RÉPONSE
POUR les religieuses de Maubtiisson.
CONTRE la dame de CiiTiAitMoaAitD.
Pour reconnaître combien il y a de solidité' dans les moi ils qui ont porte' les visiteurs de l'abbaye de Maubuisson à prononcer la sentence qui suspend de toutes ses fonctions la dame de Chateaumorand , il faut faire réflexion qu'ils avaient à examiner sa conduite , non par les maximes du monde et les exemples corrompus du siècle , mais par la règle de Saint-Benoît , les constitutions de Pordre, et les statuts particuliers de la réforme. Si elle est convaincue par des faits bien prouve's, d'avoir violé ces règles et ces constitutions dans tous leurs points, elle est indigne du rang qu'elle occupe, et n'a qu'à se louer de la modération des visiteurs. '
Or, sa règle l'oblige de conduire sa communauté avec bonté , avec charité, avec douceur ; et les visiteurs ont trouvé qu'elle la gouvernait avec une dureté impérieuse, qui allait jusqu'à la tyrannie. La règle l'oblige à porter sa communauté à la piété et à la vertu par ses discours et par ses exemples; les visiteurs ont trouvé qu'elle ruinait l'une et l'autre par des discours injurieux à la réforme, et par une vie toute séculière. La règle l'oblige à assister aux offices du jour et de la nuit ; les visiteurs ont trouvé qu'elle n'assistait jamais aux offices de la nuit , et très-rarement à quelque office du jour. Ses bulles , en vertu desquelles elle est abbesse de Maubuisson , l'obligent à embrasser la réforme. Or , selon la réforme , on n'use que de chemises de ser^e , et on s'abstient de l'usage de viande, hors le cas d'infirmitâ. On jeûne la plus grande partie de l'année ; les visitqurs
* Cette came est ta CLVi* de l'ancienne édition.
oui trouve (juo la «laine de Chateaumorand n'u^e jamais que de linge; qu elle ne pratique l abstinence que le seul jour du vendredi-saint; et que dans tous les autres temps, même ceux où l'église prescrit l'abstinence et le jeune au commun des fidèles, elle se tait servir en viande avec uue abondance et une dëlicaiesse scandaleuse. Enfin, au lieu de la mortification et de la péuitence dont la dame de Chateaumorand devrait faire profession , selon la réforme, les visiteurs n'ont trouvé dans toute sa conduite aue les marques d'une vie mondaine, que des actions dune mollesse et dune sensualité si excessive, qu'ils ne craignent pas d'avancer qu.il n'y en a pas d'exemple dans le siècle.
Lorsque les visiteurs ont voulu s'instruire de l'étal du temporel de la maison, ils se sont bientôt convaincus par eux-mêmes de la mauvaise adminisi ration de la clame de Chaieaumorand. Partout se sont présentés leurs veux délies contractées, réparations à faire, re- \ en us "dissipés ; on n'en voit que trop les preuves dam le mémoire des religieuses : que pourraient donc lain: des visiteurs chargés de rendre compte à leurs supérieurs , et à Dieu même, de l'usage de leurs pouvoirs , s'ils laissaient la dame de Chateaumorand dans l'exercice de ses fonctions? Elle allait ruiner la discipline monastique d'une des plus fameuses abbayes du royaume, ei achever de dissiper les Liens qui lui furent donnés par le plus saint de nos rois dans le temps de sa fondation, et qui lui oniélé conservés dans ces derniers temps par la sagesse d'une sainle princesse, sou abbesse. Sus la suspendaient de ses fondions, ils voyaient bien que c'était s'exposer à lous les effets de sou ressentiment et de celui de ses amis, et se mettre en butte à tous les di>cours calomnieux qu'on voudrait débiter de vive >< 'ix et par écrit contre leurs personnes; mais rien ne le:» à arrêtés : ils n'ont écouté que la voix de leur conscience; et ne trouvant d'autre remède aux maux de l'abbaye de Maubuisson, que de suspendre la dame de Chateaumorand , ils ont prononcé la semence dont elle se plaint.
