CHAPITRE PREMIER
De la nécessité des chemins pour le soutien de Vcigriculturo et du commerce,
^pRÂs ce que j'ai àii de la nécessité des chemins, daas mou Essai sur la Voirie, je ne me croyais pas obligé d'entrer en lice pour la défendre contre l'ami des hommes , dont j'ai cité les témoignages les plus favorables à mon opinion. Mais tel est l'effet des vicissitudes de Tesprit humain , qu'il condamne au*joard'hui avec obstination ce qu'il soutenait hier avec entêtement, et que le préjugé le plus fou l'emporte, par la prévention , sur le plus raisonnable.
Pour établir que le gouvernement peut se passer de faire travailler aux chemins, le critique avance (p., 17) « que le ter^ »> ritoire du royaume est abordable partout , et presque gêné- » ralement d'un accès facile. » Il ajoute (p. 18 et 19 ) qu'il n'y a point de pays inaccessible; et pour défendre ce paradoxe, il dit : « qu'avant qu'Annibal eût appris â l'univers qu'on ]>ouvait N traverser les Alpes en corps d'armée , les hommes les avaient » non-seulement traversées , mais habitées partout oii les neiges w leur permettaient de prendre pied. Que ces hommes avaient » des communications , puisqu'ils faisaient corps de peuple , et w qu'il doute que le département de la grande voirie des AUo- » broges fût remis en finance dans ce temps-là. »
Les démonstrations les plus simples étant les meilleures, je me borne à répondre , sur la première de ces objections , qu'elle porte absolument à faux, si l'on veut lui donner seulement un effet rétroactif de quarante ans. Il s'en faut tant qu'à cette époque le territoire du royaume fût abordable partout, qu'il l'était à peine par un petit nombre de %e% frontières. Si, au contraire , on ne datait que d'aujourd'hui , la proposition pourrait être vraie, en y mettant des exceptions ornais â quoi celte facilité d'aborder est-elle due , si ce n'est à l'immensité des ouvrages qu'on a faits pour la procurer? L'objection du critique retombe donc sur lui, par l'antécédent et par le subséquente
puisque eût été inutile de rectifier le terrain s'il e&t été pra-
tiquable.
Quant à i'exemple d'Anntbal , mal en prit à ce célèbre capitaine des Carthaginois , que le département de la voirie ne fût pas établi de son temps dans les deui Gaules ; il n'aurait pas perdu les quatre cinquièmes de son armée dans sa marche. Deux cents ans après , Auguste, pour dompter les brigands qui habitaient ces rochers , n'aurait pas été contraint d'j faire ouvrir des chemins avec des peines et des frais immenses. Cest faire grâce au surplus de l'argument que de ne pas j répondre.
Peut-on y en effet, alléguer contre la nécessité des cliemins , les communications que les Barbets et les Mtquelets peuvent avoir entre eux, k force de grimper des montagnes inaccessibles à toute autre espèce d'hommes , quand il s'agit de savoir si la vîvification d'un État quelconque , et par préférence celle d'un grand État commerçant , dépend ou non de la facilité des transports des denrées ; et si cette facilité dépend elle - même de la commodité des chemins. Il suivra de l'affirmative qne cette commodité , relativement à son objet , doit être appelée nécessité, et que mal-à»propos le critique m'a reproché ( p. 44 ) que je ne m'attachais qu'au commode , au lieu de me réduire au nécessaire. J'ai appelé commodité, en matière de chemins, premièrement, ceux qui établissent des communications directes entre la capitale et les extrémités ; en second lien , Jfs communications des villes commerçantes, des ports, des entrepôts , et magasins des manufactures ; en sorte que tous les chemins