‹ Œuvres complètes de DuclosChapitre 24 sur 67 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des différens oas^ages qui concourent à la réparation des

chemins,

C'est ici que le sentiment de mon insuffisance fait murmurer moaxcle et mon amour-propre, par le plaisir que j'aurais a décrire savamment toules les opérations qui procurent au public cette heureuse facilité qu'il a de se transporter à \)icd , à cheval , en poste , en voiture particulière ou publique du centre aux frontières de la monarchie ; les soins , les peines les soucis , les veilles et les travaux qu'il en coûte au gouverne^ ment pour nous faire jouir de tant de commodités ; le mérite personnel des citoyens à qui nous les devons , et la reconnaissance qui leur en est si légitimement acquise. Je goûterais le plus parfait des contentemens à montrer , par une exacte énumération et une vive peinture de toutes les manœuvres de l'art à combien de parties p'étend le Ulent de ceux qui l'exercent et

combien de connaissances il faut avoir acquis pour criliquer sainement cette profonde mécanique cachée au vulgaire et même aux savans d'un autre genre. Mais pourquoi m'affliger ? N'ai-je pas droit d'espérer , si mon travail est utile par d'autres endroits , que quelque ingénieur illustre voudra suppléer à mon défisiut, pour faire passer à la postérité une instruction complète sur les ponts et chaussées , en sorte que les principes puissent en être perpétués d'âge en âge , et ne jamais périr par l'igno* rance, la paresse ou le caprice des successeurs du gouvernement présent. Cet événement est trop à craindre dans toutes les administrations, pour ne devoir pas être prévu. Il est si rare qu'un homme en place veuille s'éclairer des lumières de son prédécesseur ; il trouverait si pénible de les tirer du cachot ou elles sont reléguées ; les sous-ordres qui ont la garde des papiers affectent tant d'y entretenir la confusion pour en faire un dédale impénétrable et un mystère aussi secret que celui du culte de Cérès, qu'il n'y a plus de ressource dans aucun genre de détail pour en conserver le fil et l'idiome, que de les mettre sous la protection du public , afin que tous les citoyens laborieux soient libres de les consulter , et que le service de l'État dans chaque partie ne soit plus une science cabalistique dont on ignore souvent les premiers principes quand on y est appelé. Heureuse est la finance d'avoir été gouvernée par un Sully , homme de bien , homme d'état, vrai génie , qui, bien éloigné de craindre qu'il suscitât des émules par ses le« çons , semblait les inviter à s'en instruire. Serait-ce un blasphème de dire que sans les précieux élémens qu'il nous i laissés, Golbert n'eût peut-être jamais développé son ^énîe? Si tant de successeurs avaient puisé dans la même source, \a nation n'aurait pas si souvent gémi. Heureuse, encore un coup, la finance à qui ces riches modèles ont tout récemment procuré de si excellens instituts! Pourquoi le patriotisme n'en feraitil pas^éclore de pareils po^r la guerre , pour la marine, pour la police intérieure de l'État? La matière que j'ai entrepris de traiter tient un rang assez honorable dans cette dernière partie du gouvernement pour n'être pas restée dans la grossièreté du brut minéral, si quelque citoyen avait déchiré le voile qui la couvrait , et détruit le prestige du préjugé qui Ta si ^ng-temps retenue dans les ténèbres. Mais, dira quelque politique du parterre , c'est porter la main à l'encensoir. Les instructions qui apprennent à gouverner l'État sont de droit dévo-> lues' au ministère , et ne doivent être remises qu'à lui : il est d'autant plus dangereux de les rendre publiques, que nos ennemis en peuvent profiter. Crainte pusillanime ! Ces ennemis

en savent autant que nous sur leurs intérêts et sur les nôtres. Quand même ils les ignoreraient , les principes de la science ne donnent pas le génie qui sait les appliquer ; et jamais les nations ne parviendront à se communiquer ce que la nature et l'habitude leur rendent propre. Nous ne devons point aspirer à la profonde méditation des Anglais , ni à cette obstination presque romaine , qui les rend tenaces à la poursuite de leurs desseins, au point de n'en jamais démordre r ils doivent, de leur coté , renoncer à la délicatesse de notre goût et de notre sentiment, à la vivacité de nos saillies, et à l'impétuosité de notre valeur. Au surplus , ami lecteur, cette apologie est gratuite de ma part ; )e n'ai pas à craindre que le gouvernement me sache mauvais gré d'avoir divulgué le secret des chemins, très* comparable à celui de la comédie.

