‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 34 sur 226 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

entre les filles une succession linëale , dans laquelle les droits de la primogëniture doivent toujours être respectés.

Ainsi , tout parle en faveur de la comtesse de Montmoria , la nature , la loi et le titre singulier.

Avec de si grands avantages , il n'est pas extraordinaire qu'elle ait triomphe une première rois des efforts de son adversaire ; il s agit de mettre aujourd'hui la dernière main à sa victoire , en présentant sa cause dans le véritable point de vue qui lui convient. On y remarquera des caractères si intéressans , qu'il n'y aura personne qui ne demeure aussi touché que convaincu de la justice qui l'accompagne.

Fait. — Charles- Alexandre de Montgon, né d'une ancienne et illustre maison d'Auvergne , avait épousé Marie-Françoise de la Barge.

U avait déjà plusieurs enians de ce mariage lorsqu'il fbnna le plan aune substitution qui pût maintenir la splendeur de son nom jusque dans les siècles les plus reculés. C'est dans cet esprit qu'il fit rédiger l'acte du 24 octobre 1 666 , qui fait le tiire commun des parties.

On y peut distinguer quatre clauses principales.

Dans la première, il annonce ses vues, et &it une donation qui est comme la base de toutes les dispositions qui vont suivre.U déclare donc que, désirant conserver et perpétuer en la personne de ses descendant le nom 'et les armes de la maison, de Moiitgon-Beauvergier , avec le lustre et V éclat qu'ils ont été possédés par ses ancêtres , il a donné et donne par ces présentes à l'un de ses enfans mâles né ou à naître de son ma" riage avec haute et puissante dame Marie^Françoise de la Barge , tel qu'il sera par lui choisi et nommé, et au défaut de nomination et électionàmessireJean^ François de Montgon - Beauvergier , marquis de Montgon , son fils aîné, les terres et seigneurie de

Ainsi , le grand objet du donateur est de perpétuer son nom , et de le perpétuer en la personne de ses descendans , sans connaître entre eux d'autres motifs de prélérence que le sexe ou lainessej c'est pour cela

go œUVRES DE COCHIN.

Wil commence à donner à son fils aine, père de l;i dame comtesse de Montmorin.

Dans la seconde clause, il forme une substitution graduelle , perpëtuelle et linëale entre tous ses enfans mâles et leurs descendans, mâles par mâles, tant que la ligne masculine durera, de degré en degre\ Vordre de primogéniture gardé et observé.

Dans la troisième clause , le donateiur (brme un pareil ordre de subsUtution entre les filles. Si la ligne masculine vient à s'Àeindre , appelant d'abord l'aine , et suivant le même ordre de la seconde fille à la troisikne, de la troisième à la quatrième , et ainsi de degré en degré, gardant toujours l'ordre de primogéni tare.

Enfin , dans la cmatrième clause , le donateur stipule qu'au cas que lesdits donataires viendraient tous à décéder sans enfans et descendans aidant ledit seigneur donateur, ladite (hnation demeurera résolue , et les biens donnés lui retourneront , pour en pouwir diS'poser ainsi que bon lui semblera. Aux termes de cette dernière clause , il n'y a pas un seul des descendans du donateur qui ne fasse obstacle au droit de retour. Entre ceux qf li doivent posséder par préférence à lui , y en aurait-il donc qui posséderaient librement et sans être chargés de porter le nom et les armes de Montgon ? C'est ce que la dame de Champigny doit soutenir dans son système ; mais c'est ce que personne ne peut ad- ' tncttre , quand on vent que le d(Miateur n'a pensé qu'à' conserver dans toute sa descendance ce nom et ces armes qui lui étaient si chers.

On aura occasion de s'étendre davantage dans la suite sur les difierentes parties de l'acte de 1 666 ; il suffit quant à présent d'en avoir donné une idée générale.

Depuis cet acte , Charles-Alexandre de Montgon eut encore plusieurs enfans , et entre autres la dame de Champigny qui est née le 5 mai 1677, et s'^^t trouvée la dernière de 1 7 enfans du donateur.

Il s'était réservé le choix entre tous ses en&ns mâles. Il avait déjà fait sentir son penchant et son inclination pour l'ainé dans l'acte de 1666; il détermina plus expressément son choix en sa faveur , par un acte du

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