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plus difficiles , et qu^enfin on parfint au point de n'en pouvoir plus trouver absolument.
Si le marquis du Pont-du-Château a souffert en cela une perte considérable , c'est à la Catalitë des conjonctures qu'il s'en faut prendre; presque tout le royaume a ëprouvë le même sort, et on ne lui fera pas un crime des malheurs publics dont il a ëtë la victime ; mais ce que l'on ne peut trop observer , est que la dame marquise du Pont-du-Chateau trouve toujours un avantage rëel dans la vente de cette terre , puisque si elle perd d'un côte l'hypothèque de cette terre , de l'autre elle trouve son mari libère de 5,3 1 5 liv. de rentes cons-* tituëes, antërieures à son contrat de mariage, et qui auraient passe avant l'hypothèque de sa dot; en sorte qu'elle se trouve la première crëancière de son mari , et n'a plus rien à craindre de ces dettes qui auraient absorbe non-seulement tout le prix de la terre vendue, mais encore une portion consiaërable des autres biens du marquis du Pont-du-Château.
A peu près dans le même temps il fut oblTgë- de. recevoir le remboursement des 247^900 liv. que la dame du Pont-du-Château avait sur l'hôtel de ville. A la fin de la même annëe on lui remboursa encore 46,000 liv. Enfin il reçut encore d'autres remboursemens en 1 720. montant à 74)^^^ ^^v. Tout rentrait ainsi en papiers fragiles, ce qui produisait deux effets ëgalement funestes. Le premier en ce qu il ëtait impossible de trouver des remplois , personne n'empruntant à constitution ^ et les tonds étant montes à un prix exorbitant; le second en ce qu'on ëtait prive de son revenu, et que cependant la dëpense ëtait portée a un excès dont il n'y a point d'exemple, puisqu'il n'y avait rien qui ne fût au triple de sa valeur ordinaire. Dans de si funestes circonstances , il fallait nécessairement vivre suc ses fonds jusqu'à ce que Ton fût sorti du chaos daûs lequel ou ëtait plongé.
Cependant le marquis de Pont-du-Château profita des premières ouvertures qui se présentèrent pour employer les effets qu'il avait reçus. Le roi ayant créé de nouveau des rentes sur l'hôtel de ville par 1 ëdit du mois
COCBIIK. TOME ly. 4^ '
72a OEUVRES PE COCHIN.
de juin 1720, le marquis du Pont-du-Cbateau commença par y établir tes 247^900 liv. qui faisaient partie de la dot de sa lêmme. U y plaça encore dans la suite 169,709 liv. fiiute de û:ouver d'autres moyens d'employer ses fonds; ce qui &it près de 4^8,000 liv.; en sorte qu'il a fait le remploi de tout ce qu'il avait reçu de remboursemens, et même d'une partie de ce qui lui était reste du prix de la terre de Monteil.
Que peut-on lui reprocher sur une pareille conduite? S'il avait suivi l'exemple de tant d'autres, s'il avait employé ses remboursemens à prendre des actions, et qu il les eût gardées^ tout le bien de sa fiemme serait fondu entre ses mains, et cependant on ne pourrait lui en faire un juste crime; tant de personnes connues par leur sagesse et par leur eapacité ont donné dans cet écueil, qu'on ne pourrait le taxer d'^arement et de dissipation pour avoir fait naufrage avec elles; mais le marquis du Pont-du-Château a eu la prudence de ne point* ^exposer à de pareilles tempêtes. Forcé de recevoir des remboursemens, il a gardé ses fonds jusqu'à ce que les emplois aient été ouverts, il en a pronté, il a tout remis en rentes sur la ville; il n'y a rien dans sa conduite à quoi la dame marquise du Pontdu-Château ne doive applaudir ; et si son bien ne rapporte plus le même revenu, c'est à la qualité des effets qu'elle a apportés en dot qu'elle s'en uoit prendre ; le marquis du Pont-du-Chateau est même celui qui en souffre le plus, puisque sa conununauté en est amiblie.
Après Forage de 1 720 , il ne survînt rien de fort intéressant pour le bien dé la dame marquise du Pontdu-Château; mais celui de son mari s est infiniment augmenté : il a trouvé dans la succession de son père la terre du Pont-du-Château, qui est un objet de 24)000 liv. de revenu. M est vrai qu'on ne peut pas justifier ce produit par des baux , puisque la terre est en régie; mais elle a été taxœ pour le dixième à 2,000 L par an, ce qui supposerait au moins 20,000 Irv. de revenu; et l'on sait que ces sortes 4e taxes ne s'imposent pas toujours avec tant de rigueur ; enfin il est aisé de concevoir que quand^la terre du Pont-du-Château paie une
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pareille somme pour le dixième, il n'y a point d'excès à fa regarder comme un fonds de 2^,006 liv. par an.
