‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 2)Chapitre 31 sur 54 · LE CHEMIN DE ^ER · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE ^ER

Godfried étail enchanté du tour que prenaient les choses. Fridoline n'était peut-être pas tout à fait la femme qu'il aurait désirée pour son ami : elle n'était pas des plus distinguées ; mais enfin elle était jeune, fraîche et jolie, ne manquait ni d'esprit, ni de jugement, et puis elle retirait Oswald des idées sombres et de la maladie noire qui menaçaient de le conduire à la consomption ou à la folie.

Quant à M. Niklaus, Godfried savait déjà, à peu près, à quoi s'en tenir sur son compte ; mais on n'épousait pas le beau -père, et on pouvait toujours, avec une pension raisonnable, le tenir à distance de sa tille et de son gendre. Godfried pensait^ donc que, le mariage étant décidé, il fallait s'en occuper, et promptement.

Aussi, plusieurs fois déjà, en avait-il parlé à Oswald, qui, sous différents prétextes, détournait toujours la conversation. Un jour enfin il pressa son ami avec tant d'instances, que celui-ci, poussé jusque dans ses derniers retranchements, garda le silence et pâlit. Puis, après quelques instants de réflexion, et comme un homme qui vient de prendre une décision irrévocable, il lui dit froidement et d'une voix ferme :

— Ne m'en parle plus, ce n'est pas possible !

— Pas possible! s'écria le notaire hors de lui, qu'entendstu par là?

— Que j'ai fait tout au monde pour combattre les idées

qui me poursuivent el me dominent, et je ne puis m'y soustraire ; c'est plus fort que moi.

— Tu voudrais me persuader et te persuader à toi-môme que des souvenirs peuvent devenir une passion ?

— Je ne te dis pas cela. Je ne suis pas assez absurde, quoique tu le prétendes, pour aimer d'amour une personne qui n'est plus. Mais je dis que son souvenir me rend toute autre affection impossible. J'ai fait ce que tu as voulu ; j'ai quitté ce château, je me suis occupé d'affaires , j'ai été galant et aimable avec ma fiancée, je me suis efforcé de l'aimer, tu en as été le témoin. Je m'y suis mis avec résolution, avec rage : rien n'y a fait, rien ne m'a réussi. Aussi je te parle en honnête homme i je ne rendrais pas Fridoline heureuse, ni elle, ni aucune autre femme, je le sens, j'en suis convaincu. Il est donc plus sage de renoncer à toute idée de mariage.

— Et que comptes-tu faire avec Fridoline et son père? • — Rompre franchement, loyalement.

— La franchise et la loyauté ne sont plus possibles 1

— Comment cela?

— Tu as accepté leur alliance quand tu étais pauvre; tu retires ta parole quand tu es grand seigneur et million- , naire !

Oswald baissa la tôte.

— Que diront tes amis les républicains de la manière d'entendre la fraternité et l'égalité ? Que diront les honnêtes gens près desquels tu vas te déshonorer ? Qui pourra te justifier à leurs yeux ? La vérité î tu n'oserais la dire, et tu la dirais, qu'on ne te croirait pas.

Oswald releva la tête et répondit :

— Tout cela est parfaitement juste, j'y ai déjà pensé. Aussi, et comme indemnité de mon manque de parole, je compte offrir à M. Niklaus la moitié ou, s'il l'exige, la totalité de ma fortune.

Godfried poussa un cri d'indignation.

— Tu penses, dit naïvement Os>vaId, qu'il n'acceptera pas ?•

LA. JEUNE ALt.EMACfNE 803

— Plutôt dix fois qu'une ! répondit le notaire furieux, et c'est pour cela que je ne souffrirai jamais que* ta lui fasses une offre pareille. Voyons, Oswald, continua-t-il en prenant la main de son ami, depuis quelque temps tu semblés me redouter, tu m'évites, tu crains de me parler à cœur ouvert... Tu es donc bien malade, plus .que je ne croyais, plus que tu n'oses me le dire ?