Eu vain la daine de Chateaumorand les accuse-t-elle
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de passion ei de cabale. Les personnes sensées ne se persuaderont pas aisément que des visiteurs choisis par le supérieur légitime ; que des religieux d'une vertu éprouvée, qui, revêtus des premières dignités de l'ordre, ont gagné 1 estime et la confiance de tout le monde , qui, envoyés pour visiier toutes les abbayes de la province de h rance, ont conservé et entretenu partout l'union et la paix : on ne se persuadera pas que de tels religieux , sans aucun intérêt personnel, oublient tout d'un coup leur devoir et leur honneur, et se portent jusqu'à cet excès , que d'allumer le feu de la discorde dans l'abbaye de Mau buisson , et de soulever les religieuses contre leur abbesse. Le préjugé extérieur est donc favorable:aux visiteurs, et au jugement qu'ils ont rendu. Mais, pour entrer dans la discussion particulière du fond et des raisons qu'allègue la dame de Chateaumorand , il n'y en a point dont elle lire plus d'avantage que des cartes de visites de 1 7 1 4 et 1717.
Par rapport à la visite de 171/h e^e mt inspirée pnr des ordres supérieurs. M. de Citeaux n'y pouvant résister , se rendit à l'abbaye de Maubuisson , en parlit le lendemain, se contentant de dire en général que le temporel et le spirituel étaient sagement gouvernés par madame l'abbesse, et que toutes les religieuses s'acquiltaient dignement de leur devoir. Quel avantage la dame de Chateaumorand peut-elle tirer d'une telle pièce? Si M. l'abbé de Cîteaux était entré dans une connaissance exacte du temporel de l'abbaye ; s'il s'était fait représenter les comptes , s'il les avait examinés , et qu'il eût fondé sur cet examen exact le jugement favorable qu'on lui attribue en faveur de l'abbesse , il aurait sans doute arrêté ses comptes; comme ses prédécesseurs avaient fait dans de pareilles visites : c'était là ce qui pouvait pleinement justifier la dame de Chateaumorand , parce ue l'on verrait un jugement prononcé en connaissance e cause. Mais M. de Gteaux ne s'est point fait représenter les comptes; il ne les a point examinés; il ne les a point arrêtés : l'aurait-il pu faire même en deux jours de temps ? Dans ces circonstances , n'est-il pas évident que s'il a dit en général que le temporel et le spiriUj^*
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étaient sagement gouvernés, il n'a parlé ainsi mie par une condescendance qu'il crut nécessaire dans la conjoncture des temps.
La dame de Chateaumorand lui avait déjà fait ressentir plu* d une Ibis quelle était l'autorité de ses protecteurs. Un vénérable religieux, nommé dom Luce, âgé de plus de quatre-vingt-sept ans, était depuis dixhuit ans la consolation des religieuses de Maubuisson. 11 eut le malheur de n'être pas au gré de la dame de Cbateaumorand. M. de Citeaux , sollicité de le rappeler, résista long-temps ; mais enfin il reçut d en haut de6 ordres si précis , qu'il fallut céder : un autre religieux , qui y était en même temps , eut peu après le même sort. U ne faut donc pas s étonner après cela si M. l'abbé de Citeaux a eu quelque ménagement pour la dame abbesse de Maubuisson en 1 7 1 \ ; mais cette complaisance n'alla pas jusqu'à arrêter alors les compte* de U dame de Chateaumorand; M. de Citeaux n examina rien , n'arrêta rien ; et , par conséquent , la dame de Cbateaumorand ne peut tirer aucun avantage de sa carte de visite de 1714; elle en tirera encore moins de la carte de visite de 1717, qui lait, au contraire, sa condamnation.
Les visiteurs ayant examiné letat de l'abbaye pendant treize jours , n eurent pas de peine à reconnaître de combien de maux elle était assiégée; ils en dressèrent un procès verbal : s'il était sous les yeux du conseil, il y trouverait une peinture bien plus vive du mauvais gouvernement de la dame abbesse de Maubuisson, qne celle qui en a été faite à l'audience, et dan* le mémoire imprimé. Les visiteurs , touchés comme ils le devaient être de tous les désordres qui étaient venus à leur connaissance, crurent néanmoins devoir tenter les toies de la douceur pour rappeler, s'il était possible, la dame de Chateaumorand à son devoir.
