‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 59 sur 226 · TROISIÈME PARTIE. l^S · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. l^S

cdb esc jagé aiiuî par un arrêt contradictoire ; ce n'eal <}aaD mois de décembre 17249 qu'au pr^udice de ce qu'il avait reconnu pendant trente-quatre ans , il eominence à Tonloîr faire usage de la donation et de la substitution; est-41 donc temps alors d'exiger de madame de Luxembourg les mêmes preuves que son père an<» nii eues en 1 690 ? Le sieur d Estoutevilte perd sa cause par une sentence contradictoire de 1727, il attend en 1737 â en relever l'appel, et il s'écrie alors, près de diupiante ^ns après la mort de M. de Seignelay : Arti^coleHaous umtes les circonstances, toutes les parti* colaiilà de la maladie, determinez-en le genre , I'épo#> <pe,le progrès, fûtes entendre des témoins; n'y a-t-ii pas de l'indécence dans la proposition ? C'est la con*^ dujte même du sieur d'Estouieville qui a rendu toutes ces preuves impossibles , et cW lui qui veut les exiger ' aujourd'hui I £tait<-ce donc un piège qu'il tendait à ma* dame de Luxembourg? Pendant trente^cinq ans il aban<donne la donation comme nulle pour l'attaquer quand il se flatte que madame de Luxembourg sera privée d'une grande partie <les preuves qu'elle atu*ak pu loi opposer auparavant ? Mais si c'a été là son objet, il s'est tnmipé dans ses Eusses idéesi II a retranché, on l'avoue, des pceuves ddcisives*, mais il en reste assex dans les moamnens dovoestiques pour le confondre, et ces preuves soutenues de sa propre reconnaissance pendant tant d'années , ont acquis même un degré d'auto* * nié qu'il ne peut plus détruire.

2^ Les preuves contraires qu'il oppose ne peuvent faire la pkis légère impression. Pour attaquer, dil-il^ une donation comme iaite par un homme malade de la maladie dont il est décédé, il ne stiffit pas de prouver qu'd (ut atuqué d'une l^ère . indisposition, il faut prouver qu'il était tellement accablé sous le poids de ^n mal , qu'il n'envisageait phis que la mort ; c'est ce

ue la contome df Paris a voulu dire par ces termes Van. 277, gisant au Ut malade de la maladie dont il dicèae. Il faut donc un homme retenu dans son \ on du moins dans sa chambre : en cela la coutume ^ d'accord avec les plus savans médecins qtû ne comp-

tent UQ homme malade qu'a die.éecubitus. Or, M. de Seignelay était-il dans cet eut? Il a continué les Ibnc-* tions du ministère jusqu'à sa mort, il n'était point en^ levé aux affaires , à la société et au public. H assistait aur conseils du roi ; il a tait depuis la donation des voyages de Versailles à Paris , et de Paris à Versailles, il a même été à Fontainebleau ; ce n'est donc pas l'homme dont parle la coutume.

Dans ces objections, il y a deux choses à distinguer, le faix, de la maladie au temps de la donation, et le dbegré où elle était parvenue. Que M. de Seignelay ne fût point malade au' temps de la donation, c'est ce qu'il n'est pas possible de penser après les preuves que Voa a rapportées. Mais il vaquait , dtt-on , aux fonctions sublimes du ministère , il assistait aux conseils du roi , il a fait des voyages : donc il n'était pas malade. Une partie de ces faits est manifestement hasardée ; où est la preuve que M. de Seignelay ait assisté aux conseils du roi ? Il n y en a pas le momdre indice. Où est même la preuve qu'il vaqua aux fonctions du ministère? On voit bien qu'il a «igné des ordres et des lettres dressées par ses commis ; mais est-ce donc en cela que consis* tent ces fonctions qui exigent tant de travail et tant d'application? Il est une suite d'expéditions journalières qui ne demandent aucune force , aucun travail de la

Êart du ministre; on lui présente des expéditions toutes lites , on lui en rend compte en un mot , il signe ce qu'il approuve; il s'en faut bien que ces fonctions importantes se réduisent à de pardls objets. Il a &it, diton , des voyages. On convient qu'il est venu de VersaiUes à Paris, le 8 octobre , et qu'il est retourné à Versailles le 3 2 ; mais un malade qui se Ëdt transporter d'un heu à un autre , estril guéri pour cela ? Il peut avoir la force de supporter un voyage de quatre lieues , et n'en être pas moin§ menacé pour cela d'une mort prochaine. Quelles sont donc ces preuves que Fcm a annoncées avec tant d'emphase?

Mais pour les détruire par une seule réflexion , il £iut que le sieur d'Esiouteville convienne au moins que M. de Seignelay était malade le 1 6 octobre quand u a

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