Apres les opérations préliminaires dont j'ai fait une courte description, les premiers coups de la main^-d'œuvre tombent sur les retranchemens , et les rapports de terre conséquemment aux profils qui en ont été tirés. C'est un article très-important , soit qu'il ait été adjugé à prix d'argent , soit qu'il doive être fait par corvées. Au premier cas, la dépense serait inutilement augmentée, si le déblais était plus fort que ne l'exigerait le remblais, ou qu'il ne l'eût demandé si les niveaux avaient été mieux pris. Dans le second , on foulerait mal à propos les communautés par un travail superflu. L'homme d'art, profondément versé dans la trigonométrie et les nivelleraens, rendra cette proposition très-sensible par des profils appliqués à différentes espèces supposées , et ces profils adaptés aux parties du plan qui leur appartiendront , accoutumeront insensiblement l'esprit de l'homme d'état qui voudra les apprendre, à juger , par le dessin , de l'état du terrain sur lequel on fait travailler , et de celui oii il sera mis par le travail.

Quand le chemin a été réglé par des piquets sur les pentes qu'on veut lui donner, il faut y construire les ponts nécessaires à l'écoulement des eaux des petites rivières, ruisseaux et ravins qui le couperaient si on ne leur ménageait un passage suffisant. Ces ponts ont dû être prévus lorsqu'on a fait les nivellemens , en sorte que leurs rampes prévenues de loin aient été assujélies aux niveaux. Ils doivent même, autant qu'on le peut, être construits avant la .chaussée, parce qu'ils lui servent comme de repaires auxquels elle doit nécessairement se rendre et aboutir.

Mon savant donnera dans son ouvrage les plans , les élévations et les coupes de ces moyens et petits ponts ; il distinguera ceux qui peuvent être fondés sur le sol naturel lorsqu'on y trouve le tuf ou le roc ; il indiquera* pour d'autres un simple grillage

dont il aëcrira et fera voir l'assemblage de charpente ; enfin il caractérisera les terrains oii les ponts ne peuvent être solidement fondés que sur pilotis ; il détaillera la manœuvre pour les battre? les receper (i), les^ coiffer (2)v etc., et il déduira si clairement toutes ces opérations, qu'en les comparant aux dessins qu'il j joindra , un homme sensé puisse les entendre au point , s'il le fallait , de les faire e:&écuter. Souvent pour dériver les eaux , il suffit de construire à la profondeur d'un ravin ou d'une source vive , un petit aqueduc voûté ou seulement recouvert de pierres plates qu'on nomme dales.

La chaussée sera faite en pavé ou en cailloutis ; la première n'a rien de dilRcile, et sa solidité dépend de trois conditions, dont la première est la fermeté du sol ; la seconde , Tépaisseur el l» bonne qualité du sable sur lequel on l'asseoit , et qu'on appelle forme ; la troisième enfin est la dureté de la pierre : le grès remporte sur toutes les autres. Il faudra donc, pour poser ce pavé^ attendre que les terres du remblais soient affaissées , encore arriverait-il , si elles sont légères ou grasses , qu'il faudra le relever au bout d'un an. Il n'est pas à beaucoup près également aisé de construire une bonne chaussée de cailloutis ; l'ancienne méthode prescrivait que les bords de la chaussée fussent armés de grosses pierres, sur lesquelles les cailloux étant appujés, paraissaient risquer d'autant moins de céder au poids des voitures, que ces bordures étaient encore contre-buttées par l'élévation des terresde l'encaissement (3). La nouvelle académie a décidé que cet encaissement suffisait , et même que les bordures étaient nuisibles , en ce que le rouage venant à les déranger, il fallait poux le» rétablir ouvrir les terres de l'encaissement ou faire une laij^ brèche à la chaussée, dont le cailloutis remplacé ne pouvait plus reprendre ai^tant de consistance que celui qu'on en avait tiré et qui avait fait corps avec la partie contiguë. Sur cela je m'en rapporte en ignorant docile ; mais je demande que mon savant résolve le problème par dès raisonnemens appuyés sur l'expérience. On prétend à la vérité qu'elle est favorable à la nouvelle méthode; cependant la durée des chaussées romaines appuyées de grosses bordures et même de dales qui les séparaient des chemins de terre, au rapport du sieur Gautier qui a pris les profils de plusieurs ; cette durée, dis-:je , pourrait contre-balancer le témoigoage des vivans et faire penser que le défaut de nos bordures pourrait naître de la manière dont nous les employons. Quoi qu'il en soit, voici la construction prescrite pour nos chaussées

