TROISIÈME PARTIE
la dame marquise de Rochechouart, qui avait oblenu dans k premier procès uq hôiel d'un prix considérable poursacriiierdesprétentionsqu^elle ne pouvait soutenir, crut se ménager de nouveaux avantages en renouvelant la contestation sur d autres prétextes.
Le 23 août 1739 elle présenta une requête au lieutenant-général d'Uzerchey dans laquelle, après avoir exposé quelle venait de recouvrer, par une espèce de miracle, le testament de Louis de Pompadour, ellesou-' lient que ce testament contient une subsiituiion graduelle et perpétuelle au profit des descendans de Philibert de Pompadour, fils aine du testateur; qu^elle ne remplit que le troisième degré de celle substitution. Stir ce fondement, elle demanda permission de (aire assigner le marquis de la Vallière, seul hériiier de la demoiselle de Cboiseuly messieurs les princes de Coati et le comte d'Aubeterre ses héritiers substitués , pour voir déclarer la siibstitution portée au testament de Louis de Pompadour, du 16 septembre 1687, ouverte à son profit, et en conséquence être condamnas à lui remettre les biens compris dans la substitution, avec restitution de fruits.
C est sur cette demande quHl s'agit de prononcer. Le marquis de la Vallière y a- détendu avec autant de solidité que de force et de précision.
Madame la princesse de Conti , comme tutrice des
{princesses enlans, a adhéré aux moyens proposes par e marquis de la Vallière ; il est vrai (luVUe a témoigné à la marquise de Rochechouart qu elle ne serait point lâchée que la loi lui procurât sur elle-même un avantage qu elle n'envierait jamais à rhéritier légitime; mais elle a su concilier les devoirs que sa qualité de tutrice lui impose, avec les sentimeus généreux que la nature a gravés dans son cœur, en se reposant sur les lumières des magistrats, devant qui la cause est portée , du sort des dispositions qui concernent les princes ses enfans.
Le comte d' Aubeterre n'a pas cru s'écarter des grands exemples que lui donnait madame la princesse de Conii, en d^endant par lui-même à la demande de la dame Boarquise de Rochechouart; il se trouve dans tme classe
si favorable que la disposition qui le concerne peut être distinguée de toutes les autres. Il était cousin germain de la marquise d*Hautefort , comme fils de Marie de Pompadour : cette circonstance pouvait naturellement exciter les libéralités de la marquise d'Hautefort, et même lui mériter quelque sorte de préférence sur la dame marquise de Kochechouart.
n a pour lui et la faveur du sang et l'autorité du litre ; sa défense se présente donc avec des caractères que la justice ne peut méconnaître.
* Moyens. — Pour enlever aux héritiers et légataires institués par la marquise d'Hautefort les biens dont elle a disposé en leur faveur, la dame marquise de Rochechouart prétend que ces biens lui étaient substitués par le testament de Louis de Pompadour son trisaïeul : et qu'ainsi non-seulement la marquise d'Hautefort n'a pas pu en disposer , mais qu'ils ne lui ont jamais appartenu à elle-même.
• Voici donc quel est son système : Louis de Pompadour , dit-elle, vpulant perpétuer l'éclat de sa maison , en lui conservant les grandes terres qu'elle possédait depuis long-temps, forma le plan de la substitution la
lus étendue qu'il fût possible d'établir. Il avait deux enans mâles et deux filles ; sa femme était encore enceinte, ce qui lui donnait de nouvelles espérances de voir multiplier sa postérité, et de plus grands désirs d'en soutenir le lustre et la splendeur.
Plein de ces grandes idées , il commence par fixer la part de son fils puiné, en lui donnant une. terre avec charge de substitution envers son aine, en cas qu'il monnit sans enfans; il donne ensuite des sommes modiques à ses deux filles , et règle aussi le sort des posthumes quil pouvait espérer; enfin il institue Philinert de Pompadour son fils aine, son héritier universel.
Après avoir pourvu à ce qui regarde ses propres enfans, il porte ensuite ses vues sur sa postérité. En cas Sue son fils aine meure sans enikns mâles ou femelles^ lui substitue Jean de Pompadour son second fils; au défaut de Jean de Pompadour il appelle les posthumes Qiâles qu'il pourrait avoir; suivant l'ordre de leur nais-