Dans cet esprit, ils engagèrent la communauté, contre laquelle la dame abbesse s'emportait avec tant d aigreur , à essayer de la fléchir par une soumission qui ne lui était pas due ; les religieuses demandèrent à leur abbesse pardon des fautes qui pouvaient leur être
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échappées contre elle. Les visiteurs, en leur ordonnant celle soumission, suivaient un point de la règle prescrite par sainl Benoîi , qui oblige les religieux à se prosterner devant leurs supérieurs lorsqu'ils les voient irrités contre eux, quelque injuste que soit leur colère. Si leviler senserit animum prioris cuj use unique conti'a se iratum , vel commotion y mox sine mora tanidiu prostrahis in terra, ante pedes ejus jaceat> satisfaciens usque dum betiediciioue sanelur ilia eommotio. Les visiteurs s'e'taient flattes que cet abaissement volontaire de toute la communauté toucherait enfin le coeur de la dame de Chateaumorand, et lui inspirerait des sentimens plus tendres pour ses religieu>es; niais, au contraire, il n'a lait que la rendre plus fière et plus dure.
En même temps que les visiteurs travaillaient à adoucir l'esprit de l'abbesse de Maubuisson , ils travaillaient aussi à arrêter le progrès du désordre qu ils avaient remarqué dans son administration^ Ainsi, ils ordonnèrent dans leur carte de visite : i° (^ue l'on rendrait compte tous les ans du temporel de l'abbaye , en présence de douze religieuses anciennes. 2° (^>ue l'argent , à mesure qu'on le recevrait , serait mis dans un coffre fermant a trois ciels, comme cela s'était toujours observé sous madame la princesse palatine ; que madame l'abbesse aurait une de ces ciels, la cellérière une autre, et une ancienne religieuse la troisième. 5° i)ne madame l'abbesse aurait pour ses religieuses la tendresse et la charité d'une mère, se souvenant qu'elle serait traitée au jugemeut de Dieu , comme elle aurait elle-même traité ses filles. Enfin , que cette carte de visite serait lue à chacun des quatre-temps de l'année.
Ces règlemens font-ils donc autant d'honneur à la dame de Chateaumorand qu'elle voudrait le persuader? Pourquoi ordonner que tons les ans on rendra compte en présence de douze anciennes , sinon parce que depuis que la dame de Chateaumorand était abbesse, il n'y avait eu aucun compte rendu à la communauté , contre la disposition des statuts de l'ordre ? Pourquoi rétablir l'usage du coffre à trois clefs , sinon pour empêcher que l'abbesse ne disposât arbitrairement , coinim*
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elle avait fait, de tous les revenus et biens de l'abbaye? Pourquoi enjoindre à l'abbesse d'user de charité envers r es religieuses , si ce n était pour réprimer sa dureté , sa hauteur , et cetle tyrannie qu'elle avait toujours exercée? Enfin pourquoi statuer que la carte de visite serait lue quatre Ibis 1 an , sinon pour obliger l'abbesse à se remettre souvent devant les yeux des règlemens qu'on savait qu'elle n'avait que trop de disposition à oublier 7 et qu'en effet elle n'a exécutés en aucun point ?
Que la damedeChateaumorand cherche donc ailleurs des témoignages de son innocence. Il est vrai qu'en i 7 1 7 les visiteurs ne prononcèrent aucune peine contre elle , se contentant alors de l'avertir et de lui prescrire des règles , ou plutôt de lui rappeller celles de Tordre ; mais qu'en peut-on conclure? Que ceux qui avaient pousse si loin la patience et la douceur , en auraient fait encore usage , s'ils avaient vu dans la conduite, ou au moins dans les sentimens de la damo de Chateaumorand, quelque disposition à en profiler.