(i) C'est couper avec la scie, la téio d*an pk'u , pour le mctir^de niveaa. (a) C*cêt couvrir un fiide pieux d'une pièce de bois , qii^on nomme char^ao. (3) ExcaTfliion de !« Iarj;cur de la c)ian9s«:tf qn^on reul construire.

(]*c m pier rement , telle que j'ai promis de la décrire pour prouver . leur solidité.

Après avoir fait la tranchée qui doit servir à l'encaissement, on pose tout au fond des pierres rangées à la main sur leur champ ou plus grande épaisseur , ce qui compose un pavé hrut et mal uni. Quand ce premier lit est achevé on y répand du gravier ou du sable pour en garnir et remplir tous les joints jusqu'à la supebfîcîe qui en est arrosée ; sur cette couche , on étend des pierres ou des cailloux de moindre grosseur , qu'on recouvre pareillement de sable ; enfin , diminuant toujours la grosseur du caillou, on termine la chaussée par le plus menu , recouvert comme dessus^, et l'on observe que sa superficie soit boml>ée en forme de bahu , pour que les eaux s'en écoulent dans les fossés latéraux ; il y en a qui prétendent que la chaussée serait plus solide si l'on pratiquait ce bombement sur le plafond même du terrain de la tranchée, ])arce qu'alors les reins de la chaussée qui souffrent le poids et le frottement des roues étant aussi ép.ais que le milieu, auraient plus (le résistance. Plus ces chemins sont fréquentés, plutôt ce massif fait corps et devient solide ; en sorte que si les dégradations que les voitures et les chevaux y font au commencement sont bien réparées pendant trois ou quatre ans, il y a très-peu de chose à faire par la suite.

On trouve quelquefois, dans le cours d'un chemin très-avancé , des terrains spongieux , et qui ont si peu de consistance qu'aucun corps solide ne ^eut s'y soutenir : ils s'y enfoncent ou subitement, ou insensiblement ; et plus on voudrait les recharger, plus on précipiterait leur ruine : j'en connais oh des chaussées entières ont disparu , et oii des sondes de cinquante pieds de hauteur n'ont pas trouvé de fond. II n'est plus temps de reculer, et toutefois les ressources contre un pareil événement sont aussi courtes que difficiles. On ne m'en a enseigné que deux , dont l'une est le grillage (i) et l'autre un fascinage (a) spacieux qu'on retient le mieux qu'il est possible avec des piquets, et qu'on charge ensuite de terres solides. Voilà un petit champ de dissertation pour fingénieur qui écrira.

Ailleurs on rencontre des bancs de glaise dont il est facile de venir à bout, s'ils n'excèdent pas la largeur de là chaussée; mais s'ils régnent sur toute la largeur du chemin , il est difficile , ou du moins très-pénible de les masquer si exactement que les glaises ne reviennent pas à la superficie, surtout s'il y a des glacis eu contre*haut ou en contre-bas.

Plus loin, il se présente d'autres diffic::1tés à vaincre : tantôt

(0 As'ftCfnhIaf;«* «le pièce» de bow qui se croisent carrcmeat. a) Lit de fascines.

