‹ Œuvres complètes de DuclosChapitre 35 sur 67 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la police et des formaUiés des turcies et levées.

CiOM MB les oaTrages de ce département sont tons de Fart , à l'exceplion des pavés et des ensablemens , ils sont faiu aossi à prix d'argent , en conséquence des devis qui en ont été dressés par les ingénieurs , et en vertu des adjudications qui en sont passées devant l'intendant des turcies et levées , ordonnateur en cette partie. On attend chaque année que les eaux soient basses pour être en état de vérifier les ouvrages faits Tannée précédente , «t pour ordonner ceux qai sont devenus nécessaires par Vusure des anciens ou par les détériorations que les eaux ont fûtes pendant Thiver : c'est d'ordioaire dans le mois de juin que cet intendant s'embarque sur la Loîre et sur rAllier, avec les ingénieurs des deux départeroens , Tun après l'autre , et avec les deux contrôleurs qui ne le quittent pas , étant témoins nécessaires aux adjudications suivant l'institution de leurs offices. Là se portant d'un bord À l'autre en remontant les rivières et en les descendant , on prend les attachemens de chaque ouvrage à faire et les toisés de ceux qui sont faits. Si les premiers sont dans les classes des ouvrages pour lesquels il y a des devis communs, tels que perrex (i) sans bâtis ou avec bâtis, il n'est question que da toisé : si , au contraire , il s'agit d'une nouvelle constructîâa , on en dresse un devis particulier sur les plans et les fm£h nécessaires. #

Rien ne me parait si difficile que de faire ces ouvrages avec précision, à cause que les eaux les interrompent quelquefois, et empêchent souvent que les assemblages de charpente puissent être faits solidement : il est encore plus dangereux que les parties enterrées , telles que les pieux et palplanches , ne soient pas des longueurs prescrites. Pour en répondre il faudrait qu'un inspecteur les eût tous maures et vus battre l'un après l'autre : je ne sais si malgré la bonne opinion qu'on doit avoir des employés de ce département , on peut assurer qu'ils sont toujours en état de remplir cette condition , et si leur bonne foi ne rend pas l'Ëtat souvent dupe de l'infidélité des entrepreneurs.

Pour prévenir ce danger, il serait à souhaiter que la charge d'intendant ne pût être remplie que par des gradués d'uu état assez noble pour leur attirer une considération digne de cette nlace ; qu'ils fussent suffisamment instruits dans la science des lois , et assez initiés dans les principes de l'art pour entendre les (i) Par corruption du mot de pûrrées.

SUR LA VOIRIE. 63'j

opérations des ingénieurs ; qu'on donnât à l'intendant une autorité assez étendue sur ces officiers pour les astreindre à remplir leurs devoirs, et une juridiction sur les riverains, telle qu'en cas de contravention aux réglemens , il pût leur infliger les peines qu'ils auraient encourues ; il faudrait , dis-je, en faire une magistrature , lui ériger un tribunal , tant pour les adjudications que pour la décision des difierens qui pourraient naître entre les adjudicataires et les particuliers , et lui attribuer dans cette partie autant de pouvoir qu'en ont les intendans de justice , police et finances pour les matières soumises à leur juridiction. Je ne doute pas même que dans la première institution y l'idée du gouvernement n'ait été d'attacher une grande considération k cette charge, et je ^ vois qu'il en avait encore cette opinion en i65i I puisque le roi commît un conseiller de grand'chambre du parlement de Paris, pour répartir sur les habitans d'un grand nombre de paroisses la dépense à laquelle ils s'étaient soumis pour la réparation des levées , comme aussi pour examiner, clore et arrêter avec les intendans des turcies et levées, les comptes de recette et de dépense de ce recouvrement. Mais depuis ce temps les augmentations de finance ont rendu cet office, comme bien d'autres , la proie de l'argent , çt dès lors il est im<possible que l'honneur seul soit le mobile de la gestion , quoique dans toutes les matières d'État elle ne dût point écouter d'autre Toix Jii reconnaître d'autre aiguillim.

RÉFLEXIONS

SUR

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