‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 4 sur 226 · T. IV · texte numérisé non relu

T. IV

8 OEUVRES DE CaCHfN.

d'eji d^oser ; le fait de la dictée du cestameflt , par tit) des deuip cttrës, ne sera pas équivoque; on l'a entendu bien distinctement ; le mystère d'iniquité sera donc facilement dévoilé : mais la justice peu^-elle se refiiser à un éclaircissement si décisii? Si on rejette des Êûts de cette qualité, la suggestion n'a plus qu'à marcher la tête levée; on n'aura pas de peine à trouver dans les campagnes un officier facile; on le iera entrer dans la chambre d'un moribond ; un étranger dictera des. dispositions , que le malade n'a pas la force de contredire | on lui ièra même donner quelques signes d'approbation ; ainsi la Ibrtune des familles sera la proie de la cu- £idité ou d'un zèle mal entendu. L'intérêt de la société, ts règles de la justice ne permettront jamais d'être sourd âux cris d'une famille dépouillée par des voies ^i odieuses, et de rejeter les faits décisifs dont elle se soumet de rapporter la preuve.

Les prétextes dans lesquels se retranchent les Pères de la Charité, ne peuvent faire la plus légère impression. On ne peut pas nous accuser personnellement de suggestion, dîsent-îls; nous ne connaissions point Je sieur de Villiers, nous n'étions point auprès de lui ; et

Sour les curés d'Ervy et d'Auxon , quel mtérêt avaient* s de nous procurer un legs universel? Les curés ne sont pas ordmairement zélés pour les religieux ; ils animaient commis un crime gratuit, et contre leur propre intérêt.

Mais ce n'est point par des discours et des raisonnemens que l'on détruit des faits de suggestion. On convient que les Pères de la Charité n'étaient pas présens lorsque le testament a été rédigé, et qu'ils ne sont pas personnellement auteurs de la suggestion. Pour les curés d'Ervy et.d'Auxon, il en est tout autrement; ils ont préparé, conduit, consommé la suggestion; les faits que l'on articule en font la preuve complète. Que ce crime ait été gratuit, ou qu'ils aient eu leur objet en le commettant , c'est ce qui est très-indifférent à approfondir, s'il est vrai qu41s l'aient commis : c'est donc au fait qu'il faut s'attacner, et non aux vues et aux motifs, qu'il est quelquefois difl^cile de pénétrer.

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