aboutissant les uns aux autres , chacun dans sa direction, exploitent toutes les denrées et marchandises du royaume, et les transportent d'une province à l'autre , pour la subsistance et les autres besoins des habitans. J'appelle enfin commodité relative à la nécessité, les petites communications qui vont aux foires et marchés de l'intérieur, ou les entrepreneurs viennent se pourvoir : et je répète que s'il est vrai , comme le critique lui-même le reconnaît ailleurs, que les mouvemens du commerce exigent que tous ces débouchés soient praliquables , en toutes saisons , aux hommes , aux bêtes de somme , et aux voitures , il devient indispensable de les faire , ou de renoncer aux parties de l'exportation et de l'importation , qui ne pourraient exister faute d'abords et de communications , et dont le transport deviendrait si cher par les frais , qu'il ferait perdre au pit»priétaire son bénéfice sur les denrées, au manufacturier, au commerçant, au débitant, leur profit sur les marchandises. C'est néanmoins dans cet état d'inaction ou d'action onéreusa qu'était , il y a quarante ans , l'intérieur du royaume : on ne
pouvait aller, qu'a cheval, de la capitale aux frontières, et il n'y avait de coches publics , que pour une partie des grandes villes de province. Cest à ce seul degré de succès qu'avaient abouti l«s soins du gouvernement , et les attentions de ce Colbert , que je voudrais Inen pouvoir ressusciter , certain, comme je le suis , qu'indépendamment des autres opérations de son génie , qu'il réglerait sur le changement de nos mœurs, et sur l'augmentation du volume de l'argent, il approuverait les corvées, et en admirerait les fruits , en réprimant les abus qui les ont retardés et rendus amers ; qu'il adopterait , conséquemment , mon système^ et regretterait de ne l'avoir pas mis en pratique pendant son administration ; car de ce qu'il a établi les manufactures il ne s'eastiit pas, comme le prétend le critique (page 41)9 qu'il eût rendu tout le royaume pénétrable au commerde. La preuve négative de ce fait résulte de la recette des anciens comptés des ponts et chaussées qui n'a de guères excédé quinze millions en total depuis 1660, jusqu'en i683 inclusivement, en y employant chaque année, suivant l'usage , les revenant-bons des comptes précédens. Or cette somme, répartie en vingt-qnatre ans que renferment ces deux époques, ne donne pour l'année commune que six cent quarante mille livres : et peut-être la dépense en fût-elle bien moin* dre , par des fonds reportés au trésor royal dans des temps oii la guerre réduisait trop souvent ce ministre ainsi que les autres à recourir aux expédiens les plus prompts. En vain m'opposerait-on qu'alors les matériaux et la main-d'œuvre, coûtant infiniment moins qu'aujourd^hui , cette quotité produisait beaucoup plus d'ouvrage. Je consens qu'on en porte la différence au triple et au quadruple , on n'en verra pas moins , par la suite de cette dissertation , qu'un secours si mince était non-seulement incapable de pourvoir à la réparation dés chemins en généra) , mais même au rétablissement des passages indispensables ': tant s'en faut que M. de Colbert ait entrepris de relever lés grands ponts ruinés., ni de prévenir la chute de ceux qu'on a reconstruits depuis cinquante ans. Si ce ministre a si peu fait travailler à prix d'argent , et que d'un autre côté il n'ait point employé les corvées , par ou veut-on qu'il ait rendu tout le royaume pratiquable ? Telle on verra partout la solidité dés objections du critique. Mais comment /aisait-on sous ce règne célèbre de Louis XrV ? Je vais vous le dire : on laissait au commerce les entraves qui l'empêchaient de s'étendre ; on y en joignait de nouvelles par des droits de péage , accordés k ceux qui construisaient des ponts à leurs dépens en apparence , et aux dépens de l'État en réalité : méthode aussi ancienne dans toutes les entreprises faites pour le roi • que la forme do gouvernement qui '3. 42