— Oui, répondit Oswald à voix basse et détournant les yeux. C'est la raison que je redoute !

Puis, après un instant de silence, il ajouta d'un air humilié :

— Ne raisonne pas avec «moi... plains-moi... je suis malheureux !

Godfried fut effrayé de la pâleur de son ami et du changement qui venait de s'opérer dans tous ses traits. Il comprit, en effet, qu'il n'y avait pas à raisonner avec un malade, qu'il fallait le soigner et le plaindre. Il comprît que tout ce qu'il pourrait dire à Oswald, Oswald se l'était déjà dit ; que, honteux lui-même, les efforts qu'il avait faits pour se vaincre et pour dérober sa folie à tous les yeux étaient précisément la cause du mal ; que, pour chasser l'idée qui l'occupait et l'absorbait tout entier, il n'y avait que le temps, le temps et l'absence, car ce château, où tout lui rappelait Thécla, était, pour son imagination souffrante et pour son cerveau malade, l'habitation la plus dangereuse que l'on pût choisir.

Il fallait donc d'abord éloigner Oswald, ensuite différer ce mariage, deux choses fort difficiles que le notaire désespérait de conduire à bonne fin; mais souvent, où le talent nous mangue, les événements nous viennent en aide.

M. Niklaus, qui s'endormait dans son bonheur, reçut, un matin, une lettre qui lui avait été adressée à Leipsick et que Jérémie lui envoyait. Cette lettre, dont le timbre tout particulier lui était bien connu, lui fut remise par son geiidre, et contenait ces mots :

t Frère, Theuro est venue ! Chacun se lève pour travailler

tt au grand œuvre ! Nous comptons sur toi. Le rendez-vous « général est* à Vienne. Liberté, égalité, fraternité ou la « mort. » *•

La république, que Niklaus appelait depuis si longtemps de tous ses vœux, ne pouvait choisir, pour arriver, un moment plus gênant pour lui. Ami désormais du calme et du statu quOy il eût volontiers chanté à tous les partis, cette chanson française :

Ne dérangeons pas le monde, Laissons chacun comme il est.

Mais impossible de cacher cette lettre à son gendre, qui venait d'en recevoir une toute pareille, et, de plus, une autre encore.

Celte seconde n*était point anonyme : elle était signée Gandolf, actuellement docteur en médecine, un de leurs anciens camarades de l'Université, celui qui, dans le duel des étudiants, s'était battu contre Staremberg, celui qui, dans rémeute du Clementinum^ avait été comme le lieutenant d'Oswald, et était resté à ses côtés jusqu'au dernier moment, celui enfm que Godfried appelait le plus sage des exaltés... après lui.

a Mon cher et ancien camarade, écrivait-il, de grandes (( questions se traitent eu ce moment. Les têtes sont bien « exallées, et je crains qu'on ne dépasse le but. Nos chefs « ont grand'peine à s'entendre, non-seulement sur les plans « de campagne, mais sur le point de départ et sur le dra- « peau même que nous devons arborer.

« Voici une occasion qui, si nous la laissons échapper, « ne se représentera peut-être plus jamais, une occasion « de proclamer l'unité de F Allemagne, et, de plus, d'assurer « à notre patrie une liberté sage et raisonnable, de fonder * enfm pour la Germanie (ce qui fut de tout temps votre « rêve et le mien) un gouvernement représentatif et con- « stitutionnel, comme en France et en Belgique.

