‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 22 sur 54 · LE RETOUR DE JEREMIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DE JEREMIE

Revenons pour quelques instants à Leipsick, dans la boutique de maître Niklaus, que nous n'avons pas visitée depuis longtemps. Tout y est en émoi : on attend Texcellent Jérémie qui a entrepris un long voyage pour les affaires de la maison et qui doit revenir le soir même.

Voilà plus de trois semaines qu'il est absent. Son retour, il faut le croire, n*est pas indifférent à une. jeune fille assise au comptoir, où elle est censée parcourir un livre de comptes, travail qu'elle interrompt à chaque instant pour écouter si une voilure ne s'arrête pas à la porte. Son père, M. Niklaus, a plus d'impatience encore, ou du moins ne craint pas autant de la laisser voir ; il va et vient dans la boutique, qu'il arpente à grands pas. Souvent même, malgré le froid qu'il fait, il ne craint pas d'ouvrir la fenêtre qui donne sur la rue, au risque d'enrhumer sa bien-aimée fille ; mais il a beau regarder, personne ne paraît, et voici pourtant l'heure de la diligence, par laquelle ce brave Jérémie doit arriver, ainsi qu'il l'a annoncé dans sa dernière lettre.

D'où vient donc cette tendre sollicitude pour son premier commis? Est-ce qu'il aurait enfin apprécié son amour et ses bonnes qualités? Nullement; M. Niklaus, à qui la politique faisait négliger son commerce, se serait, sans le zèle et l'activité de Jérémie, trouvé dans de grands embarras. La République n'arrivait pas, mais les mauvaises affaires Fui arrivaient de tous les côtés.

Un confrère de Prague, dont on annonçait la faillite, me-

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