‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 40 sur 226 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

jamais qu'en faveur des mâles qui sont appelés ensuite, et pour empécheMpi'ils ne soient exclus par des filles. Mais l'espèce de la cause est absolument différente ; le mot enfans en général se trouve placé immédiatement avant la vocation des filles ; il n'est donc pas permis de l'entendre des mâles seuls ; ce ne serait pas paur conserver ragnaûcm que l'on ferait violence à la force de ce terme , et ce n'est cependant qu'en faveur de l'agnadon que l'on peut le restreindre.

Tant que' le donateur a voulu appeler des mâles , il n'a accordé le droit de les exclure qu à des mâles ; il n'a point épargné la répétition du mot des mâles ; mais

2uand u se propose d'appeler des filles , alors il aban* onne ce mot de mâles , qui lui avait été si familier, et se sert du mot générique enfans y pour marquer tout ce qui doit exclure les filles qu'il doit appeler. Peut-on, après oela, &ire naître le moindre doute sur la force et l'étendue de ce terme ?

Ainsi, le terme seul décide et comprend les filles comme les mâles; c'est la décision de la loi , ce qui suffit à la dame comtesse de Montmorin. Mais les circonstances qui l'accompagnent lui donnent, pour ainsi dire, encore ime nouvelle énergie, puisque, si on nelentend que des maies, il y aura^un secona membre dans la condition absolument inutile, et qu'on suppléera le mot de màleSy non pas pour conserver l'agnation, mais pour préférer une fille à une autre fille; et, ce qui est encore plus bicarré, pour préférer la cadette des filles à tontes les filles adnées; ce qui est sans exemple, et doit révolter tout le monde.

Enfin, quand on supposerait quie le mol er^ans ne devrait s entendre que des mâles, la dame de Ghampigny n'exclurait pcnnt «Eicore la dame de Montmorin, comme elle le suppose; et an contraire , en ce cas, la. dame de Montmorin, qui ne serait point dans la condition^ se trouverait à la tête de la disposition. C'est la seconde réflexion queprésente la clause particulière que nous examinons.

Le donatetur veut donc aue tous ses biens appar^ tiennent à ta première fuie née de son mariage avec

la dame de la Barge y et après elle à ses enfans mâles en suivant le même ot dre d^ la deiurième à la troisième , età ses enfans et descendons mâles ; et de la troisième à la quatrième; et ainsi de degré en degré, gardant toujours l'ordre de primogéniture.

Il faudrait être bi'«ii peu versé dans le langage ordinairedes substitutions etdes dispositions conditionnelles, pour entendre ces expressions dans le sens que la dame de Champigny veut leur attacher.

Dans une substitution lineale, graduelle, fondée sur l'ordre de primogénitiu*e, quelle est la pt-emière fille du donateur , quelle est la première fille née de son ma^ riage, sinon celle qui est véritablement l'aînée de sa maison , qui est la première dans l'ordre de primogéniture, et à laquelle doivent passer tous les droits d'aînesse ? Ces termes : la première fille née de son ma^ riage, par lesquels la clause commence, ne doiTent point être séparés de ceux-ci, par lesquels la même clause Ëmt, gardant TovjouKS l'ordre de primogéni-tare. C'est donc la première fille dans Tordre de primogéniture; le donateur ne veut jamais que l'on s'écarte de cet ordre , gardant toujours l'ordre de primogéni^ ture. Comment un donateur, si attaché à cet ordre naturel, commencerait-il par le violer, et par le violer d'une manière si outrée, en appelant la dernière de toutes les filles par préférence à toutes les aînées ?

Pensons plus dignement des sentimens d'un homme qui n'avait que desJdées si sublimes. Il a voulu conserver son nom avec splendeur , d'abord dans la personne de ses mâles , en quelque degré qu'ils fiissent , et ensuite en la personne de ses filles , aussi en quelque degré qu'elles se trouvassent ; mais dans chaque sexe , il n'a connu de titre de préférence que celui de la primogéniture : il a donc préteré les filles de son aîné à ses filles puînées.

En vain voudrait-on équivoquer sur le terme de fille née de son mariage ; ce terme s applique à ses* petites-» filles comme à ses propres filles , liberorum appellor^ iione nepotes , pronepotes cœterique qui ex his des^ cenaunt continentur^ 1. 220^ flF. de verb. significu'^

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