« Si nous ne demandons que cela, les circonstances sont

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e tellement graves et tellement effrayantes, que les souvea rains nous raccorderont et s'estimeront heureux de nous 8 l'accorder. Si nous voulons plus, et beaucoup d'entre nous « y semblent résolus, il y aura lutte, lutte sanglante et « douteuse, où, vaincue, notre cause est perdue, et, victo- « rieuse, elle peut se perdre encore par les excès mômes de « la victoire.

c II importe donc que, dans les réunions qui vont se a tenir, réunions inoffensives encore et que les gouvernea ments ont vues, jusqu'à présent, sans ombrage, il im- 8 porte donc que la sagesse et la modération dominent. Ne « nous faites pas défaut, mon cher Oswald, et venez-nous « en aide. Votre nouvelle position, votre immense fortune, 0 votre titre de comte de Donnersberg, ajouteront encore à a rinfluence que vous assuraient déjà, parmi nous, vos ta- « lents et les gages que vous avez donnés à la bonne cause.

a II est évident que vos services passés vous placeront « sur-le-champ parmi les chefs et donneront un grand poids (( à vos conseils. Nous sommes plusieurs, et moi tout le pre- « mier, prêts à nous ranger autour de vous, et nous allons, « d'ici là, travailler à vous faire une majorité. Venez donc.

% Le lieu de la réunion est à Fribourg en Brisgau. On a

« choisi ce point comme le plus central, placé non loin des

« bords du Rhin, entre la France, T Allemagne et la Suisse.

« Tous nos amis pourront aisément s'y rendre, et nous

« comptons sur vous.

c Gandolf,

« Docteur en médecine. »

— Ah ! s'écria Godfried, enchanté de trouver pour son ami un motif d'éloignement et une distraction aussi puissante et aussi noble que celle-là, c'est à un grand seigneur, c'est à un grand propriétaire que convient un rôle pareil, car plus qu'un autre il est intéressé à la paix et à la prospérité du pays, et un pays ne prospère qu'autant qu'il est doté de sages institutions. Il faut donc se rendre à la réunion de Fribourg et partir sur-le-champ.

rl03 rnovEnnEs — nouvelles — romans

— Vous partirez pour Fribourg!' s'écria tristement &I. Nikiaus.

— Gomme vous plus tard pour Vienne, mon cher beaupère, le moyen de faire autrement avec vos principes et les miens !

Nikiaus se fût contenté d'envoyer à Vienne ses principes, et fût volontiers resté au château; mais Fridoline n'était" point de cet avis, Godfried non plus ; et le marchand, repoussé par Tunanimité des votes, se rejeta sur le mariage qu'il fallait au moins se hâter de conclure.

— En ce moment? s*écria Godfried avec chaleur. Ce serait blesser toutes les convenances, un mois à peine après la mort d'un oncle dont on vient d'hériter.

— 'C'est vrai, dit vivement Fridoline qui, peut-être aussi, et sans se l'avouer à elle-même, n'était pas fâchée de différer.

— Ce serait, continua Godfried, soulever contre vous les reproches mérités de toutes les familles nobles du pays, qui déjà murmurent de ce mariage.

— C'est vrai, répéta Fridoline.

— Tandis que, les affaires d'État une fois arrangées, le temps du deuil expiré...

— Mais cela va nous rejeter à trois mois! s'écria M. Nikiaus.

— A six mois I répondit froidement le notaire. Le deuil ici se porte six mois. Ainsi donc, c'est convenu I Le rendezvous ici dans six mois.

— Dans six mois I répétèrent tous les acteurs de cette scène ; Oswald et Godfried, avec joie, Fridoline sans chagrin, et M. Nikiaus avec une tristesse visible. Une lueur de consolation brilla pourtant dans ses yeux, et il reprit d'un air complètement résigné :

— Allons, ma fille, nous attendrons M. le comte ici, dans son château.

— Y pensez-vous, mon père? reprit vivement la jeune fille ; pst-ce que cela se peut ? est-ce que cela serait conve-

nable? En altendant votre départ pour Vienne, ce n'est pas chez M. le comte, c*est chez nous, mon père, à Leipsick. que nous devons demeurer.

— J*ai vendu à Jérémie mon fonds de commerce.

— Mais non pas la maison qui vous appartient. Vous y avez conservé un logement qui sera le nôtre.