En 17289 le marquis du Pont-du- Château acheta les terres de Dalet et de Malintras qui étaient à sa bienséance, comme voisines de celle du Pont-du^Château;' il en a payé le prix montant à 101, 5 00 liv., tant de ses deniers que du prix des deux petites tei'res qu'il a vendues, savoir Juillac et Bois -Franc 34^000 liv., et Seilloux à5,ooo liv., outre la maison et pre de Guère! qu'il a vendus i5,3oo liv; en sorte qu'au lien de petits morceaux ëpars qui valaient à peine 65,ooo liv. , il a deux terres considérables dans le voisinage de celle du Pont-du-C bateau , qui lui coûtent plus de 1 00,000 1. et dont il ne doit rien; son revenu même en est aug-i» mente , puisque les terres de Dalet fil de Malintras sont d un plus gros reventt que tout ce qu'il a vendu.
EnGn il a fait un marché avec l'aobé d^ Canillac qui lui est encore très-avantageux, et qui produit de noa4 velles sûretés à la dame marquise du Pont-du-Châieau. L'abbc de Canillac a vendu ou donné au marquis du Pont- du- Château là te^'re de Lignac, moyennant 7,000 liv. de rente viagère; cette terre est affermée 5,000 liv., en sorte qu'en payant tous les ans â,ooo 1. sur ses revenus au delà du produit de la terre de Lignac, le marquis du Pont-du- Château est en état de «e trouver un jour propriétaire libre d'une terre que l'on peut regarder comme un effet de 5o,ooo écus. C'est ainsi que le marquis du Pont-du-Château a tellement arrangé ses affaires qu'il se trouve aujourd'hui avec un bien beaucoup plus considérable, non-seulement que celui qu'il avait en se mariant, mais même que celui qu'il pouvait espérer.
On*n'a jMMQt parlé jusqu'ici de la succession du comte de Canillac qu'il a recui^Uie en 1729 , c'est un objet en quelque manière détaché, dont il lui doit re^ venir encore des biens libres, iMmobstant la substitution portée au testament du comte de Canillac. On aura occasion d'en parler dans Ja suite. Q]uoi qu'il en ^oit , c*est dans ces circonsitances que )a dame marqui^^ dn Pont-du-Château a formé sa demande en sépafaiioit
724 ORilVRBa BE COCHIN.
de biens , qui nous conduit à la troisième époijoe dotil il faut rendre compte.
Troisième époque. Temps de la demande en sépor' tation de biens. — La demande de la dame marqoîse du Popt-du-Cbâteau ayant été portée au Châteict, elle obtint d'abord une sentence par dé&ut oui lut permk de faire preuve des laits de dissipation allégués contre son mari; mais le marquis du Pont-dtif-Ghâteau y ayant ïottiné opposition , et ayant soutenu que l'affaire n était point de nature à dépendre des preuves naissantes d'une enquête , et que les titres seuls mettaient dans le plus grand jour la témérité de la demande; .par ime semence contradictoire, il fut reçu opposant à la sentence par défout , et au principal les parties furent app<Hntées à écrire et produirç^
La dame marquise du Pont- du- Château a exécuté cette sentence , et tous les titres ayant été prodtiits de part et d'autre , on a discuté à fond tous les objets qui pouvaient intéresser l'état du mari et de la femme. On a examiné par rapport à la dame marquise du Pontdu-Château ce qui restait en nature, tant de sa dot que des successions a elle échues, ce qu'il y en avait d'aUéne et ce qu'il y en avait de remplacé. On a examiné par rapport au^marquis du Pon^n-Château ce qu'il avait eu de biens en se mariant et les dettes d(mt ils étaient chargés , ce qu'il avait aliéné depuis , ce qu'il avait ac^* quis y ce qu'il avait payé de dettes , ce qu'il en avait contracté : et comme de tous ces éclaircissemens il a résulté clairement qu'une grande partie de la dot de la dame du Pont-du-Gbâteau était en nature, que du reste une partie était remplacée, et que poiu* ce qui pouvait manquer la dame du Pont-du-Château avait les hypothèques les plus solides sur des fonds qui excèdeitt quatre ou cinq fois tout ce qu'elle pourrait prétendre, par la sentence définitive elle a été déboutée de sa demande.
