TROISIEME PARTIE
comme on n'y fait aucune mention des immeubles ^ Tinventaire n'est fait que pour constater les meubles ei autres choses qui se peuvent emporter; mais tout ce qui est en évidence , tout ce qui ne se peut ni cacher ni emporter ne doit pas être compris dan$ un inventaire , on en fait seulement raison dans Je partage de la communauté.
5° On n'inventorie, dit -on, que trente -un setiers d'avoine, il y en avait bien davantage. On a déjà répondu 1° qu'il n'y avait que celte quantité; 2" qu'il ny en devait pas avoir davantage , puisqu'on était à la veille de la récolte, et que la maladie de Blanchai*d avait obligé de tout vendre avec précipitation. r
Enfin , dit'on , on n'inventorie que 36 1 liv. 1 4 sous d'argent : quelle apparence qu'il y eût si peu d'argent àins une ferme considérable , et à la veille d'une récolte qui devait tant coûter !
Mais est-ce donc par des vraisemblances supposées qu'on établit un recelé ? Il faudrait avoir une preuve claire qu'il y avait plus d'argent que l'on n'en a inventorié, j^ant que cette preuve manque, l'objection devient une injure gratuite.
D'ailleurs on a observé cp'il y avait plus de vingt mois que Blanchard languissait, et qu'il éiait attaqué de la maladie qui l'a mené au tombeau. On sait que l'argent s'écoule et s'enfuit avec rapidité dans ces iristes situations ; ainsi il n'était pas extraordinaire que^ sa veuve s'en trouvât épuisée , et qu'il ne lui restât qu'environ 400 liv.
La critique que l'on fait ensuite sur le prix des estimations ne regarde point Marie- Anne Pingard;* c'est le fait des experts qui se sont sans doute comluits suivant ce que leur conscience leur a dicté.
Ainsi il paraît clairement que l'inventaire a été fait et parfait dans toutes les formes les plus authentiques , et qu'il suffirait pour empêcher la continuation de communauté , même dans les coutumes qui requièrent un inventaire solennel ; mais il n'était pas nécessaire qu41 fût revêtu de tant de solennités, puisque dans la coutume de Senlis , suivant laquelle il devait élre dressé ^
un inventaire même défectueux était suffisant pour pro* duire le même effet.