui est pour elle im bienparaphernal , dont elle a la disposition , suivant la coutume d'Aur vergne , pour les biens qui s'y trouvent situés , a quitté la compagnie du remontrant son mari depuis le mois de lévrier 1732 et s'est retirée en la ville de Paris, sans autre raison que pour vivre avec plus de liberté et dans une entière indépendance , et pour se hvrer à des jeux excessifs et à des dépenses considérables.

Le remontrant lui a fait faire plusieurs sominations juridiques de se remettre avec lui , et cependant de se retirer dans un couvent indiqué par l'évéque diocésain. Il a même obtenu sentence en la sénéchaussée d'Auvergne à Riomle 10 juin 1733, qui l'a ainsi ordonné ; en conséquence de laquelle le sieur évêque de Clermont lui a choisi et indiqué le monastère oes religieuses de la Visitation de Clermont. Mais toutes ces démarches n'ont produit aucun effet : elle persiste dans son obstination , et cependant les enfans dont il a plu à Dieu de bénir leur mariage restent sans éducation , et leurs afiaires domestiques dans un dérangement total , par les dépenses excessives que cette séparation occasione.

A ces causes, SIRE, plaise à Votre Majesté interposer son autorité souveraine, pour obliger ladite dame Marie de la Vernède d'Auriac de se remettre en la compagnie du remontrant, ou de se retirer dans le monastère indiqué par Févêque de Clermont , ou dans tel autre qu'il vous plaira. Le remontrant continuera d'adresser ses vœux au ciel pour la prospérité de son règne.

Copie de la lettre écrite par monsieur l'èrêque de Saînt-Flofir à moiirieiir farchevéque de Paris, le i5 novembre lySS.

MONSEIGNEOB 5

Je Tiens tous témoigner ia sensibilité et la joie que je res* ^njs, ajant appris Tétat de Totre bonne santé, par M. Tabbé Bealy qui m*a pareiUe méat informé <|ue tous aTÎez eu la bonté de loi demander de mes nouvelles^ dont je suis très-reconnaissant. Trouvez bon, monseigneur, que >e me serve de cette occasion , pour TOUS représenter que madame de SeTeyrac 9 qui est de mon diocèse, laqcKsHe depuis {H*ès de deux ans a abandonné son Doari aussi-bien que sos enfans qui sont très-jeunes» ^'est allée réfugier à Paris ; et quoique M. son époux ne lui ait jamais fait aucun mauvais traitement, elle ne veut plus retourner avec lui. Il y a une sentence à Riom qui lui ordonne de retourner avec son mari , ou de se retirer dans un couvent tel que monseigneur de Clermont lui indiquera, d'autant que les t^res de M. son mari sont dans le diocèse de Ckrnnoat. Le couvent de ladite ville lui a été indiqué; mais elle se moque de tout; c'est un esprit très- volage. Son époux ne peut pas quiUer sa maison par rapport à sa famille et au grand âge de Ri. son père qui, depuis près de vingt ans, a perdu ta vue. C*est pourquoi, monseigneur, ayez la honte de vous servir de votre au-* torité, pour Toblîger de retourner, aveeson époux, dans ses terres en Auvergne, ou dans le couvent qui lui a été indiqué. Il Toudrait éTÎter Téclat que cette affaire pourrait faire au parlement, et ménager la réputation de sa femme. Les biens adventifs très-considérables, dont elle jouit par la coutume d'Auvergne, et qu'elle dissipe sans cesse, sont cause de sa mauvaise conduite » qui est désapprouvée de tout le monde. Ce sera, monseigneur, de votre part un acte de grande charité; d'autant qu'elle n'a aucune raison légitime, par le véritable attachement que- son époux a pour ell^. Je vous serai sensiblement obligé de tout ce que vous voudrez faire à cette occasion. Soyez-en persuadé, et que personne au monde n*est avec plue de respect que je sais, monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur. iSt^n^, JoAemift-JosBFH, évêque et seigneur de Sainte Flour. Et daté (U Saînt'F(our f U i5 navemérc 1733.

Copie de la lettre écrite par monsieur l'archevêque de Paris » le a5 1734, au sieuf de Sevevrac , au sujet des placetsqne la dame de Sevejrac a présenté» à quelqucs-uos de neisieun les foges ^ lecommftndéa »ous le nom de. ce prélat.

Je suis fort surpris, monsieur, de ce que vous me mandes que madame votre femme ait fait recommander des placets

sous mon nom à messieurs- de la grand 'chambre. Outre que je n'ai pas l'honneur de la connaître, les relations que niessîeurs les évêques de Glermont et de Saint- Flour m'en ont faites, seraient plus que sulTisantes pour ne pas me ipêler de ce qui la regarde. D'ailleurs la fonction d'un archevêque n'est pas de séparer ce «que Dieu a réuni. Vous pouvez, s'il le faut, communiquer ma lettre à MM. vos juge» , pour leur faire connaître que si j'avais à solliciter pour quelqu'un , ce serait pour vous, et la réunion que vous souhaiter. Je yui», monsieur , avec une par- &ite considération , votre très-humble et très-obéissant serviteur. Signé 9 Cbamm^s, archevêque de Pari^»

Copie du certificat du sieur Promeut, tenant Tbôtel de Iî«ven, rue Per^

due , près la place Mauberi» à Parb:

Je soussigné Jacques Froment , maître et marchand tailleur d'habits , grand-garde de ma communauté , et tenant l'hôtel de Nevers, rue Perdue, près la place Maubert à Paris : certifie à tous qu'il appartiendra , que M. le comte de Seveyrac est arrivé d'Auvergne en cette ville ,ik la fin de novembre 1733, pour ses affaires , et que depuis il a logé ehes moi dans ledit hôtel, où il est actuellement ; en foi de quoi lui ai délivré le présent certi^ ficat, pour valoir en ce que de raison. Fait à Paris le 22 juÎKi 1735. Signé, Fbomest.

47^ ŒUVRES DE COCHIf(.

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