La dame de Chateaumorand Ure encore avantage d'une lettre écrite par un vertueux ecclésiastique , qui , averû qu'une religieuse avait débité quelque fausse nouvelle contre lui, souhaite que la calomnie qui règne partout , ne trouve point d'entrée dans l'abbaye de Maubuisson. S'il est vrai qu'une religieuse ail débité , il y a treize ans, une calomnie contre un saint prêtre, s'ensuit-il qu'aujourd'hui presque toutes les religieuses de Maubuisson calomnient leur abbesse , quand elles se plaignent à leur supérieur de sa vie séculière et de sa mauvaise administration ?
Enfin , la dame de Chateaumorand cherche dans les défauts de forme quelque secours pour appuyer sa cause; mais on a tait voir qu'il ne s'agissait ici que d une sim-
Sle suspense passagère qui ne donnait aucune atteinte son titre ; que ce n'était qu'une correction régulière, pour laquelle il n'y avait point d'ordre judiciaire a observer. Ou l'a prouvé par le Noniasticon Cisterciense, qui contient les statuts de l'ordre , par les bulles de Boniface VIII; par le chapitre, ea quœ de statu motuichorumy par le sentiment de la glose, par les lettres-
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Ja tontes , de 1 5^9 , et par l'arrêt rendu en faveur de f. l'évéque d'Autun contre l'abbesse de Saint -Andoche.
Ce n'était point aux religieuses de Maubuisson à prouver que dans ce cas il n y avait aucune formalité judiciaire à observer ; la dame de Chateaumorand étant appelante comme d'abus , c'est à elle à trouver quelque loi qui prescrive ces formes. La Clémentine , qu'elle avait citée, ne parle que du cas de la déposition, ce qui est absolument étranger. A l'égard du bref d'Alexandre VII , il plaît à la dame de Chateaumorand de lui donner un sens tout contraire à sa disposition.
Le pape confirmant le pouvoir des supérieurs pour corriger les abbés réguliers , veut qu'on les assujettisse à la pratique des statuts de l'ordre , jurisdictionis suspensione, aliisque ecclesiasticis pœnis et censuris 9 servato juris ordlne. Quel est le sens de ces termes , sinon que les supérieurs appliqueront la suspense , ou les autres peines et censures, suivant l'ordre de droit, c'est-à-dire proportionnant la peine à la nature de la faute dont f abbé se sera rendu coupable , ne punissant par la déposition une faute légère qui ne mérite que la suspense , n'appliquant pas à une faute grave qui monterait la déposition, des peines d'un ordre intérieur; mais gardant toujours l'ordre de droit, punissant par la déposition ce qui mérite la déposition , et par la suspense ce qui ne mérite que la suspense. Voilà le véritable sens de ces termes , servato juins ordine ; mais de prétendre que par-là on ait voulu dire qu'il fallait suivre des formes judiciaires , c'est une interprétation qui ne peut être admise, et qui est absolument contraire au texte; interprétation condamnée d'ailleurs par toutes les autorités qui ont été citées de la part des religieuses de Maubuisson, suivant lesquelles on doit procéder dans les cloîtres simpliciter et de piano , sine figura et strepitu judiciL
On oppose à ces textes la Clémentine , sœpe co/itingit de verborum significatione , dans laquelle le pape expliquant ces termes , déclare que les commissaires par lui nommés , sont à la vérité dispensés de
(îofi OEUVRES DE COCHIN.
suivre tomes les formes ordinaires, mais cependant qu'ils doivent chercher Jes preuves nécessaires , et admettre les deTenses légitimes : non sic litem abbreviet (juin probationes necessariœ et defènsiones leghwiœ admitianiur. Deux réponses vont faire tomber finduo tion que la dame de Chateaumorand voudrait tirer de cette Clémentine»
La première est quelle ne concerne point les réguliers : elle est faite pour régler la conduite des commissaires nommés par le saint-siége ; elle n'a aucun rapport à ces jugemens rendus dans l'intérieur du cloître, qui doivent être plus simples que tous les antres.
La seconde est que , quand on adapteraitla disposition aux réguliers , on ne pourrait prétendre que les commissaires de M. de Citeaux se fussent écartés en aucune manière de ce qu'elle prescrit , probationes necessariœ^ defènsiones légitima* admitlantitr. Le pape ne veut pas qu'on la condamne sans preuve , et sans avoir entendu les défenses que la partie a à opposer; c'est aussi ce qui a occupé les visiteurs de Maubuisson pendant deux mois entiers.
