‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 58 sur 226 · TROISIÈME PARTIE. ï'jZ · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. ï'jZ

"vair/èu M^ àe SeigneUyr qui était pour lors malade à f^sailies depuis lokg-tëmps : ces ternies , depuis long-'temps ne plurent point au sievr d'Estoutevilie , A pria le sieur Heivëtius de les supprimer; mais par une lettre du sieur Helyëtius, du 21 février 17249 il répondit au sieur d'Estoutevilie qu'il ne le pouvait, parce ^u'il est du devoir d'un médecin qui donne un certi^ ficat y de ne jamais supprimer une partie des cir^ constances dont il a connaissance. On voit par4à corn*- Inen le fait de la longue maladie de M. de Seîgnelay s'est confirme dans tous. les temps; on voit que le sieur d'Estoutevilie a fait ce qu'il a pu pour étouffer cette vâîié, mais que l'honneur et la probité du sieur Hel* vëtitts ne lui a pas permis de se prêter non*seuIement a lilesser la vérité, mais même à la taire et à la supprimer.

La troisième preuve delà maladie de M. de Seignelay an temps de la donation , se tire de la notoriété publique et de la réunion de tous les suffrages. Le sieur d'Estoutevilie est scandalisé de ce qu'on lui cÊe la gazette de France, qui annonçant la mort de M. de Seignelay avec tous les étages qui étaient dus à ses services, n'omit point cette circonstance , qu'il était mort à VersaiUes le 3 novembre 1690 après une longue maladie. Il semble, à entradre le sieur d'Estoutevilie, que sur un fait de cette qualité, un pareil témoignage ne soit pas digne de Ik plus légère attention; imaginera-*t-on cependant , ou que l'on ait voulu alors tromper le public , ou que ceux qui avaient part à cet ouvrage aient pu être trompés eux-mêmes sur une circonstance dont toute la cour et toute la ville devaient être également instruites ? Non sans doute , le sieur d'Estoutevilie est le seul qui peut pefi^ser sa confiance à un fait que la seule exactitude a pu faire publier alors ; tous les auteurs qui ont écrit dœuis, ont parlé de la même manière.

Mais ce qui dissipe jusqu'aux moindres nuages, c'est le suffrage ae la famille entière dans le partage de 1 70^, c'est l'aveu et la reconnaissance du sietir d'Estoutevilie Ini-méme dans toutes les contestations terminées par Tarrét de I7a3, c'est l'autorité même de ce jugement.

174 OEUVRES DE COCBIN.

Ces Meures de recoiinoisssmce ont ét4 de'vebppe^ dans les fins de non-receyoir, il suffit de les rapf>elcj en un mot ; mais elles sont d'un si grand poids , qu elle suffiraient seules pour dëtenniner la Justice. Que pen! sera<-on aujourd'hui de Fétat où et ait M. de Seigaelây , i y a qùarame-huît ans, si ce n'est ce que tout le motide ei a pensé pendant près de quarante ans? Pour connaîtra une vérité de fait , il iaut toujours se rapprocher des tempi qui en ont été les plus proches , voir ce qu'on en ;| pensé , ce qu'cm en a dit alors , et si l'on trouve ua coii-^ cours de sentimens et de pensées uniformes sur le mémâ fait, se rendre à un témoignage qui est le plus aûr en pareil cas.

Il est aisé dprès cda de jueer si le reproche que le sieUr d'Ëstouteville fait à madame de Luxemboinrg de ne rien prouver sur la maladie de M. de Seignelay, est bien fonaé , et si les preuves contradres qu'il prétend rapporter, peuvent balancer celles que l'on vient d'établir; ce serait à madame de Luxembourg atout prouver, et elle ne prouve rien , ce n'est point au sieur d'Ëstouteville à prouver, et il va cepenaant le faire de la manière la plus convaincante. Voyons œ que vont enfanter de si magnifiques promesses.

1"* On vient de voir que madame de Luxembourg établit invinciblement la maladie de M, de Seignelay au moment de la donation; mais si ses preuves ëiaoent moins décisives , conviendrait-îl au sieur d'Ëstouteville de lui en taire un reproche? Il s'agit de l'état de M. de Seignelay au 5o septembre 1690; si le sieur d'Estouteteville avait osé le contester peu de temps après la mert de M. son père ^ si' même il en avait fait nakre la question en 1712, i la mort du marquis de Seignday son frère aîné , il aurait été facile de joindre de nouvelles preuves à celles qu'on rapporte aujoord'hni ; on aurait pu faire entendre cent témoins qui a|iraiem dé* posé plus affirmativemetu les uns que les autres du fait et des circonstances de la maladie; mais le sieur d'Ëstouteville n'élève sur cda aucun doute , au con* traire, il reconnaît la donation nulle et caduque ; il con<> vient que la terre de Seignelay doit entrer en partage .

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