— Parfaitement juste ! s'écria Godfried.

— N'est-ce pas? monsieur le notaire, dit en rougissant Fridoline, qui pensait peut-^tre que sa présence et ses paroles adouciraient pour le pauvre Jérémie le coup qu'elle allait lui porter.

Les arrangements du voyage furent bientôt pri3, grAce à l'activité du notaire. Une berline, préparée par ses soins, reçut M. Niklaus et sa fille, ainsi que leurs paquets et leurs malles, beaucoup plus nombreuses à leur départ qu*à leur arrivée. Oswald avait voulu que les cachemires, les robes, les bijoux et les dentelles déjà offerts par lui, fussent emportés comme un à-compte sur la corbeille. M. Niklaus avait faiblement résisté ; en revanche il avait imposé silence avec force à Fridoline qui voulait refuser et qui, en fille obéissante, avait fini par se soumettre à la volonté paternelle.

La berline avait déjà franchi les cours du château ; et le soir même Oswald se mettait en route après avoir embrassé son ami Godfried, et aussi, il faut bien Favouer, après avoir dit adieu au boudoir habité autrefois par Thécla, et après avoir passé quelques heures dans le chalet situé sur la Moldau.

Oswald était seul en voiture et libre de rêver à celle qui, depuis quelque temps, régnait sur son imagination, sur ses sens, sur tout son être, et presque sur sa raison. Devant Godfried il rougissait d'une faiblesse qu'il n'osait avouer; mais, seul, il en était heureux, il s'y livrait avec délices, et s'enivrait de ces rêves qui désormais étaient devenus le charme de son existence, ou plutôt son existence ellemême.

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Pour se rendre de Prague à Fribourg en Brisgau, on traverse aujourd'hui TAUemagne sur de nombreux chemins de fer dont plusieurs, il y a sept ou huit ans, n'étaient pas encore terminés. Oswald voyageait donc tour à tour, et selon Foccasion, par la poste ou par la vapeur, de Prague à Ëger. d'Eger à Bayreuth, dont la route est si pittoresque, de Bayreuth à Bamberg, située presque au centre de l'Allemagne, dont elle est une des plus anciennes cités; mais Oswald ne s'arrêtait ni pour regarder des points de vue, ni pour admirer de vieux monuments.

Rien n'excitait sa curiosité : il détestait, au contraire, tout ce qui attirait son attention, tout ce qui le dérangeait de ses rêveries. Il fuyait les voyageurs communicatifs et causeurs et recherchait, autant que possible, les auberges, les voitures, les wagons où il se trouvait seul.

DeBamberg, Oswald se dirigea sur Wurtzbourg, et de là il descendit jusqu'à Heidelberg où déjà, à cette époque, passait le chemin de fer du grand-duché de Bade, conduisant de Heidelberg à Bâle en passant par Fribourg.

Il arriva à la station à une heure assez avancée de la nuit et attendit pendant un quart d'heure le convoi qui était eurelard. Quelques minutes après lui arrivait également une femme très-simplement vêtue et qui, pour se préserver du froid de la nuit, se tenait soigneusement enveloppée dans un manteau dont le capuchon lui couvrait la tète. Oswald craignit un moment d'être obligé de faire la conversation ; mais, grâce au ciel, la voyageuse ne le regarda pas. Elle se contenta de répondre par une inclination de tête au salut qu'il lui avait adressé.

Elle s'approcha du poêle sans relever son capuchon et se chauffa les pieds. Quant à Oswald, il ne songeait ni au froid ni au mauvais temps. Il était revenu à Thécla, continuant avec elle ce long entretien qu'il avait commencé depuis son départ, et qu'il reprenait dès qu'il se trouvait seul avec luimême, c'est-à-dire avec elle.

