THERESE
Oswald passa donc cette première nuit dans le chalet, sous le même toit que Thérèse. Il dormit mal. Il y avait loin de là au calme absolu que le docteur lui avait recommandé. Il se leva dans une espèce d* agitation qui ressemblait à la fièvre. La première personne qu'il rencontra fut Ludovic; ce n'était pas lui qu il cherchait.
Le jeune fermier, déjà sur pied et à l'ouvrage, lui dit d'un air cordial :
— Bonjour, mon hôte.
— Et Thérèse, votre femme? je suppose qu'elle n'est pas encore levée.
— Elle Tétait bien avant vous. Elle a donné ses ordres à toute la maison, et elle est rentrée dans sa chambre, où elle règle nos comptes de la semaine ; c'est elle qui les tient. Quant à vous, notre ami, vous trouvez-vous plus fort et plus vaillant qu'hier?
— Certainement, je ne me ressens plus de mon indisposition.
— Tant mieux, car il faut partir.
— Partir ! dit Oswald en changeant de couleur, et pourquoi?
— Parce qu'en votre qualité de réfugié, et voulant vous établir dans ce canton, il faut, dans les vingt-quatre heures, faire votre déclaration au chef-lieu fédéral, pour obtenir un permis de séjour. C'est une formalité que nous avons été obligés de subir à notre arrivée.