‹ Œuvres complètes de DiderotChapitre 141 sur 210 · DE LA FORMATION DES PEUPLADES · texte numérisé non relu

DE LA FORMATION DES PEUPLADES

Page 90. — Quelques familles ont passé dans une ile. Je veux que le sol en soit bon^ mais inculte et désert. Quel est y au moment du débarquement, le premier soin de ces familles? Celui de construire des huttes j de défricher rétendue du terrain nécessaire à leur subsistance. Dans ce premier moment quelles sont les richesses de Vile? Les récoltes et le travail qui les produit,..

Voilà des suppositions dont j'ai peine à me contenter. Au premier moment il n'y aura point de richesse, chacun cultivera pour le besoin actuel, et le paresseux risquera de mourir de faim ; car, manquant de tout, que pourrait-il donner en échange des denrées qu'il n'aura pas recueillies? Et celui dont les bras auront été les plus actifs et les plus forts que fera-t-il du superflu de sa récolte*? Mais ne chicanons point, et passons.

Page 91. — // n*est qu'un moyen de soustraire un empire au despotisme de l'armée^ c'est que ses habitants soient comme à Sparte citoyens et soldats.

Partout où tout citoyen est soldat il ne faut point d'armée. Une armée subsistante, quel qu'en soit le chef, menace la liberté des autres citoyens. Quand la présence de l'ennemi ne l'exige pas, il faut que tous les habitants soient armés ou désarmés ; ceux qui sont en corps ont trop d'avantage sur ceux qui sont isolés.

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