65o SUPPLÉMENT A UESSAI
nous r(5gît : mélhodc qui, loin d'^re réprimée , semble prendre tous les jours de nouvelles forces , par les fortunes monstrueuses qu'elle enfante , et contre laquelle seule les bons citoyens doivent crier , puisqu'elle seule épuise le peuple , ^t le rend inutile à ia société, notamment pour les travaux publics. Comment £îdsait-on sous ce règne? On retardait le progrès des manufactures, en ne tirant pas de leur établissement tout le profit qu'il devait produire : on ajoutait un degré de langueur à l'agriculture , affaiblie par des guerres qui ne finissaient pas : on préparait insensi* blement la misère à laquelle nous avons vu l'État réduit à la mort de ce grand roi : on courait au plus pressé, comme le critique nous conseille de le faire et que la force des tristes ëvëneinens nous j contraint. Mais qu'il l'apprenne ; on ne faisait pas de même du temps de Charlemagne, quoique son règne fût celui des conquêtes , incompatible avec le négoce. La nécessité de transporter si rapidement ses armées d'une extrémité de son empire à l'autre , lui rjendait précieux l'entretien des chemins. Ce grand prince , dont le vaste génie s'étendait et sufiBsait à tout, qui portait ses attentions jusqu'à la police rurale de ses domaines, jusqu'au détail du débit de ses denrées , n'était pas capa'ble d'oublier les parties essentielles de son gouvernement; aussi contraignait-il tous les seigneurs à la réparation des chemins, sans même en dispenser les églises de fondation royale, et c'était aux seigneurs à les faire réparer par ceux qui en étaient tenus , portent les capitulaires , et quand les seignean n'y tenaient pas la main , c'était aux missi dominici de les y contraindre.
Enfin la dernière preuve incontestable de l'abandonnement oii M. Colbert et ses successeurs avaient laissé les chemins , c'est l'état déplorable oiz je les ai vus avec le public , depuis 1718 jusqu'en 1726, temps de ma vie oii j'ai le plus parcoam le royaume ; il n'en faut pas moins pour m'engager à me citer 1 que la nécessité de tirer mon critique de l'erreur oii il est, quand il me prend pour un citadin qui ne se soit jamais écarté ie la capitale* La route de Lyon par Moulins pétait redoutée ^u voyageur comme du voiturier : le passage de la Palisse et celui de St. Pierre-le-Moutier s'étaient , en particulier , rendus fameux par les accidens qu'on y éprouvait ; il est connu de toute la province que pour faire arriver en sûreté aux eaux de Bourbon la grande duchesse de Toscane, il fallait , tous les ans, commander les communautés pour lui faire un chemin provisionnel , dont la prompte ruine rendait bientôt ce chemin pi os dangereux qu'auparavant. La communication du Bourbonnais au Forez et a l'Auvergne était interdite à toutes les voitures ;
SUR LA VOIRIE. 6Si
