TROISIÈME PARTIE
Nenri'Jules, et par trois actes du même jour, 19 août 1667 , il consomma tout ce qui pouvait concerner ses inte'réts.
Par le premier, il reçut de M. le prince Henri- Jules la somme de 902,463 liv.; savoir, 820,000 liv. pour le
Srix de la terre de Senonches et première portion de ressolles, 20,000 liv. pour les impenses et améliorations &ites dans ces terres, et 62,463 liv. pour le prix des offices héréditaires qui avaient été remboursés depuis la mort du comte de Broglie , c'icquéreur.
Par le secotid , M. le premier président de Lamoignon Tendit a M. le prince Henri-Julesla terre de la Salle, celle deTardais, et la seconde portion de BressoUes, moyennant la somme de 4i 5,ooo liv. qui turent encore payées comptant. Cétait une suite de la disposition des Jeux arrêts qui avaient permis à l'adjudicataire de retenir ces terres , à ^a charge d'en payer le prix ; ce prix tut convenu et payé par le second acte.
Enfin, pour tirer entièrement d'affaire le comte de Broglie, il fut passé le même jour un troisième acte , dont voici l'objet. Après le contrat de 1654? p^i* lequel le duc de IVIantoue avait vendu la terre de Senoncties a François -Marie, comté de Broglie, l'àcquéreinr fut troublé par une demande en retrait lignager , formée par madame la princesse palatine. Pour en obtenir le désistement, le com^e de Broglie avait payé 1 00,000 liv. a la princesse palatine; ce prix n'avait point tourné au profit du duc de Mantoue ni de ses créanciers ; aussi lorsqu'ils poursuivirent l'adjudication des terres , l'adjudicataire ne fut-il point chargé de rembourser cette somme ; au contraire , l'adjudication fut faite pour les 820,000 liv., prix de contrat de i654î ctpour4oo,ooo liv. au delà qui devaient être-distriliuées aux créanciers de la maison de Mantoue; l'arrêt réserva seulement à Victor-Maurice à se pourvoir pour les i5o,ooo livres contre qui il jugerait à propos, défenses au contraire. Cette réserve pouvait donner lieu à un procès entre Victor-Maurice, comte de Broglie, et la princesse palatine; l'un demandant la restitution de i5o,ooo liv. attendu l'éviction qu'il avait soufferte; l'autre soutenant
que cette éviction ne la rej;ardait pas , et qu'elle n*en était pas garante. Dans cel état, M. le prince Henri- Jiiles voulut bien acquérir les droits de Victor-Maurice; M. le premier président en fit le transport à M. le prince , moyennant pareille somme de 1 5o,ooo livres qui furent encore payées par le troisième acte; en sorte ne le même jour 1 9 août 1 667, M. le premier président e Lamoignon reçut pour le comte de Broglie son gen-. dre 1,467,463 livres.
On verra dans la suite qu'il eut une extrême attention à en faire des emplois solides; il paya plus de 5oo,ooo livres à différens créanciers; il employa en constitutions de rentes, sur différens particuliers, plus de 800,000 livres , et le surplus servit à payer une partie du prix des terres du Vexin; dans la suite, il se servit des capitaux des rentes constituées pour acquérir des terres considérables en Auvergne, que possède actuellement le marquis de Broglie. M. le prince Henri-Jules avait peu d'intérêt dans ses emplois, puisque des biens substitués il n'avait acquis, par contrat volontaire, que la terre de Tardais et la seconde portion de BressoUes, qui n avaient coûté à Françoi&-Marie , comte de Broglie, que 1 55,000 livres.
Par ces paiemens , tout était consommé avec la maison de Broglie; il ne restait qu'à pourvoir au paiement des 400,000 livres qui revenaient aux i:réanciers de la maison de Mantoue. La princesse palatine avait la' dette la plus ancienne et la plus privilégiée , elle reçut les 400,000 livres par diilérens actes de Tannée 1669, ^^ en donna décharge à M. le prince. Tous ces paiemens ont été confirmés par l'arrêt d'ordre qui a été fait du prix de la terre de Senonches, le 6 septembre 1687.
La propriété de M. le prince , affermie par tant de titres, lui a procuré depuis une jouissance paisible de ces terres. Après sa mort , madame la princesse de Conli sa tille a pris la terre de Senonches avec celles de Tardais et de BressoUes pour son partage, par une transaction du 7 nout 1719, et elle en a joui, sans aucun trouble,
i'usqu'a la mort de M. le maréchal de Broglie, arrivée e 4 août 1727.