Depuis l'appel qu'elle en a interjeté , il a été lait deux remboursemens de rentes qui lui appartenaient : Tud de do,ooo liv. provenant de la succession de M. Ferrand) doyen du parlement; l'autre de 4^000 liv. La dame marquise du Pont-du- Château a prétendu er
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eause d'appel que son mari n'en avait fait aucun remploi; mais on a justifie qu'à l'égard des 4^000 liv. elles avaient été remplacées, rar rapport aux 20,000 liv. il en a été distrait une somme de 5,ooo liv. qui appartenaient à la demoiselle Ferrand, comme héritière pour un quart de M. Ferrand, doyen de 1î| cour; et les i5,oooL restantes sont rcfi^itées en dépôt chez le notaire jusqu'à ce que la dame marquise du Pont-du-Chàteau à qui son mari avait abandonné la jouissance du contrat , ait indiqué elle-même un emploi; en sorte que le. marquis du Pont-du-Château n'a rien tonché, et par conséquent n'a pas dissipé la moindre partie de ces remboursemens.
Ce simple exposé de tout ce qui a accompagné et suivi le mariage de la dame marquise du Pont-du-Château , suffirait pour faire connaître combien sa demande est hasardée;* mais quelques réflexions vont achever d'en faire sentir toute la témérité.
MoYEPfS. — L objet d'une demande en séparation est de sauver une dot qui est en péril , tant qu elle restera entre les mains d'un mari dissipateur. Voyons donc premièrement en quoi consistent les créances de la dame du Pont-du-*Château ; secondement quelles sont ses sûretés dans les biens et dans la conduite du marquis du Pont-du-Cfaâteau.
Premièrement , les. biens, de la dame marquise du
Pont-du-Château sont composés de ce qui lui liv.
a éic donné par son contrat de mariage. . . . 4^^)^^^ De ce qu'elle a recueilli de la succession
de la dame Martineau sa grand'mèrc 80,000
De celle de M. Milon ii3,ooo
De celle de M. son père 19,000
Enfin de celle de M. Ferrand son oncle,
doyen du parlement 4<)9<>ûO
Total. 732,000
De tous ces effets il y a encore en nature :
i"* La terre de Villemillan, sur le pied de
l'estimation portée au contrat dé mariage est
'J2Q OEUVRES DE cpcniN. hf.
de • • ^ 81,200
2^" Une maison rue Bëtizy lesiimëe de même, i /^^oo S"" Une autre, rue des Canettes , estimée de
même. . , . . - ii,3o8
4° Rentes siur Fancien clergé 8,674
5° Rentes sur le nouveau clergé 6,000
6® Rentes sur la viHe dont jotûssent le nom-
mé Brebaât et sa fcnmie •. 3,75o
7* Renies sur la ville rétablies au lieu de celles que la dame du Pont-du-Château avait
apportées en dot * • • 347>9^®
8^ Rentes de la succession de M. Ferrand,
doyen. ........ 4o,ooo
9° Il a été pavé aux cohéritiers de la dame du Pont- du -Château dans la succession de
M. Milon, pour soulle de partage 604
1 o" La dame du Pont - du - Château convient que lorsquWle a voulu vivre séparément, outre les 12,000 liv. de pension que son mari lui a promise et lui paie fort exacte*ment , il lui a fourni des meubles de la valeur de . . • • . . • • • • • '4i7*7
Tous ces articles réunis montent à . 4 . . 4^8,a53
La dame fnarquise du Pont'^du-Cfaâte^u n^a rien â craindre pour tous ces effets; ils sont pour ainsi dire dans sa main ; le marquis du Pont-du-Château ne peut les aliéner sans elle, il ne peut en recevoir le rembour* semeiit; ainsi voilà un fonds pour la sûreté duquel elle n'a aucune précaution à prendre. Déduisant ces 428,253 liv. sur tes 732,000 liv. qu'elle a apportées, il parait d'&bord manquer 3o3,747 liv. dont la dame marquise du Pont^du^Château pourrait demander la restitution si le marquis du Pont* du» Château venait à mourir. Quand cela serait , on verra dans un moment qu'elle ftUra mie pleine sûreté dans les terres qui appartiennent librement à son mari , et qui valent plus a un million , sans que jamais on puisse donner atteinte à rhypodièque qui lui est acquise .sur un fonds si solide*