TROISIÈME PARTIE
leurs ne se bornent pas à une seule vocation : il faudra donc adniettre que la condition sans enfans mâles opère presque toujours disposition , et par-là la princesse (f Ysenghien retombe encore dans une proposition qu'elle combat , et dont elle sent tout le danger pour elle-même. D'ailleurs, ces différentes substitutions sont toutes dëoendantes de la condition, que l'institué meure ^ana ^îans mâles; c'est donc le cas de dire avec M^ Charles Dumoulin , dans son conseil pour le duc de Villa-Hermosa, defecta prima substitutione omnes reliquœ inde dependentes corruerunt. Dans l'espèce qui lui donne lieu de parler ainsi, on voyait plusieurs substitutions entassées les unes sur les autres, en faveur des mâles, repetUa septies hiijus qualitatis mentione ^ eifeminis expressim exclusis; cependant toutes ces substitutions dépendant d'une condition qui n'était point arrivée, omnes corruerunt. C'est ici précisément la même espèce.
Troisième circonstance. — Le testateur veut que Ion suive l'ordre de primoeénîture: cela indique une gradualité. r b ? ^
Mais il déclare expressément que cet ordre de primogemiore sera gardé dans toutes les présentes substi- ^i^ns; ces termes présentes substitutions, ou si l'on y ^m prédites substitutions, font entendre que le tesfeteur ne voulait point reconnsdtre d'autres substitutions que celles qui étaient écrites dans son testament ; cest dans celles-là seulement que l'ordre de primogénitûre sera observé. Ainsi, entre les filles d'Honoré II, gui sont appelées , elles recueilleront , suivant l'ordre de leur naissance , et ainsi des autres.
Hercule e'tait même si éloigné d'établir une gradualité, Que plusieurs de ceux qui sont appelés ne sont grevés u aucune substitution , ni envers leurs enfans , ni envers des collatéraux. Par exemple, le frère d'Honoré II est appelé-, mais s'il recueille, il possède librement : Ju cas yw^ ledit don Honoré mourut sans enfans mâles, je ^ ^^stitue mon second fils qui mvra au temps de ^a mort ou qui naîtra après ma mort; et au cas que je n eusse point de second fils, etc. Dans cette clause,
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le second fils du testateur n'e^ point grevé, ni par dis-* position, ni par condition, ni expressément, m tacitement ; il faut donc que toute idée de gradualité s'évanouisse.
De même, les filles de don Honoré, si elles re* cueillent, ne sont chargées d'aucunes substitutions; de même les enfans de dona Jeanne doivent posséder librement; enfin, il en est encore de même des en&ns d'Horace, ils ne sont point grevés; il est donc impossible de trouver ici une substitution graduelle etf perpétuelle.
Quatrième circonstance. — Si des filles recueillent, leurs maris seront obligés de porter le nom et les armes de Grimaldi ; ce qui prouve combien le testateur était attaché à son nom.
Cet attachement tant vanté est bien imparfait dam la personne du testateur, puisqu'il appelle ses petitesfilles et ses filles avant don Horace son firère , et ses enfans mâles ; un prince si jaloux de la grandeur de sa maison , aurait du préférer la vérité, c'est-à-dire la vraie race de Grimaldi, à ces fictions et à ces adoptions qui dépouillent la maison de Grimaldi , pour en faire passer la souveraineté dans une maison étrangère.
Pour donner plus de jour à cette réflexion , il fiim rappeler ce que l'on a dit pour la princesse d'Ysenghien , sur la consultation 35 de Cujas. Ce juriscon-* suite raisonne sur une disposition, par laquelle le tes*} tateur avait institué son neveu , fils de son frère , par préférence à ses propres filles , et avait chargé ce neveu de substitution, en cas qu'il motirùt sans enfans mâles. Cujas étant consulté sur la question de savoir, si les enfans mâles mis dans la condition étaient appelés , quatre circonstances le déterminent en leur faveur. La première, qu'il a institué un collatéral de son nom par préférence à ses filles. La seconde, que la condition ne parle que des mâles seuls. La troisième, que le testateur était d'une haute naissance. La quatrième, qu'il y avait un usage ancien de substituer dans la maison. Le conseil de la princesse d'Ysenghien rejette les ti*ois dernières circonstances comme insuffisantes, parce