Par rapp ort aux prouves , en pouvait— on rassembler de plus claires et de plus décisives? On demande à madame l'abbesse un compte de son temporel, elle présente des registres tenus par les cellérières, dans lesquels elles ne se chargent en recette que des deniers qui leur ont été remis par la dame de Chateaumorand. On examine ces registres, dans lesquels la recette est fixée à 3o i ,000 livres , et la dépense est portée à la même somme. On compare cette recette avec le produit des baux et des autres revenus de l'abbaye , et Ton trouve
2ue la recette aurait dû monter à'55,ooo liv. de plus. >n compose un nouveau compte de la recette entière . qu'on communique à l'abbesse ; on compte avec tous les fermiers et créanciers; on visite et on fait visiter tous les bàtimens par les experts, on trouve des registres de quittances dontla fausseté parait sensible; on justifie cette fausseté par le parallèle de ces registres avec ceux que tenait la cellérière ; on l'établit encore par les reconnaisfiances et les déclarai ions de Rousseau, boucher, et de Bue-
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quet , pourvoyeur. La dameabbesse n'a pu faire rëlracier le dernier , elle a surpris du premier un désaveu qu'il rétracte aujourd'hui. Quel corps de preuves! Tous ces procès verbaux, ces comptes, ces déclarations, î-ont signés des parties et des commissaires, probationesnecessariœ.
A l'égard des défenses, la dame de Chaleaumorand en a fourni sur tous les articles. On soutient avec confiance qu'il n'y a pas une seule ordonnance préparatoire , une seule pièce , soit procès verbaux , soit comptes, soit déclarations, qui n'aient été communiqués à la dame abbesse, dont elle n'ait donné son récépissé, et auxquels elle n ail répondu par différons mémoires. Plusieurs de ces mémoires ont ete transcrits tout au long dans le procès verbal de visite, les autres y ont été seulemenl joints. Ces mémoires se trouvent encore dans le sac de la dame de Chaleaumorand ; ils ont servi d'instruction à son défenseur sur tout ce qui regarde le fait : la dame de Chaleaumorand n'a point été condamnée sans éire entendue , defensiones legiiimœ.
Quel est donc le défaut de formalité que Ton veut aujourd'hui opposer? La dame de Chaleaumorand n'insiste pas à prétendre qu'il iallùi suivre les mêmes formes usitées dans les tribunaux séculiers ; elle se réduit aux termes de la Clémentine, probationes necessariœ y defensiones légitimée. Mais ici les preuves ont été multipliées au delà du besoin, la dame de Chaleaumorand n'a rien oublié pour sa défense : les visiteurs ont donc été en état de prononcer , aucune loi , ni de l'église ni de l'état, ne leur prescrivait d'autre forme.
On ne s'arrêtera pas aux autres prétendus moyens d'abus , ce n'esl qu'une inutile répétition de ce qui a été solidement détruit dans le précédent mémoire. On pourrait plus utilement retracer ici plusieurs faits que la uécessiié de se réduire dans des bornes convenables a fait omettre; on verrait que la dame de Chaleaumorand a reçu des rernboursemeiis de rente pour le tiers des principaux qui étaient dus : on verrait qu'elle se faisait donner des quittances par les créanciers, non pas en les
!>ayant , mais en leur donnant des mandemens sur des èrmiers , ce qui pouvait changer la nature de la dette ,
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et non pas l'éteindre, comme le sieur Curin Ta reronnu dans une déclaration qu'il a fournie dans le cours de la visite, et comme cela paraît encore par les mandemens
Îue Rousseau, boucher, a représentés depuis la visite, \>us ces faits ont été reconnus et prouvés depuis la visite. Le détail des désordres qu'elle a commis dans son gouvernement serait infini , on croit en avoir assez instruit le conseil , sans l'accabler d'une multitude de faits nouveaux ; il y en a trop pour faire voir que jamais ordonnance ne fut plus judicieuse ni plus nécessaire que celle dont est question, ni d'appel comme d'abus plus firivoe que celui de la dame de Chateaumorand.