point de commerce entre l'Auvergne , le Rouergue et le Limosîn. Celte dernière province se voyait dans le même cas avec celles qui lui sont limitrophes : il fallait être en état de gHice pour s'exposer à la traverser en chaise de poste. Le haut et le bas Quercy , le Përigord et TAgenois , n'avaient jamais vu que des litières, et toutes les femmes y voyageaient à franc étrier. Nul accès du Maine , de l'Anjou, du Yendômois, avec la gêné'* ralité de Tours ; celle d'Alençon était dans la même impuissance de communiquer avec Paris et avec la Bretagne. Cinquante chevaux n'auraient pas tiré, de cette dernière province, une voiture pareille à celles qui sont venues de l'Orient, depuis que la compagnie des Indes y a établi ses magasins et ses arsenaux. Je l'ai traversée de l'est à l'ouest, et du nord au sud, en plein hiver, il y a trente sept aiis, et quoique bijn monté je m'y suis vu plus d'une fois en péril. Je ne parle que de ce qui a le plus frappé mes regards et j'en supprime beaucoup, puisque je ne dis rien des deux Normandies, également inabordables dans ce temps-là ; et comme on ne saurait me fournir ni preuve ni vraisemblance que les autres provinces fussent en meilleur état, j^en dois conclure que tous les transports des denrées et des marchandises étaient impossibles ou ruineux , par terre , dans toute l'étendue du royaume , au moins pendant six mois ; car le lecteur sous-entend bien que je ne parle pas des temps d'été , oii , à l'exception des précipices , U$ -voitures passent partout. Oh ! que le critique daigne maintenant calculer le prix des avantages que - l'État a reçus depuis par la réparation des chemins , et qu'il les compare aux préjudices immenses que l'agriculture et le commerce ont soufferts d'une situation contraire, en ne comptant que de l'époque de M. Colbert. Quelqu'un lui pardonnera-t-il sa prévention, s'il persiste à soutenir que la perte qu'il impute aux corvées ( fût-elle aussi réelle, relative* ment à cet objet, que je la, démontrerai chimérique) puisse l>alancer le profit que nous avons tiré , et que nous tirons de la commodité des chemins ? Par quels moyens , sans cette facilité des transports, les denrées et les munitions du crû et de la maind'œuvre du royaume, auraient-elles filé jusqu'aux embarqùemens , qui les ont portées {\) à la dévorante consommation de trois guerres , dont le théâtre a toujours été dans des pays éloignés , seule cause , je crois , à laquelle , après celle des impôta excessifs , on puisse attribuer que le prix des consommations se soutienne encore , contre l'absence de quatre on cinq cent mille hommes , et malgré l'affreuse pauvreté des dix- neuf vingtièmes des habitans laïques. Il faut avoir suivi de près , et d'un oeil (i) Ezprettkm dn critiine, p. ii8.
65a . SUPPLÉMENT A L'ESSAI
curieux y la rapidité avec laquelle ce prix monte par la facilite des chemins : j'ai vu des baux doubler à l'instant par la confection d'un pavé , et jamais Tindustrie de ces sociétés qui se sont formées du débris des sous-fermes , dans le sein de la capitale , qui ont si étonnamment augmenté les revenus des ecclésiastiques, cette industrie, dis-je, réveillée par l'appât du gain, sans doute au détriment des campagnes , n'aurait jamais réussi dans ses projets , si les communications ouvertes , au point oîi elles le sont, n'avaient donné prise a lear cupidité. Le rojaume a donc fait des gains inexprimables par la réparation des chemins; . et l'un des plus grands maux qu'il ait pu ressentir de I^l conti-» nuation de la guerre , est la suspension des travaux qui restent k faire pour le progrès et la perfection de ce grand établissement. Le conseil que donne le critique d'en abandonner le dessein, plu* tôt que de le continuer par les moyens usités, quand les coD)onctures le permettront ; ce conseil , dicté d'un ton décisif, ne part que de l'obsession d'un zèle très-louable dans son principe, mais sur lequel un tempérament vif a pris trop d'empire, et qui, en outrant tout, décrédite ses raisonnemens.
