‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 45 sur 226 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

%i an retend êes mâles , prouve nécessairement qu'il faut Tentendre des filles.

L«a dame de Montmorin a ajouté que le mot errons se trouvant avant la vocation^des filles , ne pouvait être entendu des mâles seuls , parce que le mot de maies ne se supplée jamais qu'en faveur de l'agnation. Les autorités qu'elle a citées sont "si claires et si précises , que Ton n a pas entrepris d'y répondre pour la dame «le Chàmpigny.

On nous r^rocbe seulement de n'avoir pas répondu a PéresTÎnus ^mais qu^établit-il autre chose que la maxime

Sénérae, qu^n supplée le mot de mâle quand le mot ^enfims se trouve assiégé de plusieurs répétitiqns du mot A/àynAîts ? Et cette répétition a-t-elie lieu hor^ le cas del'agoàtion? Voilà où il en faut revenir , et ce qui dëc^c^r^ toujours contre la dame de Ghampigny.

Apres cela, quel cas peut-on faire des prétendues conjectures rassemblées par la dame de jChampigny pour réduire l'étendue naturelle du mot enians ?

Il a fallu pour cela qu'elle ait avancé aabord deux paradoxes' insoutenables. Le premier , que tous les descendans ne sont point appelés , et que ses termes dé' sir ont perpétuer son réam en la personne de ses deS' cendanSy ne s'appliqueiit pas* à toiite la postérité. Mais partout la dame qe Chafmpi^ny veut donc restreindre , limiter les dispositions les plus étendues.

Si le dojptateur veut perpétuer son nom dans la personne de ses descendans , il veut certainement qu'à per- . pétbilé y et tant qu'il y aura un seul de ses descendans , il porte son nom et ses armes, et, par conséquent, il l'appelle à ta substitution ; cela est aune évidence sensible.

Le second paradoxe est que tous les descendans ne font point obstacle au droit de retour. Mais n'est-ce pas combattre de front la clause la plus claire et la plfts précise? Et au cas que les donataires "viendrcUent tous à décéder sans enfans et descendans avant le donateur y la donation sera résolue. Jamais on ne pouvait s'expliquer dans des termes plus généraux. Le droit de iietour na lieu qu'après que tous les donataires se-

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1^4 OBUVRES DE COCHIn.

pour conjSrmerle sens naturel de ce tenoe. U y a deiu membres dans la conditioix^^ a-t-elle dit, le ^premier comprend tous les mâles^sans exception; si le second ne s entend encore que des mâles, ce sera un membre inutile , une rëduplication sans objet , et comme on ne présume pas qu'un membre entiî^ d'une clause soit inutile, le mot Senfans qui est employé dans le second membre étant plus étendu que celui de mâks <{ui est dans le premier , ne peut-être entendu mie des filles. Le donateur y a*t-on répondu de. la part de la dame de Champig^y, pouvait sç passer de cette véduplicution ^ je conviens qu'elle est inutile : aveu décisif, et après lequel on ose dire quHl ii'y a plus de cause; car, en vérité, s'il faut retrancher un membre entier .d'une clause pour faire triompher la dame de Ct)^mpigny, jamais on n'imaginçra que la justice puisse se porter à ime pareille extrémité. Mais, dit-on, ce ne sont pas deux membres , ce n'est qu'une seule phrase , la f^* tÀcule ou n'est point la qisjonctive. . Épargnons à la cour dans une cause si importante de petites questions de grammaire. On s'en rapporte à toutes personnes sensées pour juger si cette clause ne renferme pas deiuL membres bien distincts; cela est si évident que l'op supprime tout raisoimement pour l'étabUr.

Voilà donc une première aémonstr^^on. que le faiot errons doit s'entendre des filles ; sans cela u ne 6^eaoL^ tendrait de personne, puisqail n'y avait phi,s de railes^ et que dans le premier membre on en avait prévu l'extinction entière.

Mais , dit-on , c'est au contraire le parallèle de ces deux membres qui fait voir que le mot enfans ne peut s'entendre des tilles ; car si on Tentendait ainsi , il y aurait contradiction dans la clause : les filles sont ex-^ cluses dans le premier membre , et elles seraient ap-*

f)elées dans le second. ]ua vivacité a sans doute emporte orsqu'on a fait cette difficulté. Faut-il donc un grand effort d^esprit pour, concevoir que les filles sontexclnses dans le premier membre tant qu'il y a des mâles ^ et sont appelées dans le second quand il n'y en a plus? Concluons donc que l'inutilité du deuxiàne membre.

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