TROISIÈME PARTIE. Zj
bastiende Mnrviel et sesenfans mâles, ce sont proprement nos en£uis, et non nos petits-en&ns , qui sont à nous : sdnsi, en parlant en tierce personne, quand on dk , tm tel d les siens mtàes , on n entend que ses enfans oui sont ^érfiablem^it siens , et non ses petits-enfans. Le testateur sentait Uen ia force des espressions qu^l employaiît. La clause par laquelle il appelle Sebastien de M«ur^l, commence par ces termes : p^eitt et enteni y ^u' au défaut de tous ies siens mâles, et des maies des siens, Sébastien de Murviel ait et recueUie laéiée substituOion. Après avoir appelé ses propres enfans mâles par son testament, et lesavoir chargés de substitution envers leurs descendans mâles , il ne se contente pas de dire ici , qu'au défaut des siens mâles , Sébastien recueillera , mais il dit, €fu^au défaut des siens mâies , et Ses mâles des siens , Sébastien de Murviel sera substitué^ cette rcdnplication prouve donc que par ces termes, les' siens mâies, il n'entendaijt que les encans mâles au premier degré. 3^ Il y a bien uqe vocation de Sébastien, mais on ne voit pas même de vocation des siens mâles; car cette clause, et au défaut de Sébastien et des siens mâles ^ ne veut*dire autre chose sinon , et en cas que S^^siien de Murviel qui est appelé vienne à mourir sans enfans mâles , en ce cas la substitution passera au premier enfant mâle de Blanche. Les enfans mâies de Sébastien , ou ce qui est la même chose, les siens mâles, ne sont doncpai dans la vocation, maisseulement dans la condition, et personne n'ignore que la condition seule ne dispose pas en matière de substitutions. Les clauses suivantes confirment ces vérités ; car on ajoute dans le prétendu codicille, et en défaut de Ven^ fant mâle de Èlanche et des siens mâles, au premier enfant mâle ée Catherine, les petits-cnfans de Blanche ne sont encore là que dans la condition ; c'est-à-dire que si renfànt mâle de Blanche vient à mourir sans enfans mâles, sans siens mâles, le fils de Catherine recueillera la substitution. Mais ce qui lève tous les doutes, c'est que le premier enfant mâle de Catherine, qui est appelé, n'est chargé d'aucune substitution envers ses enfans mâles , la substitution sans aucune équivoque fi-
38 OGUVnES DE COGHIN.
nit en sa personne. Or, si le codiciUant avait charge les enfans mâles de Blanche et de Françoise, de substitution envers leurs enians mâles, il est évident qu'il aurait aussi charge le premier enfant mâle de Caiherine d'une pareille substitution envers ses enfans mâles; il ne l'a
Sasikit cependant, au moins à l'égard de l'enfant mâle e Cathenne ; donc il ne l'a pas fait non plus à l'égard des enfans mâles de Blanche et de Françoise.
Ajoutons que Pierre Deguers par son testament , en appelant successivement ses trois filles, ne les avait pomt chargées de substitution envers leurs enians. Que lait-il par son prétendu codicille? D ne fait qu'appeler les enfans de ses filles , au préjudice de ses filles mêmes , mais comme il n'avait point chargé ses filles de substitution envers leurs descendans , il n'en charge pas non plus les enfans de ses filles. Dans une substitution IJMrmée par deux actes difiérens , on doit reconnaître le même esprit dans le testateur , et expliquer l'un des deux par la volonté clairement développée dans l'autre.
Que sert-il après cela de relever ces termes, l'ordre de primogéniture goi'dé en toutes lesdites substitutions ? On convient que le testateur a voulu que l'aîné •fut préféré aux piûnés , mais est«ce entre tous les descendans mâles? Non, c'est en toutes lesdites substitutions; il Êiut donc en revenir aux stJ[»stitutions établies auparavant , et dans ces substitutions , on ne voit que les enfans mâles des filles qui soient appelés , sans qu'ils soient eux-mêmes chargés de rendre à leurs enfans mâles; jamais il n'a été permis d'étendre des substitutions d'un cas à un autre.
Mais, dit-on, Sébastien de Murviel et les siens mâles sont chargés envers l'enfant mâle de Blanche , donc ils sont appelés , car on ne peut pas être chargé de rendre saps avoir recueilli , nenu> oneratus nisi honoratus. Ce raisonnement n'est qu'une pétition de principes. On suppose que Sébastien de ]VIur\'it*l et les siens mâJes sont chargés de rendre à l'enfant mâle de Blanche ; cela est vrai de Sébastien de Murviel personnellement; mais cela n'est pas vrai des siens mâles ; il est bien dit, qu'au
dëhut de Sebastien de Murviel, qui Tient d^étre appelé, et des siens mâles, l'enfant de Blanche recueillera, c'està-dire que si Sébastien de Murviel, qui est appelé, meurt * sans enfans mâles, celui de Blanche recueillera ; la non-existence des en&ns Inâles de Sâ)asiien fait place à l'enfant de Blanche; mais si les enfans mâles de Sébastien existent, il n'y a aucune disposition qui les charee de rendre à l'enfant de Blanehe.
D ailleurs quand Sébastien de Murviel et les siens mâles seraient chargés de rendre à l'enfant de Blancbe, et que par conséquent ils seraient appelés ^ il faudrait toujours savoir ce que l'on entend par ces mots , et les siens mâles. Or, on a fait voirx{ue l'on ne peut entendre par ces termes, que les enfans de Sebastien au premier degré. Il n'y aurait donc qu'eux d'appelés , ce ^i serait bien difi^rent de cette substitution graduelle , 81 nécessaire au système du sieur de Nisas.
On ne voit donc dans le prétendu codicille , qu'une Yocatioa des en&ns mâles Jes trois filles ; c'est au défaut de l'enfant mâle de l'une , que l'enfant mâle de l'autre est appelé. Voilà tout ce qui résulte de ce titre, et dans cette disposition rien ne peut soutenir la prétention du sieur de Nisas ; car Sébastien de Murviel étant mort avant Henri Deguers , la vocation de sa branche s'est trouvée caduque, et quand Gaspard de Murviel son fils aurait été appelé par cette clause, et au défaut dudit Sébastien de Murviel et des siens mâles y les biens seraient toujours devenus libres dans la personne de Gaspard , et par conséquent M. le comte du Luc aurait nne possession de cent ans, depuis l'ouverture de la substitution en favem* du dernier appelé.
Mais quelque décisif que soit ce moyen, pourquoi s'y arrêter, puisque le prétendu codicille que l'on oppose ne peut avoir aucun degré d'authenticité, puisquif serait toujours impuissant contre celui qui possède de temps immémorial, et depuis plus de cent ans ? Tant de moyens réunis ne permettent pas de penser que la nouvelle action du sieur de Nisas soit plus redoutable que la première; jamais on ne se déterminera à dépouiller un possesseur paisible de plus de cent ans , à la faveur
4*> OEUVRES DE COCI1N.
d'une pièce awsi suspecte que celle que l'on prâ«Die, et qui au fond ne coniieni aucune disposiiicHi qui lui
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