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ce sont des plaines si basses qu*aux moindres crues d^une rivière voisine elles sont couvertes d'eau ; tantôt des marais qu'on ne peut dessécher par des saignées. Dans les deux cas il n*y a d'autre remède que de construire des chaussées ou levées percées d'arches.

On peut mettre encore au rang des difficultés considérable» qui se présentent dans quelques provinces du royaume, des chaînes de montagnes si longues qu'on ne peut les contourner , et qu'il faut profiter des premières gorges 011 l'on trouve moyen de pratiquer une rampe à mi-côte pour y tracer un chemin , quelquefois même dan»le roc qu'il faut miner. Il ne faut pas aller en Auvergne ni aux Pyrénées pour en voir des exemples ; il y en a un fameux k Tarare sur la route de Lyon que je n'ai point vu , et un autre à ftoulleboise sur la basse route de Paris à Rouen. J'ai parcouru à pied cette montée i( y a plus de vingt ans , et il m'a paru qu'elle ne pouvait être mieux traitée sans se jeter dans une dépense superflue , qui même n'en aurait .que peu diminué la roideur. On se borne à donner à ces passages escarpés une largeur suffisante pour dfeux voitures, et l'on sauve les périls du précipice par un mur de parapet, par une banquette déferre , des barrières ou des bornes , quelquefois par des arbres dont les intervalles sont garnis d'une haie d épines. Mon iljustre se fera un jeu d'indiquer pour tous ces cas les expédiens convenables à chaque espèce , et les appuiera de profils qui en démontreront l'exécution.

J'ai réservé pour le dernier article ce qui est le plus digne de piquer son émulation , c'est le projet d'un grand pont suppose à construire sur une rivière navigable. Quoique plusieurs auteurs en aient donné des modèles , et que les dessins de ceux qui ont été construits de nos jours soient des plus beaux qu'on puis^ proposer , je ne sais si aucun architecte s'est jusqu'ici avisé de donner séparément les plans, lescoupes, et les développemens des différentes parties qui composent cette sorte d'ouvrage, avecceux des bâtardeaux , des machines, et des instrumens dont on se sert tant pour les épuisemens que pour les autres opérations de l'art ; le tout dans l'esprit de l'instruction que je demande pour la portion du public qui n'est pas de la profession ; et encore plus parti-» culièrement pour l'homme d'état qui doitprésider à la direction de cette matière. Sans doute les devis contiennent l'équivalent de tout ce détail ; mais c'est pour l'entrepreneur qui est présumé entendre la manœuvre , et non pour les gens de lettres qui ne peuvent y comprendre que fort peu de chose , faute de savoir la signification des termes de l'art, la forme des machines, la figure des engins et des outils, et les usages auxquels on le» emploie*

ÔUH LA VOIRIE. 5;7

J'ethorte donc l'artiste zélé qui entreprendra de nous donner ces élémens de l'architecture publique relative aux chemins, a i dresser d'abord une table alphabétique de toutes les natures et qualités de matériaux qu'on y emploie , de toutes les machines ^ -engins et outils qui servent aux opérations de l'art et des termes de la manœuvre , avec des définitions si claires et des dessins qui représentent si exactement chaque opération, qu'on puisse, par ce double secours , suivre pied à pied l'exécution d'un devis et en concevoir l'eflfet total.

