‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 31 sur 226 · TROISIÈME PARTIE. 8l · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 8l

de Ferrerius sur la même question 39 de Guy-Pape.

Suivant ces principes , il est aisé de juger si , dans Taf- (àire présente, on peut regarder les ent'ans de Philibert de Pompadour comme appelés.

Premièrement , la règle générale est que les enfans qui sont dans la condition ne sont point dans la disposition ; ainsi le droit commun et les régies ordinaires sont contre la demande de la dame marquise de Rochechouart.

Secondement, elle n'a point en sa faveur ces excep* lions recomiues par les auteurs les plus célèbres; ce ne sont point les enfans mâles qui sont dans la condition , et il n'y a point de réduplication. Louis de Pompadour n'a point dit , et en tout événement, que ledit Léonard- Philibert de Pompadour mourût sans enfans mâles ; il n'a point dit non plus, en cas qu'il mourût sans en* fans , ou ses enfims sans enfans. Ainsi , la dame marquise de Rochechouart n'est point dans le cas de l'exception.

Enfin, non-seulement la rhale générale est contre elle, et elle ne peut appeler en sa laveur les exceptions, mais il y a même ici une circonstance décisive qui fortifie la règle, et écarte pour jamais toute idée d'exception, c'est que la condition rappelle expressément les enfans mâles ou femelles : et en tout és^énement que ledit Léonard^ Philibert de Pompadour décéderait sans enfans mâles ou femelles y audit cas a ^substitué son secondais Jean de Pompadour. Ainsi les filles de Philibert de Pompadour doivent empêcher l'effet de la substitution en faveur de Jean; ce qui suffit pour qu'il ne soit plus permis de parler de substitution en faveur des enfans de Philibert.

En effet , si la condition se convertissait ici en disposition , il faudrait donc dire que les filles de l'ainé seraient appelées à la substitution avant le second des enfàXïs mâles, ce qui est absurde, et ce qu'on ne peut penser d'un homme que l'on représente comme uniquement attaché à conserver l'éclat de son nom.

Toute la cause de la dame marquise de Rochechouart ne roule que sur ce système ; elle convient que les en-

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fans de Philibert ne sont point appelés, du moins expressément ; elle veut imaginer une vocation tacite , et pour cela elle veut sonder les intentions de Louis de rompadour; elle parcourt avec lui ces diSerens degrés de substitution qu'il a établis; elle en conclut au'il prenait toutes les mesures possibles pour soutenir la splendeur de sa maison. Comment, dit-elle, après cela imaginerait-on que toutes ces vues de substitution s'évanouiraient dès que son fils aurait des enfans ? Mais on pourrait lui demander à son tour comment toutes ces vues pourraient se concilier avec la vocation des filles de l'aîné avant le second des en£ains mâles?

Tout homme *qui cherche à perpétuer son nom, donne nécessairement la préférence aux mâles sur le» filles; ici au contraire, les filles seraient préférées aux mâles : cela est si absurde qu'il n'est pas possible de le soutenir.

n faut de deux choses l'une , ou qu'il n'y ait point de substitution dans le cas de l'existence des filles , ou que dans l'ordre de la substitution , elles passent avant les mâles. Cette dernière proposition révolte : donc il faxa nécessairement s'en tenir à la première , d'autant plus u'elle est conforme à la réglé générale, du propre aveu e la dame marquise de Rocbechouart.

Que sert-il après cela de rassembler de prétendues conjectures dont on veut induire que la oonditon doit ici se convertir en disposition? C'est un ascendant qui dispose ; c'est un homme d'une naissance illustre et qui possédait de grandes terres; on le voit toujours entre ses enfans préférer les mâles aux filles, même les pos-^ thumes mâles qu'il pourrait avoir, à ses filles existantes; il parcourt difierens degrés de substitution ; il charge expressément ses filles, en cas qu'elles recueillent la substitution, de la rendre à leurs enfans; il charge les enians des filles de porter son nom et ses armes : c'est donc un testateur tout occupé de la grandeur de sa maison, infiniment touché de l'amour de son nom, et qui porte ses vues sur sa postérité la plus reculée: n'estce pas là une conjecture suflisante pour reconnaître une disposition dans la condi^on?

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