« Quand vous aurez, dit-il ( p. 4i } » ranimé l'agricnl- » ture, e*c., construisez alors des chemins. » Mais ne dirait-on pas , à l'entendre , que toutes les terres sont en friche , lorsque l'industrie ne s'est jamais tant évertuée à les faire valoir ? £t comment, si ses efforts étaient vains, soutiendrions-nous un imp6t dont le fléau de la guerre rend le poids sans égal , ei qui n'eut jamais d'exemple ? Qu'on dise que s'il continuait , le propriétaire, le fermier, y succomberaient infailliblement , et q;ne l'État se trouverait tout d'un coup sans ressources ; mais , loin d'accuser les chemins d'avoir part à ce désastre, il est delà bonne foi de convenir que sans leur secours , le produit vénal des fruits de la terre serait infiniment moindre qu'il ne Test aujourd'hui , et qu'un des plus grands moyens d'en tirer tout le gain possible , sera toujours d'en multiplier les débouchés. Si vous doutez de la grandeur des préjugés qui résultent d'une situation contraire, rappelez-vous ce qu'il est impossible que vous n'ayez souvent éprouvé en courant la poste , c'est qu'en hiver , partout oii les chemins ne sont pas réparés , les postillons , les messagers, les rouliers, coupent à travers champs , et font par là des dégâts énormes. Venez maintenant ou je suis » et tous les habitans vous diront que dans ce pays fertile , dont les plus grands revenus consistent en froment, les voitures» sur de très-grands passages qui mènent aux entrepôts , sont forcées par les mauvais temps de passer dans les grains. Calcules la perte qui vient de ce dégât involoatuire | sur quinze ou riiigt
lieues de communications, prises dans tous les sens, pour cbaque pays , et tous verres s'il est plus convenable d'attendre le rëtablissement de l'agriculture dont vous ne retirerez jamais le bénéfice possible sans les chemins , que de réparer les chemins pour vivifier l'agriculture, et par elle le commerce. Je sais f qu'elle est déchue en quelques endroits, et que dans d'autres ,
de nouveaux genres de culture, plus analogues aui besoins du propriétaire et du fermier , ont diminué la masse des grains ; ' mais ne vous en prenez qu'à la fatalité des temps. Vous l'avez
* dit quelque part : on se porte , avec raison ^ au genre de culture
^ dont le produit vénal met le plus tôt en état d'acquitter les sub-
sides. Attendons que la paix vienne couronner les vœux de la nation : le soulagement des peuples fera rentrer l'agriculture dans l'ordre le plus analogue au bien général. Le gouvernement y veillera, et y contribuera comme il le doit. Déjà ses attentions préviennent nos espérances. Tant d'institutions académiques ne seront pas vaines. Tous les corps voués à l'étude de l'économie rurale, déjà instruits par vos ouvrages, et par ceux des savans qui vous ont précédé dans cette carrière , achèveront d'illustrer les principes de la charrue , de l'amélioration des terres, et du défrichement : ils n'oublieront pas, sans doute, de nous (brmer 'des jardiniers, et de tous ces séminaires sortiront d'habiles cultivateurs , prêts à mettre la main à l'œuvre , quand l'aisance , sans laquelle la science ne sert de rien , leur fournira les moyens de mettre leur théorie en pratique.
Au reste, cet heureux changement n^ajoutera pas plus à la solidité des raîsonnemens que je vous oppose pour prouver la nécessité des chemins , que notre position actuelle ne les affaiblit. De quelque nature que^ soient les productions de la terre , le transport ea est indispensable pour en procurer le débit; et en vous accordant qu'il y ait aujourd'hui moins de denrées de pre* mière nécessité qu'il ne devrait y en avoir, plus elles seraient rares dans les lieux de la consommation , plus il serait pressant de les y faire arriver. Ceux qui ont vu les rivières gelées, en 1709, et les chemins impratiquables , sauraient qu'en dire, sSls étaient interrogés ; et inutilement auriez-vous réclamé , avec tant d'ardeur , l'heureuse liberté du commerce des grains , si le transport leur en é|ait interdit par le nuuvais état des voies publiques.
Quelle idée voulez-vous donc qu^on ait de votre sincérité , quand vous abandonnez vos anciennes maximes pour suivre les prestiges de la décevante contradiction ? La raison et des connaissances acquises vous ont appris que les bienfaits de l'agriculture sont subordonnés au déboucbement de ses produits t
qu'en deviez-vous conclure, en bonne logique? c*est qu'il faut travailler à procurer ce dëbouchement.
Est-ce la même raison qui vous à dicte qu'il n*y fallait Ira- Tailler qu'à prix d'argent? Cest encore ce qu'il fallait examiner de sang-froid, sans passion, sans prévention. Mous allons voir si VOU3 avez suivi ces règles.