Le feu sieur Gautier, qui des 17 14 était inspecteur des ponté et chaussées, semble avoir prévenu mes desseins, dans unTraité des Ponts imprimé à Paris chez André Cailleau en 17 16; mais son livre , ainii qu'un traité du même auteur sur les chemins , publié en 1721 , est d'un style si bas, qu'indépendamment de bien des puérilités et des pauvretés que l'un et l'autre contiennent , ils ne peuvent servir que de titre et de forme pour en faire un bon tel que je le demande , de la main d'un grand maître , et qui écrive avec assez de pureté pour ne pas ajouter l'ennui de la diction à la sécheresse de la matière. A la vérité ce talent de bien écrire n'est pas commun parmi les hommes d'art ; mais il n'y est pas non plus si rare qu'on ne puisse facilement l'y trouver. Cet ouvrage serait si utile pour les sujets qui se dévouent au service de l'État dans cette partie, et il tendrait si visiblement à la propagation de 1 architecture publique s'il contenait de bonnes dissertations, qu'il n'y ^a pas à douter que le gouvernement ne fit avec plaisir la dépense de l'impression et celle de la gravure des planches. Ces dissertations rouleraient sur la poussée des voûtes et des terres , sur l'ouverture des arches la plus convenable , relativement aux différens lits et cours des rivières, au volume et à la rapidité des eaux ; sur la forme la plus belle et la plus solide qu'on puisse leur donner qui paraît être le plein cintre ; et sur le dernier degré jusqu'auquel on peut s'en éloigner en les sur» baissant , pour ne pas s'exposer à des acccidens dont un seul exemple devrait interdire tous les autres. Il est trop dangereux de permettre des épreuves à la pure vanité, sur, des ouvrages dont l'immensité de la dépense intéresse si fort l'État , et qui ^ n'ajoutent rien à la beauté de l'ouvrage. Est-il même décidé que la réduction outrée dii nombre des arches procure de l'épargne ? Le coût de l'appareil extraordinaire qu'exigent celles dont l'ouverture est excessive , n'équipole-t-il pas à celui du massif des piles qu'on supprime ? Je l'ignore ; mais je sens qu'une fixation sur cet objet, si elle est pratiquable, serait infiniment avantageuse.

Je désirerais ensuite qu'on discutât les problèmes qui naissent

du rarnclërcflei tArrcnsflii Daiipiiiné, tels que le Drac , Vlierc», la Romansse , la Gresse, pour voir s'il y aurait des reraëdes â espérer contre leurs irruptions subites. Les hommes qui jusq!rà présent les ont examines, élaient-iîs assez attentifs pour aïoir tout vu, et assez habiles pour avoir tout prévu ? Le seul intérêt de conserver Grenoble ne mériterait -il pas qu'on réunît les avis de tous les savans en ce genre, et ce motif n'est-il point infiniment fortifié par la vue d'éviter les dépenses exiraord inaires qui surviennent si souvent ?

Une dissertation sur le parti qu'on a pris de bâtir un massif continu tout au travers de l'Allier à Moulins pour y ériger un pont : cette dissertation, dis-je, ne serait-elle pas curieuse et digne d'un gouvernement qui doit mettre au nombre de ses soiii'* celui d'instruire son siècle et la postérité ? L'Allier n'est pas la seule rivière dont les ensablemens soient également inconstans et profonds ; toujours est-il certain qu'en supposant , comme je le crois , sur la réputation de l'ingénieur qui conduit cet ouvrage, que le pont de Moulins ne fût susceptible d'aucun autre genre de construction pour être solide ; l'architecture ne pourrait que gagner à l'examen des raisons qui ont fait donner la préférence à celui-ci , ne fût-ce que pour s'y tenir invariablement dans un cas semblable. Il suffirait même, je pense , pour exciter les savans à communiquer leurs avis sur des questions si problématiques , qu'on imprimât les devis de tous les ouvrages fameux , avec leur* plans, profils et élévations. Ils ne sont pas assez fréquens pour rendre cette dépense effrayante; et cependant, à l'exception du pont de Blois , je n'ai point appris qu'on l'ait fait pour auc^n autre. Celui de Compiègne construit depuis trente ans ; ceiir du rher à Tours, si dignes d'être connus et imités; le pont d'Orléans qui touche à sa fin ; enfin celui de Saumur qui vient d*êlrc fondé d'une façon si nouvelle et si heureuse, ne méritent-ils pas d'honorer les fastes de la nation , et que les noms de leurs auteurs y soient gravés en caractères dignes de leurs talens?

En voilà peut-être trop sur le chapitre des ouvrages , eu égard au peu de connaissance que j'en ai. et à la stérilité des instructions qu'il contient; mais je fais la fonction de la pierre à rasoir. qui n'ayant pas la vertu de couper, sert à aiguiser le tranchant du fer, et je n'en ai pas promis davantage ;je serai plus hardi dan;» le chapitre suivant.

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