TROISIEME PARTIE. 2.|l
Pour admellre le nouvciu système de la princesse dTsengbien , il faut donc renverser tant de titres respeciables , le contrat de mariage de sa sœur , qui est son titre à elle-même, sa propre reconnaissance, 1 autorité de la chose jugée ; c'est sur les débris de tant de rnonuraens que sont fondées les espérances de la princesse d* Ysenghien : on reconnaît d'abord que des obstacles insurmontables, que des fins de non-recevoir victorieuses s'opposent à sa nouvelle prétention.
Au fond çlle roule sur un faux principe : la princesse d'Ysenghien suppose qu'Honoré II a été grevé de substitutions envers ses enfans mâles , par le testament d'Hercule P' son père , quoiqu'on ne puisse apercevoir cett% disposition dans son testament; mais sa cause se trouve placée dans des circonstances si fatales, que quand on poiurait adopter son principe , il lui deviendrau encore funeste à elle-même , puisque Honoré II n'aurait pas pu être grevé envers son nls, sans qu'Hercule son père eût ëie grevé envers lui-même.
Telle est l'idée générale de la contestation , qui se réduit à un point infiniment simple, quand on a une ibis embrasse l'idée générale des faits et des titres qui y donnent lieu.
Fait. — Honoré !•', prince de Monaco , fit son testament le 27 septembre 1 58 1 ; il avait alors quatre enfans / maies et trois filles. Il n'avait pas besoin de disposer de sa principauté de Monaco , elle était déjà substitua par les testamens de ses ancêtres.
Mais comme il avait d'autres biens dans le royaume deNaples, dont il était le premier possesseur, il prit des mesures pour les conserver dans sa maison.
Dans Cette vue il fit à chacune de ses trois filles, Claude, Léonore et Âurélie, un le^s de i4-)000 écus d or; à chacun de ses (rois puînés mâles il ne laissa que 1 5oo écus d'or de pension viagère , à la charge que s ils venaient à se marier on leur paierait à chacun i4i000 écus d'or, et institua Charles son fils aîné, son héritier universel.
Il chargea son héritier d'une substitution masculine , dont les diiférens degrés sont expliqués dans la clause
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qui suit : Eo decedente sine legitimis liberis mascuUs uno vel pluribus, seu légitima proie ingradumas^ culino, in euni casian instituU et substituit dominuni Franciscum ejusjilium , et eo decedente sine légitima proie mascidinay in eum casuni substituit dominum Hercidem , et sic successive dominum Horatium^ decedentibiis sine proie masculina eosdem ad invicem substituit
Charles institué recueillit tous les biens. H mourut sans enfans mâles; en sorte que la substitution fut ouverte au profit d'Hercule par le prédccès de François.
Hercule V' fit son testament le 1 3 mai 1 698 ; il avait alors un fils et une fille; son frère Horace était encore vivant. Il institua Honoré II son fils son héritier universel ; et, en eus qu'il mourut sans enfans mâles, le chargea d'une substitution que Ton examinera dans la suite.
Honoré II son fils, appelé à la possession de tous les biens de la maison de Monaco , fit avec le roi Louis XIII le traité de Péronne de i64i* H nût sa souveraineté de Monaco sous la protection de la France; on lui promit des terres titrées pour le dédommager de celles qu'il devait perdre dans le royaume de Naples : c'ei>t ce qui fut exécuté par la donation que le roi lui fit personnellement du duché de Valentinois et du comté c^? Carladès; et au prince son fils du marquisat def l^aux.
Le marquis des Baux étant mort avant lui , Honoré U , par son testament de i655, institua Louis son petitiils, son héritier universel dans sa souveraineté de Monaco y duché de Valentinois , comté de Carladès et mar- Ïuisat des Baux , et le chargea d'une substitution graucUe et perpéiuelle ; Louis T' en a fait une pareille en 1 698 , en instituant le prince Antoine s<m fils son hé> ritier universel.
Le prince Antoine mariant sa fille aînée en 1 7 1 5 , /n déclara appelée à la substitution des biens de sa maison portée par les dispositions testamentaires de ses ancêtres, et nommément par le testament de feu monseigneur Louis de Gtimaldi son père. H supposa