‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 36 sur 226 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

fie 1666 pour recueillir 4a substitution qui y est contenue ; le second , qu'elle est appelée avant la dame de Champigny.

La preuve de l'un et de l'autre se trouve dans l'acte de 1666; mais, pour la mettre dans tout son jour, il faut d'abord considérer l'économie générale de l'acte, l'esprit dont le donateur y parait animé , et les mesures qu'il prend pour remplir toutes les vues quil se propose; il faudra discuter ensuite les clauses particulières qui s'appliquent singulièrement à la vocation des filles , et dans lesquelles parait résider précisément la question. Soit que l'on s'attache aux vues générales, soit que l'on se renferme dans les dispositions particulières, on trouve partout , et la vocation de la aame comtesse de Montmorin, et sa préférence sur la dame de Champigny par- £iitement marquées.

Première preuve. — Si l'on se rappelle toutes les parties de l'acte de 1 666, les vues que le donateur y annonce d'abord , les précautions qu'il prend pour les remplir, les différens ordres de vocation, les conditions qu'il impose à tous les substitués; on ne peut s'empêcher de reconnaître que Charles- Alexandre de Montgon a prétendu appeler toute sa descendance, et ibrmer une substitution sans bornes.

Cest un homme jaloux de la gloire de son nom , qui, pour en soutenir l'éclat , se propose de réunir sur une seule tête des terres considérables ; qui, pour étendre jusque dans les siècles les plus reculés un honneur dont il est si vivement touché, adopte toute sa descendance; et qui va , pour ainsi dire, la chercher jusque dans des alliances étrangères, pour la forcer, par ses libéralités, à porter son nom et ses ai*mes. Dans des vues si étendues, rien n'échappe à son zèle; tout lui devient une ressource, et il n'y a pas un seul de ses descendans qui ne lui soit précieux , puisqu'il peut perpétuer une substitution qui périrait trop tôt si un seul en était exclus.

Telles sont, on n'en peut pas douter, les idées dont le donateur était rempli; et on ne peut pas les admettre, sans reconnaître que la dame comtesse de M ontmoiin est appelée. Un homme qui porte si loin sa prévoyance, j

Qi] ŒUVREg DE COCIIIN.

qui appelle les descendans des^fîUes, aurait-il donc né* gligé sa peiite^fille, la fille de son fils aine'? Il faudrait se iormer de cet acte des idëes bien bizarres pour donner dans une pareille hypothèse.

Mais considérons de plus près ce que prescrit le donateur.

1^ Il pose d'abord le principe de sa disposition : désirant conserver et perpétuer en là personne de ses des^ cendans le nom et les armes de la maison de Montgon- Beauvergier, aveclelustreet l'éclat qu'ils ont étépos-sédésjusqu à présent par ses ancêtres. Que veut donc faire le donateur ? Perpétuer son nom en la personne de ses descendans, lant que la substitution pourra trouver un sujet sur lequel elle repose, tant qu'il subsistera encore un des descendans du donateiu' capable de la recueillir et de la transmettre, il ne prétend point que sa substitution finisse. Elle serait bornée et Umitée clans la personne de ses descendans, s'il y en avait qui en fussent exclus, et il veut au contraire qu'elle soit

Serpétuelle. Perpétuerla substitution dans la personne e ses descendans , et en exclure la fille du fils aîné , ce sont deux volontés qu'il est impossible de réunir en même temps dans la même tête ; et c'est cependant ce que la dame de Champigny entreprend de persuader. 2^ Le donateur, toujours occupé de cette substitution graduelle et perpétuelle , forme successivement deux ordres de vocation, d'abord en faveur des mâles, et ensuite en faveur des filles : il dispose de même dans le second ordre que dans le premier, le même esprit de perpétuité, les mêmes degrés , le même ordre de primogéniture; et comme, du propre aveu de la dame de Champigny , il n'y a pas un seul mâle ni descendant

Sar mâle qui ne soit appelé, il n'y a pas aussi une seule lie ni un ^ul descendant par fille qui n'ait part à la vocation.

En effet, ce n'est pas par prédilection pour certaines filles plutôt que pour d'autres qu'elles sont appelées, et encore moins pour la dame de Champigny qui n'est née qu'onze ans après la donation : le donateur n'a considéré dans la personne des filles qu'il appelle y

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