‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 27 sur 54 · V. ~ vil · texte numérisé non relu

V. ~ vil

— Moi, aller à Vienne ! reprit Oswald, et qu'irais-je y faire?

— Ton métier de propriétaire ; car quelque affection que je t'aie vouée, je ne peux pas te suppléer en tout. Je ne peux pas donner pour toi des signatures, sous peine d'être condamné comme faussaire ; ce qui ferait du tort à mon étude, n y a à la chancellerie de Vienne pour les mutations de grandes propriétés, pour leurs transferts en d'autres mains, et pour les. droits de succession, des signatures à donner, des frais à payer, ce qui ne me regarde pas» Il s'agit donc de partir.

— Nous avons le temps.

— Non pas. Il y a des délais qui sont près d'expirer et apr(>s lesquels les frais de succession sont doublés. Que diable ! mon cher ami, les héritages ne donnent pas que de l'agrément, ils donnent aussi des affaires. Tu partiras dès ce soir..

— Je le veux bien, dit Oswald avec indifférence.

— A la bonne heure ! dit Godfried avec joie, j'ai fait tout préparer pour ton départ. C'est donc une affaire arrêtée et conclue.

— Ah! mon Dieu, non! dit Oswald en portant la main à son front, c'est impossible ! J'avais oublié, c'est bien singulier, j'avais totalement oublié...

— Eh! quoi .donc?

— Fridoline et son père, et Jérémie, qui d'un jour à l'autre, ne peuvent manquer d'arriver. Voilà une quinzaine de jours qu'ils ont été invités par moi.

— Ils ne viendront pas de sitôt ! 11 leur faut le temps de tout régler à Leipsick et de tout mettre en ordre, car ils ne sont pas comme toi, ils tiendront à terminer leurs affaires, et puis le temps de se mettre en route, le temps du voyage.

— Et s'ils arrivent pendant mon absence?

— Ils n'arriveront pas l En tous cas, tu seras de retour dans deux ou trois jours ; d'ici là ne suis-je pas là pour les

recevoir, pour leur faire les honneurs du château et pour parler de toi à Fridoline, le soir, après Pétude ? Pars sans crainte et reviens au plus tôt.

Le soir, tout était prôt pour le voyage de M. le comte de Donnersberg. Une voiture attelée de quatre chevaux Tattendait dans la cour du château, pour le conduire à Prague, où il devait prendre le chemin de fer. Les deux jeunes gens s*embrassèrent. Oswald, triste et rêveur, Godfried, joyeux et plein d*espoir pour la guérison de son ami.

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