Le sifflet du chemin de fer vint l'interrompre dans s es

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douces rêveries. C'était le convoi qui arrivait à la station ; lui et Tétrangère s'avancèrent vers le même wagon qu'on venait de leur ouvrir et qui était inoccupé ; quelque distrait et quelque peu galant qu'il fût, Oswald ne pût se dispenser d'aider la jeune dame à monter dans le compartiment ; je dis la jeune dame, car elle s'élança d'un pied si jeune et si léger, qu'elle s'appuya à peine sur le bras qu'on lui offrait; puis s'enveloppant de nouveau dans sa mante, qui lui cou- . vrait la tête et les épaules, elle s'établit dans un coin et s'endormit.

Oswald, enchanté de n'être obligé à aucun frais de galanterie, s'établit dans un coin opposé, se replongea dans son monde idéal, dans ce monde de féeries et de rêveries qui le charmaient et qui le transportaient de la terre dans le ciel.

Peu à peu, il s'endormit aussi et il lui sembla voir Thécla, non pas triste et pâle, mais resplendissante de beauté, de jeunesse et de fraîcheur, se penchant vers lui, en costume de mariée, et lui disant avec son sourire d'ange : « Je te < pardonne, ami, je te pardonne et je t'aime! J'ai quitté le « ciel pour venir t'épouser, car toi seul étais digne de moi, ^ f toi seul m'aimeras de l'amour dont je veux être aimée... »

En ce moment, par malheur, le wagon s'arrêtait et la cessation du mouvement réveilla Oswald. Il ouvrit les yeux. Le jour commençait à paraître. Sa compagne de voyage dormait encore ; mais le sommeil avait dérangé le capuchon qui couvrait sa tête, et Oswald, qui était artiste, admira le tableau qui s'offrit à ses yeux. C'était une jeune femme du peuple, drapée de la manière la plus gracieuse dans un manteau d'étoffe de laine. Son bonnet était celui d'une paysanne ou d'une fermière, mais ses traits étaient d'une iinesse extrême, sa bouche petite et vermeille, qui dans le sommeil s'était entr'ouverte, avait une grâce inexprimable et laissait voir une rangée de perles qu'une princesse eût enviée; son menton et ce qu'on apercevait de son cou étaient admirables ; ses joues, où brillait la santé, offraient les couleurs et la fraîcheur de la pêche.

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Oswald la contemplait en silence, respirant à peine, de peur de troubler son sommeil, qai ne devait pas durer longtemps, car l'employé du chemin de fer, ouvrant brusquement la porte du wagon, cria à voix haute : Station d'Off'enbourg ! La jeune tiile* se reveilla en sursaut, ouvrit les yeux et descendit rapidement du wagon, sans faire attention à son compagnon de voyage qui venait de jeter un cri terrible. Pendant quelques secondes, il était resté immobile et anéanti... Mais, revenant à lui, il voulut s'élancer hors du wagon, au risque de se faire broyer, mais la portière venait de se refermer, le train repartait à grande vitesse, et quelques minutes après, Oswald était déjà à une ou deux lieues de Tapparition qui venait de lui enlever le peu de Maison qui lui restait. C^étaient les yeux de Thécla qu'il avait cru revoir; ces yeux dont, selon Godfried luimôme, rien ne pouvait rendre l'éclat, la douceur et le charme : ces yeux qui étaient ceux du portrait, mais animés et pleins de feu I

Oswald avait-il été abusé par son imagination? était-il encore sous l'influence de son rêve? ou le hasard seul avaitil produit une ressemblance aussi grande? Après tout, les yeux d'une comtesse et ceux d'une fermière peuvent se ressembler. Mais des yeux comme ceux-là, disait-il, c'est à n'y rien comprendre, c'est à éblouir, c'est à confondre !

Oswald «n était là de ses réflexions et de ses rêves, quand le wagon s'arrêta, et la voix du chef de gare avertit les voyageurs qu'on était arrivé à la station de Fribourg.

LES YEUX DE MA TANTE

TROISIÈME FAnTIE

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